L’Heptaméron des nouvelles/Tome IV/19


SIXIÈME JOURNÉE

TROMPERIES FÉMININES ET MASCULINES PAR AVARICE,
VENGEANCE ET MALICE.

PROLOGUE

Page 117, lignes 9-12. — Éd. de 1558 : « Mais tous ceux de la compaignie, aussi tost qu’ils en furent advertiz, pour le desir d’ouyr sa bonne instruction, se diligentèrent tant de s’abiller qu’ilz ne la feirent guères attendre. — L.

Page 118, lignes 17-9. — « Nolite confidere in principibus, — in filiis hominum in quibus non est salus ». Psalm. CXLV, v. 1-2. — M.

LI. — Cruauté du Duc d’Urbin vis-à-vis de celle qui avait servi d’intermédiaire entre son fils & l’ami de celui-ci.

De 1510 à 1538. En Italie, Duché de Mantoue. Historique. — L.

Page 119, lignes 6-8. — « Le Duc d’Urbin nommé le Préfect, lequel espousa la seur du premier Duc de Mantoue. »

Ms. 75762. Le manusc. que nous suivons portait : « Le Duc d’Urbin nommé le Parfaict, lequel espousa la seur du premier Duc de Navarre ». — Dans les édit. de 1558, 1559 & suivantes, cette Nouvelle commence ainsi : « Un Duc d’Italie, duquel je tairay le nom ».

François-Marie de la Rovere, né le 24 mars 1491, Préfet de Rome, neveu du Pape Jules II. Élevé à la Cour de France, il fut un des grands capitaines de son temps, surtout au commencement de sa carrière. Il poignarda, en 1511, le Cardinal Alidosio, Légat de l’armée ecclésiastique à Bologne, & mourut empoisonné en 1538. Il avait épousé Éléonor-Hippolyte de Gonzague, fille de Jean-François II, quatrième marquis de Mantoue & sœur de Frédéric, deuxième duc de Mantoue. Le jeune prince de dix-huit ans, héros de cette Nouvelle, doit être Gui Ubald, né en 1514, successeur de son père. D’après Moréri, ce duc d’Urbin aurait eu un autre fils nommé François & mort jeune, mais l’Art de vérifier les dates ne parle pas de lui. François-Marie fut un grand protecteur des Arts & des Lettres. À sa Cour florissaient Raphaël, B. Castiglione & d’autres. Voyez, à ce sujet, M. J. Dumesnil, Histoire des plus célèbres amateurs italiens & de leurs relations avec les artistes, &c. Paris, 1853, in-8o, p. 13 & suiv. — L.

Page 123, lignes 16-7. — Éd. de 1558 : « que la pluspart des Italiens, je dy la plus part, car il y en a d’autant gens de bien qu’en toutes autres nations ». — L.

Page 123, lignes 17-8. — Le manusc. donne : « que les Italiens estoient subjectz à tous vices par excellence ». Il faut évidemment lire trois pour se rapporter à la suite : « Vous nous avez dit l’un des trois vices, mais il faut savoir les deux autres ». — M.

Page 124, ligne 4. — En ont vu ; le manusc. donne en ont eu, qui convient moins au sens & se corrige bien facilement. — M.

Page 124, lignes 7-8. — Vrayement, dist Geburon, quand Rivolte fut prins des François, &c. »

La prise de Rivolte par l’armée française, sous la conduite de Louis XII, date de l’année 1509. Il y a une relation de cette prise dans le livre suivant : Livre nouvellement translaté de l’italienne rime en ryme françoise, contenant l’advenement du Roy de France, Louis XII, à Milan, & la triomphante entrée audict Milan. Lyon, 1509, in-4o. — L.

Page 124, ligne 14. — Respondant. Ms. « respondit », qui ne convient pas au verbe dist de la ligne suivante. On pourrait conserver respondit, mais il faudrait alors supprimer dist. — M.

LII. — Bon tour d’un valet d’un Apothicaire d’Alençon au Seigneur de la Tillerière & de l’Avocat Bacheré, qui comptaient déjeuner à ses dépens.

