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J. Hetzel et Compagnie (p. 135-145).


X
AU KILOMÈTRE 347.


Il avait été question d’appeler Roudaire-Ville le point où aboutissait le second canal sur le Melrir. Puis, comme le canal, en somme, avait pour terminus réel le bord occidental du chott Melrir, on avait pensé à remplacer son nom de ce côté par celui du Président de la Compagnie Franco-étrangère, et à réserver celui de Roudaire pour le port à établir du côté de Mraïer ou de Sétil, en connexion avec le Transsaharien ou une ligne ferrée s’y rattachant. Enfin, comme son nom avait été donné à la crique du Rharsa, l’habitude s’était conservée d’appeler ce point le kilomètre 347.

De cette tranchée de la dernière section, il ne restait plus vestige. Les sables y étaient amoncelés dans toute sa largeur et sur une étendue de plus de cent mètres. Que le creusement n’eût pas été entièrement terminé en cet endroit, c’était admissible. Mais, à cette époque – et M. de Schaller ne l’ignorait point – c’est tout au plus si un bourrelet de médiocre épaisseur aurait dû barrer l’extrémité du canal et quelques jours auraient suffi pour l’éventrer. Évidemment des troupes de nomades endoctrinées, fanatisées, avaient passé par là et avaient ravagé et détruit, en une journée peut-être, ce que le temps avait si bien épargné.

Immobile sur un étroit plateau qui dominait le canal à sa jonction avec le chott, muet, les deux officiers près de lui, tandis que le détachement stationnait au pied de la dune, l’ingénieur, ne pouvant en croire ses yeux, contemplait mélancoliquement tout ce désastre.

« Il ne manque pas de nomades dans le pays qui ont pu faire le coup… dit le capitaine Hardigan, que ce soient des tribus soulevées par leurs chefs, des Touareg ou autres venus des oasis du Melrir ! Ces détrousseurs de caravanes, enragés contre la mer Saharienne, se sont certainement portés en masse contre le chantier du kilomètre 347… Il aurait fallu que la contrée fût jour et nuit surveillée par les maghzen, pour empêcher les agressions des nomades. »

Ces maghzen, dont parlait le capitaine Hardigan, forment un complément de l’armée régulière d’Afrique. Ce sont des spahis et des zambas chargés de la police intérieure et des répressions sommaires. On les choisit parmi les hommes intelligents et de bonne volonté, qui, pour une raison quelconque, ne tiennent pas à rester dans leur tribu. Le burnous bleu est leur signe distinctif, tandis que les cheikhs ont le burnous brun et que le burnous rouge appartient à l’uniforme des spahis et est aussi l’insigne d’investiture des grands chefs. On trouve des escouades de maghzen dans les bourgades importantes du Djerid. Mais c’est tout un régiment qui aurait dû être organisé pour se transporter d’une section à l’autre pendant la durée des travaux, en prévision d’un soulèvement possible des indigènes, dont on connaissait les sentiments hostiles. Lorsque la nouvelle mer serait en exploitation, lorsque des navires sillonneraient les chotts inondés, ces hostilités seraient moins à craindre. Mais, jusque-là, il importait que le pays fût soumis à une surveillance rigoureuse. Les attaques dont ce terminus du canal venait d’être l’objet pourraient se produire ailleurs, si l’autorité militaire n’y apportait bon ordre.

En ce moment, l’ingénieur et les deux officiers tenaient conseil. Que devaient-ils faire ? En premier lieu, se mettre à la recherche des hommes composant l’équipe venue du Nord. Comment s’y prendre ? De quel côté diriger les recherches ? C’était, cependant, d’une importance capitale ; il fallait, disait M. de Schaller, les retrouver d’abord, si possible, et sans retard, car, dans ces circonstances, leur absence au rendez-vous devenait de plus en plus inquiétante, et après on verrait. En ramenant ces hommes, ouvriers et contremaîtres, les dégâts seraient réparables en temps opportun, du moins il le croyait.