De 1515 & 1525. — À Alençon. Anecdotique. — L.

Page 127, ligne 8, à page 128, ligne 2. — Ms. 75762 : « En la ville d’Alençon, du temps du Duc Charles dernier, y avoit un Avocat bon compagnon & bien aimant déjuner matin. Un jour, étant assis à sa porte, vit passer devant lui un Gentil homme qui se nommoit le Seigneur de la Tillerière, lequel, à cause du très grand froid qu’il faisoit, étoit venu à pié de sa maison à la ville pour quelques affaires & n’avoit oublié au logis sa grosse robe fourée de renars. Et, quand il vid l’Advocat qui estoit de sa complexion, lui dit qu’il avoit fait ses affaires & qu’il ne restoit sinon de trouver quelque bon déjuner. L’Avocat dit de déjuners ilz trouveroient assez, mais qu’ilz eussent un défraieur, &, en le prenant par desous le bras, lui dit : « Allons, mon compère, nous trouverons peut être quelque sot qui paiera l’écot pour nous deus ». Il y avoit derrière eux le Valet d’un Apothicaire fin & inventif, auquel cet Avocat menoit toujours la guerre, &c., &c. » Il y a encore des différences très notables entre les deux rédactions de cette Nouvelle. La rédaction du Ms. 75762 a été suivie dans l’édition de 1558. — L.

Comme les noms de lieux tirés du tilleul sont nombreux en France & surtout en Normandie, on pourroit croire que la Tillelière pourrait être la meilleure leçon. C’est, au contraire, la Tirelière qui est la bonne, comme on peut le voir dans la note locale & absolument concluante que nous devons à notre confrère & ami M. Louis Duval, archiviste de l’Orne. — M.

« Le lieu de la Tirelière, commune de Saint-Germain-du-Corbéis, est à quatre kilomètres d’Alençon. Ce lieu dit est figuré sur la carte de l’État-major & sur la carte nouvellement exécutée par le service vicinal de l’Orne (Cantons est & ouest d’Alençon). Seulement, dans cette dernière carte, la Tirelière est transformée en Tillière.

Odolant-Desnos en a parlé :

« La Tirelière est le nom d’une ancienne gentilhommière, avec douves & pièce d’eau, située dans la commune de Saint-Germain-du-Corbéis, à quatre kilomètres d’Alençon. Ce fief, qui s’étendait jusque dans le faubourg de Montsor[1], n’était primitivement qu’une simple vavasserie, ainsi désignée dans l’aveu rendu par Guillaume Pantolf au comte d’Alençon en 1391. Jean-Pierre de Crouches & Marie Capet, son épouse, en rendirent plus tard aveu au duc d’Alençon. La Tirelière, acquise par René de Saint-Denis, gouverneur d’Alençon, servit, en 1592, à composer la baronnie de Herté, érigée en sa faveur par Henri IV[2]. Odet de Saint-Denis, fils de René, obtint des lettres de démission de ce fief en 1602, après l’avoir vendu à Jean Brichard. Des héritiers de ce dernier il passa, par suite d’une nouvelle vente, au sieur Cochon de Vaubougon, dont la fille le porta en mariage à Georges Desmoulins, qui le fit unir au marquisat de l’Isle.

Dans l’État des fiefs & choses en tenant nature qui sont dans l’étendue du Bailliage d’Alençon, dressé en 1674 (Arch. de l’Orne, série B), se trouve un article ainsi conçu : « Les tenans du fief de la Tirelière, appartenant au sieur de l’Isle, colonel d’un régiment ».

Quant à la rue où l’apothicaire cueillit le mirifique pain de sucre en question, on peut éprouver l’embarras du choix ; car il existe plusieurs documents qui attestent que certaines rues étaient d’une saleté telle que l’on pouvait leur donner le nom d’une rue de Niort que vous pouvez connaître, la rue du Merdieu (aujourd’hui rue Mère-Dieu). Toutefois, je crois devoir vous signaler, à Alençon, la rue des Fumiers, mentionnée dans un aveu rendu au domaine d’Alençon le 8 mars 1564 (Arch. de l’Orne, série A, Régl. du domaine). Cette rue avoisinait la rue de Sarthe & la rue des Marais. — Louis Duval.

Page 128, lignes 7-8. — Le sale objet, si gelé a qu’il sembloit un petit pain de sucre fin », ne doit-il pas nous faire comprendre qu’autrefois le sucre, qui était un médicament encore plus qu’un luxe & se vendait avec les remèdes, ne se fabriquait pas en pains aussi gros que maintenant & qu’il devait y en avoir de plusieurs tailles. L’acheteur devait mieux aimer avoir un pain entier qu’un morceau cassé, & le vendeur, selon son intérêt, le vendait à la fois à la dimension & au poids le plus strict, à cause de sa rareté. — M.

LIII. — Histoire de Mme de Neufchatel, du Prince de Belhoste & du Seigneur des Chériots.

Règne de François Ier. Nulle indication de lieu. — L.

Page 132, lignes 5-12. — Édit. de 1558 : « Le Roy François, premier du nom, estant en un chasteau fort plaisant où il estoit allé avecques petite compagnie, tant pour la chasse que pour y prendre quelque repos, avoit en sa compagnie un Seigneur autant honneste, vertueux & sage & beau Prince qu’il y en eût point en sa Court. » — L.

Page 134, lignes 1-3. — Édit. de 1558 : « Ce Seigneur print fort grande amitié à une Dame veufve qui avoit réputation d’estre la plus belle que l’on eust sçeu regarder. » — L.

— « Nous croyons que c’est la veuve de Louis d’Orléans, Duc de Longueville, & dont le second fils, Louis, IIe du nom, héritier du Duché de Longueville & de la Principauté de Neufchatel, mourut le 9 juin 1537. La Duchesse douairière, qui survécut à son mari jusqu’en 1543, était Jeanne de Hochberg, fille unique de Philippe, Comte souverain de Neufchâtel. On la désignait, suivant l’usage, par son nom de famille, Madame de Neufcbåtel. » Paul Lacroix, éd. de 1858, p. 342.

Page 134, ligne 22. — Le Seigneur des Chériots ne serait-il pas un d’Escars, en jouant sur la coupure des cars pour des chars ? — M.

Pag 135, lignes 2-3. — « Mais elle, qui estoit fille d’Eve ». Nous prenons cette leçon au ms. 75762 ; la leçon du manuscrit habituellement suivi « fille du Duc » est évidemment fautive. — M.

LIV. — Rire de la femme de Thogas en voyant l’ombre de son mari de de sa servante.

Entre les Pyrénées & les Alpes. Nulle indication de date. — L.

Page 145, ligne 7. — « Ung Gentil homme nommé Thogas ». En supprimant l’b, cela donnerait exactement Sagot comme anagramme. — M.

Page 148, lignes 2-4. — Similes sunt pueris sedentibus in foro, & loquentibus ad invicem, & dicentibus : Cantavimus vobis tibiis, & non saltastis ; lamentavimus, & non plorastis. Lucæ VII, 32. — M.

LV. — La Veuve d’un Marchant de Sarragosse interprète le testament de son mari en vendant un chat le prix d’un cheval.

À Sarragosse en Espagne. Nulle indication de date. — L.

Page 151, lignes 3-7. — Éd. de 1558 : « En la ville de Sarragoce y avoit un pauvre Marchant, le quel voyant sa mort approcher & qu’il ne pouvoit plus tenir quelque peu de bien qu’il avoit acquis avec mauvaise foy ». — L.

Page 152, ligne 18. — Éd. de 1558 : « car je surviendray à la nécessité de mes enfans ». — L.

Page 153, ligne 18. — Ms. 75762 : « & quatre vingt dis neuf pour le chat ». — L.

Pages 153-6. — Dans les éditions de 1558 & 1559 cet Épilogue a été remplacé par un autre, qui ne renferme que des réflexions banales sur l’avarice humaine & qui est plus court. Boaistuau & Cl. Gruget n’ont pas osé reproduire les opinions hardies émises dans ce passage de l’Heptaméron. – L.