« À la condition de les protéger, dit le capitaine Hardigan, et ce n’est pas avec mes quelques spahis que je pourrais accomplir cette besogne ; veiller sur eux, en admettant qu’on les retrouve, et les préserver contre de grosses bandes de pillards !…

— Aussi, mon capitaine, dit le lieutenant Villette, nous faut-il absolument du renfort, et l’aller quérir au plus près…

— Et le plus près, ce serait Biskra », déclara le capitaine Hardigan.

En effet, cette ville est située dans le nord-ouest du Melrir, à l’entrée du grand désert et de la plaine du Ziban. Elle appartient à la province de Constantine depuis 1845, époque à laquelle les Algériens l’occupèrent. Longtemps le point le plus avancé dans le Sahara que possédât la France, elle comptait quelques milliers d’habitants et un bureau militaire. Sa garnison pourrait donc fournir, provisoirement du moins, un contingent qui, joint aux quelques spahis du capitaine Hardigan, serait à même de protéger efficacement les ouvriers, si l’on parvenait à les ramener au chantier.

Donc, en faisant diligence, quelques jours suffiraient pour gagner Biskra, beaucoup plus rapprochée que Tozeur et à égale distance de Nefta. Mais ces deux localités n’auraient pu fournir les mêmes renforts que Biskra et, d’ailleurs, en prenant ce parti, on avait la chance de rencontrer Pointar.

« Eh, fit observer l’ingénieur, à quoi servirait de défendre les travaux si les bras manquent pour les rétablir ?… Ce qu’il importerait, c’est de savoir dans quelles conditions les ouvriers ont été dispersés et où ils se sont réfugiés en fuyant Goléah…

— Sans doute, ajouta le lieutenant Villette, mais ici… personne pour nous renseigner !… Peut-être, en battant la campagne, retrouverions-nous quelques indigènes qui pourraient, s’ils le voulaient, nous fournir des renseignements…

— En tout cas, reprit le capitaine Hardigan, il ne s’agit plus de continuer la reconnaissance du Melrir, il faut décider si nous irons à Biskra ou si nous retournerons à Gabès. »

M. de Schaller se montrait fort perplexe. Une éventualité se présentait qui n’avait pu être prévue ; et, ce qui s’imposait et dans le délai le plus court, c’était la réfection du canal, et les mesures à prendre pour le mettre à l’abri de toute nouvelle attaque. Mais, comment songer à cela, avant de se mettre à la recherche du personnel ouvrier, dont l’absence l’avait si vivement ému dès son arrivée au deuxième canal !

Quant à la raison qui avait poussé les indigènes de cette région à bouleverser les travaux, nul doute que ce fût le mécontentement provoqué par la prochaine inondation des chotts algériens. Et qui sait s’il n’en résulterait pas un soulèvement général des tribus du Djerid, et si la sécurité serait jamais assurée sur ce parcours de quatre cents kilomètres entre le fond du Melrir et le seuil de Gabès ?…

« Dans tous les cas, dit alors le capitaine Hardigan, et quelque parti que nous prenions, campons en cet endroit, et demain on se remettra en route. »

Il n’y avait rien de mieux à faire. Après une étape assez fatigante sous un ciel de feu, la halte s’imposait jusqu’au matin. Ordre fut donc donné de dresser les tentes, de disposer le convoi, de laisser liberté aux chevaux à travers le pâturage de l’oasis, en se gardant comme d’habitude. Il ne semblait pas, d’ailleurs, que le détachement fût menacé de quelque danger. L’attaque du chantier devait remonter à plusieurs jours. En somme, l’oasis de Goléah et ses environs paraissaient absolument déserts.

Tandis que l’ingénieur et les deux officiers s’entretenaient à ce sujet, ainsi que cela vient d’être dit, le maréchal des logis-chef et deux spahis s’étaient dirigés vers l’intérieur de l’oasis. Coupe-à-cœur accompagnait son maître. Il allait, furetant du nez sous les herbes, et son attention ne semblait pas éveillée, lorsque, soudain, il s’arrêta, redressa la tête, dans l’attitude d’un chien qui tombe en arrêt.

Était-ce quelque gibier courant à travers le bois et que Coupe-à-cœur avait senti ?… Quelque fauve, lion ou panthère, prêt à bondir ?…

Le maréchal des logis-chef ne s’y trompa pas. À la façon d’aboyer de l’intelligent animal, il comprenait ce que celui-ci voulait dire.

« Il y a quelques rôdeurs par là, déclara-t-il, et si l’on pouvait en pincer un !… »

Coupe-à-cœur allait s’élancer, mais son maître le retint. Si un indigène venait de ce côté, il ne fallait pas le mettre en fuite. Il avait dû, d’ailleurs, entendre les aboiements du chien, et peut-être ne cherchait-il pas à se cacher…

Nicol ne tarda point à être fixé sur ce point. Un homme, un Arabe s’avançait entre les arbres, observant à droite, à gauche, sans s’inquiéter d’être vu ou non. Et, dès qu’il aperçut les trois hommes, il alla vers eux d’un pas tranquille.

C’était un indigène, âgé de trente à trente-cinq ans, vêtu comme ces ouvriers de la basse Algérie, embauchés ici ou là, au hasard des travaux, ou au temps des moissons, et Nicol se dit que de cette rencontre son capitaine pourrait peut-être tirer profit. Il était bien décidé à lui amener cet indigène de gré ou de force, lorsque celui-ci, le devançant, demanda :

« Il y a des Français par ici ?…

— Oui… un détachement de spahis, répondit le maréchal des logis-chef.

— Conduisez-moi au commandant ! » se contenta de dire l’Arabe.

Nicol, précédé de Coupe-à-cœur, qui poussait quelques sourds grognements, revint donc sur la lisière de l’oasis. Les deux spahis marchaient derrière. Mais l’indigène ne manifestait aucune intention de s’enfuir.

Dès qu’il eut franchi le dernier rang d’arbres, il fut aperçu du lieutenant Villette, qui s’écria :

« Enfin… quelqu’un !…

— Tiens ! dit le capitaine, ce chanceux de Nicol a fait une bonne rencontre…

— En effet, ajouta M. de Schaller, et peut-être cet homme pourra-t-il nous apprendre ?… »

Un instant après, l’Arabe était en présence de l’ingénieur, et les spahis se formaient en groupe autour de leurs officiers.

Nicol raconta alors dans quelles conditions il avait trouvé cet homme… L’Arabe errait à travers le bois et, dès qu’il avait aperçu le marchef et ses compagnons, il était venu à eux. Cependant, Nicol crut devoir ajouter que le nouveau venu lui paraissait suspect et qu’il croyait devoir faire part à ses chefs de son impression. Le capitaine procéda immédiatement à l’interrogatoire du survenant volontaire :

« Qui es-tu ?… » lui demanda-t-il en français.

Et l’indigène de répondre assez correctement dans la même langue :

« Un originaire de Tozeur.

— Tu te nommes ?…

— Mézaki.

— D’où venais-tu ?…

— De là-bas, d’El Zeribet. »

Ce nom était celui d’une oasis algérienne située à quarante-cinq kilomètres du chott, sur un oued du même nom.

« Et que venais-tu faire ?…

— Voir ce qui se passait par ici.

— Pourquoi ? Étais-tu donc un ouvrier de la Société ?… demanda vivement M. de Schaller.

— Oui, autrefois, et depuis de longues années, je gardais les
« Et Pointar, est-il avec eux ?… » (Page 144.)

travaux par ici. Aussi le chef Pointar m’a-t-il pris avec lui dès son arrivée. »

Ainsi s’appelait, en effet, le conducteur des Ponts et Chaussées attaché à la Société qui avait amené l’équipe attendue de Biskra, et dont l’absence inquiétait si vivement l’ingénieur. Enfin, il allait en avoir des nouvelles !