Voici comment, dans l’édition de 1558, se termine l’épilogue de cette Nouvelle :

« Appellez vous », dist Guebron, « s’égarer donner son bien à l’Église & aux pauvres Mandiens ? — Je n’appelle point errer », dist Parlamente, « quand l’homme distribue aux pauvres ce que Dieu a mis en sa puissance. Mais de donner tout ce qu’on a à sa mort & de faire languir de faim sa famille puis après, je n’approuve pas cela, & me semble que Dieu auroit aussi acceptable qu’on eût sollicitude des pauvres orphelins qu’on a laissez sur terre, lesquelz, n’ayans moyen de se nourrir & accablez de pauvreté, quelquefois, au lieu de bénir leurs pères, les maudissent quand ilz se sentent pressez de faim, car celuy qui cognoist les cueurs ne peult estre trompé & ne jugera pas seulement selon les œuvres, mais selon la foy & charité qu’on a eue à luy. — Pourquoy est ce donc », dist Guebron, « que l’avarice est aujourd’huy si enracinée en tous les estats du monde que la pluspart des hommes s’attendent à faire les biens lorsqu’ilz se sentent assaillis de la mort & qu’il leur faut rendre compte à Dieu ? Et croy infailliblement qu’ils mettent si bien leurs affections en leurs richesses que, s’ilz les pouvoient emporter avec eulx, ilz le feroient volontiers. Mais c’est l’heure où le Seigneur leur fait sentir plus griefvement son jugement que à l’heure de la mort, car tout ce qu’ilz ont fait tout le temps de leur vie, bien ou mal, en un instant se représente devant eulx. C’est l’heure où les livres de noz consciences sont ouvertz & où chacun peult y veoir le bien & le mal qu’il a faict. Car les esprits malings ne laissent rien qu’ilz ne proposent au pécheur, ou pour l’induire en une présumption d’avoir bien vescu, ou à une deffiance de la miséricorde de Dieu, afin de le faire tresbucher du droit chemin. — Il me semble, Hircan, » dist Nomerfide, « que vous sçavez quelque histoire à ce propos. Je vous prie, si la pensez digne de cette compagnie, qu’il vous plaise nous la dire. — Je le veux bien, » dist Hircan, « &, combien qu’il me fasche de compter quelque chose à leur desavantage, si est ce que, veu que nous n’avons espargné ni Roys, ni Ducs, ni Comtes, ni Barons, ceux icy ne se doibvent tenir offencez si nous les mettons au reng de tant de gens de bien, mesmes que nous ne parlons que des vicieux, car nous sçavons qu’il y a des gens de bien en tous estats & que les bons ne doivent estre interessez pour les mauvais. Mais laissons ces propos & donnons commencement à nostre histoire. » — L.

Page 154, lignes 31-2. — « Pour toute oblation il nous demande le cœur contrit & humilié : » Cor contritum & humiliatum Deus non despicit. — Psalm. L, 18. — M.

Page 155, ligne 32, & 156, ligne 6. — « Du rang de ceulx que Virgile dit : Dante : Passe oultre & n’en tiens compte. » C’est le vers

Non ragioniam di lor, ma guarda e passa,

qui se trouve à la fin du 17e tercet du troisième chant de l’Enfer. — M.
LVI. — Comment, à Padoue, une veuve se trouve avoir fait épouser à sa fille un Cordelier.

À Padoue en Italie. Nulle indication de date. — L.

Page 165, lignes 8-11. — « Mais la belle Dame sans mercy respond : — Qu’il siet bien que l’on le die — Pour en tirer quelque confort. »

Ce passage du poëme d’Alain Chartier a déjà été une fois cité par la Reine de Navarre dans la Nouvelle xii. — L. (Voir t. II, p. 24, & aux notes, IV, p. 242.)

La 36e Nouvelle de Morlini (éd. Corpet, p. 76-7), De monacbo qui duxit uxorem, & la fable v de la xie Nuit de Straparole (édit. Jannet, II, 1857, p. 305-10), ont dans le détail quelques points de ressemblance avec la Nouvelle de Marguerite. — M.