Puis, cet indigène d’ajouter :

« Et je vous connais bien, monsieur l’ingénieur, car je vous ai vu plus d’une fois, lorsque vous veniez dans la région. »

Il n’y avait pas à mettre en doute ce que disait Mézaki, il était un de ces nombreux Arabes que la Compagnie avait employés autrefois au creusement du canal entre le Rharsa et le Melrir et que les agents de la nouvelle Société de la mer Saharienne s’efforçaient soigneusement de recruter. C’était un homme vigoureux, ayant cette physionomie calme, qui est propre à tous ceux de sa race ; mais un regard vif, un regard de feu sortait de son œil noir.

« Eh bien… où sont tes camarades qui devaient s’installer au chantier ?… demanda M. de Schaller.

— Là-bas… du côté de Zéribet, répondit l’indigène, en tendant son bras vers le nord. Il y en a une centaine à l’oasis de Gizeb…

— Et pourquoi sont-ils partis ?… Est-ce que leur campement a été attaqué ?…

— Oui… par une bande de Berbères… »

Ces indigènes, berbères ou d’origine berbère, occupent le pays de l’Icham, région comprise entre le Touat au nord, Tombouctou au sud, le Niger à l’ouest, le Fezzan à l’est. Leurs tribus sont nombreuses, Arzchers, Ahaggars, Mahingas, Thagimas, presque toujours en lutte avec les Arabes, et principalement les Chaambas algériens, leurs plus grands ennemis.

Mézaki raconta alors ce qui s’était passé, au chantier, une huitaine de jours avant.

Plusieurs centaines de nomades, soulevés par leurs chefs, s’étaient jetés sur les travailleurs au moment de leur arrivée au chantier. De leur métier, conducteurs de caravanes, ils ne pourraient plus l’exercer, lorsque la marine marchande ferait tout le trafic intérieur de l’Algérie et de la Tunisie par la mer Saharienne. De là, accord de ces diverses tribus, devant la reprise des travaux, pour détruire le canal qui devait amener les eaux de la Petite-Syrte. L’équipe de Pointar n’était pas en force pour résister à une attaque inattendue. Presque aussitôt dispersés, les ouvriers ne purent éviter d’être massacrés qu’en gagnant le nord du Djerid. Revenir vers le Rharsa, puis vers les oasis de Nefta ou de Tozeur leur avait paru dangereux, les assaillants pouvant leur en couper la route, et c’était du côté de Zéribet qu’ils avaient cherché refuge. Après leur départ, les pillards et leurs complices avaient détruit le chantier, incendié l’oasis, bouleversé les travaux avec l’aide des nomades, joints à eux pour cette œuvre de destruction. Et, une fois que la tranchée eut été comblée, lorsqu’il ne resta plus rien du talus, lorsque le débouché du canal sur le Melrir eut été entièrement obstrué, les nomades disparurent aussi soudainement qu’ils étaient venus. Assurément, si le second canal, entre le Rharsa et le Melrir n’était pas gardé par des forces suffisantes, il serait exposé à des agressions de ce genre.

« Oui… dit l’ingénieur, lorsque l’Arabe eut achevé son récit, il importe que l’autorité militaire prenne des mesures pour protéger les chantiers à la reprise des travaux… Après, la mer Saharienne saura se défendre toute seule ! »

Le capitaine Hardigan posa alors diverses questions à Mézaki :

« De combien d’hommes était composée cette bande de malandrins ?…

— De quatre à cinq cents environ, répondit l’Arabe.

— Et sait-on de quel côté ils se sont retirés ?

— Vers le sud, affirma Mézaki.

— Et l’on ne dit pas que les Touareg aient pris part à cette affaire ?…

— Non… des Berbères seulement.