LVII. — Histoire d’un Seigneur Anglais qui se contente de porter sur son vêtement le gant d’une Dame.

De 1450 à 1500. En Angleterre. Historique. — L.

« Vous avez le Milord d’Angleterre des Cent Nouvelles de la Reyne de Navarre, qui porta de mesme le gand de sa maistresse à son costé & si bien enrichy. J’ay cogneu force Gentilshommes qui, premier que porter leurs bas de soye, prioient les dames & maistresses de les essayer & les porter devant eux quelques huict ou dix jours, du plus que du moins, & puis les portoient en très-grand vénération & contentement d’esprit & de corps. » Brantôme, Dames galantes, Discours II ; éd. Lalanne, IX, 309.

Page 167, lignes 13-5. — « Le Roy Louis unziesme envoya en Angleterre le Seigneur de Montmorency pour son Embassadeur. »

L’Histoire de la Maison de Montmorency ne fait mention d’aucun Seigneur de ce nom envoyé par Louis XI Ambassadeur en Angleterre. (Voy. Duchesne, Histoire généalogique de la Maison de Montmorency, &c. ; Paris, 1624, in-fol.) C’est seulement en 1546 que François de Montmorency, Seigneur de la Rochepot, fut envoyé comme Ambassadeur en Angleterre. (Voy. Duchesne, p. 366.)

Dans quelques manuscrits il y a : le roy Louis douze. Cela aurait alors rapport à Guillaume de Montmorency, père du connétable ; mais, dans la notice historique sur Guillaume, il n’est nullement parlé de cette mission. (Voyez Duchesne, p. 354-355.)

M. Génin, éditeur des Lettres de Marguerite d’Angoulême, pense qu’il est ici question du Connétable de Montmorency (ier Recueil, 1841 ; in-8o, p. 151). Nous ignorons sur quels garants il peut appuyer son assertion. Du reste voici un passage d’une lettre de Marguerite au Connétable, qui est bien en rapport avec ce qui est dit, à la fin de cette Nouvelle, sur l’humeur galante du seigneur de Montmorency : « J’ay monstré vostre lettre à la Damoiselle Marguerite de Lorraine, qui n’a laissé pour son habit gris à avoir souvenance du temps passé, & vous asseure qu’elle s’acquitte sy bien à prier Dieu pour vous que, sy toutes les dames qui vous ont donné la tous en faisoient aultant, vous en deveriés point avoir regret au temps passé, car leurs oraisons vous mettroient en Paradis, où après longue & bonne vie desire vous voir. » — L.

Page 170, ligne 26. — Éd. de 1558 : « qu’il n’eust point voulu vivre en telle enguisse ». — L.

Page 171, lignes 4-5. — Ms. 75762. Cette phrase manquait dans le manuscrit que nous suivons. — L.

Page 171, lignes 22-3. — Éd. de 1558 : « le quel elle n’avoit pas moins aimé que l’autre ». — L.

Page 172, lignes 4-5. — Salutate invicem in osculo sancto. Paul, ad Rom., XVI, 16 ; I ad Cor., XVI, 20 ; II ad Cor., XIII, 12 ; Petri I, 14. — Salutate fratres omnes in osculo sancto. I ad Tbess., V, 26. — M.

LVIII. — Méchant tour d’une Dame d’un Gentilhomme, auquel elle donne rendez-vous & qu’elle fait passer pour un voleur.

Règne de François Ier. Nulle indication de lieu. – L.

Page 176, lignes 6-7. — « En la Court du Roy François Ier y avoit une Dame de fort bon esperit ».

Ne serait-ce pas à elle-même que Marguerite aurait fait allusion ici ? Les théories qu’elle a développées plusieurs fois, dans ses Épilogues sur l’amour & sur les rapports de politesse des hommes avec les femmes, sont tout à fait en rapport avec ce qu’elle dit au sujet des serviteurs qu’une Dame peut se permettre, sans exciter en rien les soupçons de son mary. Il est difficile de rien conjecturer au sujet du galant auquel elle aurait joué le tour qu’elle raconte.