— Le chef Hadjar n’a pas reparu dans le pays ?…

— Et comment l’aurait-il pu, répondit Mézaki, puisque voilà trois mois qu’il a été fait prisonnier et qu’il est enfermé dans le bordj de Gabès. »

Ainsi cet indigène ne savait rien de l’évasion de Hadjar, et ce ne serait pas par lui que l’on pourrait apprendre si le fugitif avait été revu dans la région. Mais ce qu’il devait être en mesure de dire, c’était ce qui concernait les ouvriers de Pointar, et, à la question que l’ingénieur lui posa à ce sujet, Mézaki répondit :

« Je le répète, ils se sont enfuis dans le nord, du côté de Zeribet…

— Et Pointar, est-il avec eux ?… demanda M. de Schaller.

— Il ne les a point quittés, répondit l’indigène, et les contremaîtres y sont aussi.

— Où, en ce moment ?

— À l’oasis de Gizeb…

— Éloignée ?…

— D’une vingtaine de kilomètres du Melrir…

— Et tu pourrais aller les prévenir que nous sommes arrivés au chantier de Goléah avec quelques spahis ?… demanda le capitaine Hardigan.

— Je le peux, si vous le voulez, répondit Mézaki, mais, si je vais seul, peut-être le chef Pointar hésitera-t-il…

— Nous allons délibérer », conclut le capitaine, après avoir fait donner quelque nourriture à l’indigène, qui paraissait avoir grand besoin de manger et de se reposer.

L’ingénieur et les deux officiers conférèrent à l’écart.

Il ne leur parut point qu’il y eût à suspecter la véracité de cet Arabe qui connaissait évidemment Pointar et avait aussi reconnu M. de Schaller. Nul doute qu’il ne fût un des ouvriers embauchés sur la section.

Or, dans les circonstances actuelles, ce qu’il y avait de plus urgent, c’était, on l’a dit, de retrouver Pointar et de réunir les deux expéditions. En outre, le commandant militaire de Biskra, prévenu, serait prié d’envoyer du renfort et on pourrait peut-être remettre les équipes au travail.

« Je le répète, disait l’ingénieur, après l’inondation des chotts, il n’y aura plus rien à craindre. Mais, avant tout, il faut rétablir la tranchée du canal, et, pour cela, ramener les ouvriers disparus. »

En résumé, voici à quel parti s’arrêtèrent l’ingénieur et le capitaine Hardigan, en tenant compte des circonstances.

Il n’y avait plus rien à craindre de la bande des Berbères, au dire même de Mézaki, laquelle s’était retirée vers le sud-ouest du Melrir. On ne courait donc plus aucun risque au kilomètre 347 et le mieux serait d’y installer un campement en attendant le retour des ouvriers. Le lieutenant Villette, le maréchal des logis-chef Nicol et tous les hommes disponibles accompagneraient Mézaki jusqu’à l’oasis de Gizeb où le chef Pointar et son équipe se trouvaient actuellement, disait-il. En cette partie de la région, traversée par les caravanes, exposée par là même aux agressions des pillards, ce n’était que prudence. En partant le lendemain dès la pointe du jour, le lieutenant comptait atteindre l’oasis dans la matinée et, en repartant dans l’après-midi, regagner avant la nuit le chantier. Probablement Pointar y reviendrait avec l’officier qui mettrait un cheval à sa disposition. Quant aux ouvriers, ils suivraient par étapes et seraient dans quarante-huit heures rassemblés sur la section, s’ils pouvaient partir le lendemain, et le travail reprendrait aussitôt.

Le voyage d’exploration autour du Melrir était donc momentanément suspendu.

Telles furent les dispositions arrêtées d’un commun accord entre l’ingénieur et le capitaine Hardigan. Mézaki n’y fit aucune objection, approuvant fort l’envoi du lieutenant Villette et des cavaliers à l’oasis de Gizeb. Il assurait que les ouvriers n’hésiteraient pas à revenir au chantier dès qu’ils connaîtraient la présence de l’ingénieur et du capitaine. On verrait d’ailleurs, s’il ne conviendrait pas d’y appeler un fort détachement de maghzen de Biskra, qui garderait le chantier jusqu’au jour où les premières eaux du golfe de Gabès inonderaient le Melrir.