Dans la Nouvelle suivante, Marguerite revient sur le même sujet & raconte comment cette même dame s’y est prise pour convaincre son mari d’infidélité & le forcer à la conduire à la Cour d’où, par jalousie, il l’avoit éloignée. Si l’on se rappelle ce que nous avons dit dans la Notice sur la vie privée de Marguerite (t. ier de l’éd. des Bibl., p. LXXIV) au sujet de ses rapports avec ses deux maris, on sera d’autant plus porté à adopter notre conjecture sur ces deux Nouvelles. — L.

Page 176, lignes 122-4. — « Et elle, qui n’avoit faulte de nulle finesse de femme, s’en alla à Madame Marguerite, fille du Roy, & à la Duchesse de Montpensier. »

Marguerite de France, Duchesse de Savoye & de Berry, née à Saint-Germain en Laye le 5 juin 1523. Elle avait eu pour parrain Jean, Cardinal de Lorraine, & pour marraine Marguerite elle-même, qui était sa tante paternelle. Promise en mariage à l’âge de trois ans à Louis de Savoye, fils du Duc Charles III, elle épousa, le 9 juillet 1549, Emmanuel-Philibert, Duc de Savoye, frère puîné du prince Louis. Elle mourut, âgée d’un peu plus de cinquante & un ans, le 15 septembre 1574. Cette Princesse a été l’une des femmes les plus remarquables de son temps. Brantôme lui a consacré un article dans ses Dames illustres (t. V, p. 230, des Œuvres complètes, éd. in-8o ; éd. Lalanne, VIII, 328-37). On peut voir aussi les Éloges & les Vies des Reines, Princesses, &c., du P. Hilarion de Coste ; Paris, 1647, in-4o, t. II, p. 278. La Duchesse de Montpensier, Jacqueline de Longwick, Comtesse de Bar-sur-Seine, fille de J. Ch. de Longwick, Seigneur de Givry, & de Jeanne, bâtarde d’Angoulême. Mariée en 1538 à Louis de Bourbon, deuxième du nom, Duc de Montpensier. (Voy. Histoire généalogique de la Maison de France du P. Anselme, t. ier, p. 355.) — L.

LIX. — De la même Dame qui vient à sa fantaisie pour s’être arrangée à surprendre son mari avec leur Chambrière.

Nulle indication de lieu. — L.

Page 185, lignes 13-4. — « Il luy dit qu’il n’en sçavoit pas de meilleur que de jouer au cent. »

Il est probable que Marguerite a voulu désigner ici le jeu des cartes que nous appelons aujourd’hui le piquet, & qui se joue en cent points. Ce jeu est ancien ; on le trouve cité parmi tous ceux que Rabelais énumère au livre ier, ch. XXII, de Gargantua. — L.

LX. — Histoire d’un pauvre mari forcé de reprendre sa femme qui l’avait abandonné pour vivre avec un Chantre du Roi.

Entre 1914 & 1515. À Paris & à Blois. Historique. — L.

Page 192, lignes 8-9. — « En la ville de Paris y avoit ung homme de si bonne nature, &c. »

En disant que le mari, bigame sans le savoir, vint à Blois peu après que François Ier fut monté sur le trône, Marguerite fixe entre les années 1514 & 1515 le dénoûment de cette aventure, puisque François Ier fut sacré le 25 janvier 1515. Louise de Savoye est nommée Madame la Régente, ce qui porte la scène au mois d’août 1515, pendant l’absence du Roi, qui se trouvait alors en Italie, tout prés de remporter la victoire de Marignan. — L.



  1. On écrit aujourd’hui Montsort, mais le final est de trop. Dans les anciens textes, notamment dans le Liber albus Capituli Cenomanensis (anno 1208, p. 84), ce lieu est dénommé Montsor. Montsor est le « mont de Sor ». Tout près de là se trouve le gué de Sor.
  2. Odolant-Desnos, Mémoire historique sur la ville d’Alençon & sur ses Seigneurs, t. II, p. 504.