L’Encyclopédie/1re édition/PORTE-AIGUILLE

PORTE-AIGUILLE, s. m. instrument de Chirurgie dont on se sert pour embrasser exactement les aiguilles, & leur donner plus de longueur, lorsqu’elles sont si fines & si petites qu’on ne sauroit les tenir avec les doigts. Cet instrument est une tige d’acier ou d’argent, longue de deux pouces, fendue selon presque toute sa longeur, en deux branches, pour former une espece de pincette qui se ferme par le moyen d’un anneau ; au-dedans de chaque branche est une petite rainure longitudinale pour loger la tête de l’aiguille : elles se tiennent écartées par leur propre ressort ; elles s’approchent quand on glisse l’anneau en avant, & s’ouvrent quand on le retire. La partie postérieure de la tige, qui sert de manche, est une petite tête creuse garnie dans sa cavité de trous semblables à ceux d’un dé à coudre, pour pousser l’aiguille en cas de besoin. Le porte-aiguille n’est peut-être utile que pour faire les sutures aux plaies superficielles. Voyez la fig. 12. Pl. III. La fig. 13. représente une autre espece de porte-aiguille inventé par M. Petit.

Porte-bougie, instrument de Chirurgie, canule d’argent qui a environ cinq pouces de longueur ; on l’introduit dans l’urethre jusque sur les carnosités, & on pousse avec le stilet les médicamens qu’on juge convenables. Voyez Carnosité & Bougie.

On peut s’en servir pour porter avec une paille une goutte de beurre d’antimoine sur un polype du nez. Voyez Polype.

Porte-pierre infernale, instrument de Chirurgie fait comme un porte-crayon. Voyez la fig. 19. Pl. III. Le porte-crayon s’engage au moyen d’une vis dans un étui garni d’un écrou. Le manche du porte-pierre peut être fait en canule, & servir de porte-aiguille comme on le voit par la figure. (Y)

Porte-aiguille, s. m. terme d’Aiguillier ; instrument dont il se sert pour embrasser exactement les aiguilles, & leur donner plus de longueur lorsqu’elles sont si fines & si petites, qu’on ne peut les tenir avec les doigts.

Porte-aiguille, outil de Gainier ; c’est un petit morceau de fer de la longueur de deux pouces, de l’épaisseur de deux lignes, fendu en deux en forme de petites pinces, qui est enchâssé dans un petit manche de bois de la longueur d’un pouce. Au milieu du porte-aiguille il y a une petite virole qui sert pour resserrer l’aiguille dans les pinces & l’assujettir. Voyez la fig. Pl. du Gainier.

Porte-aiguille, en terme de Piqueur en tabatiere, signifie le manche de l’aiguille dont on se sert pour piquer. C’est un morceau de fer fendu à une de ses extrémités pour recevoir l’aiguille qui y est retenue par le moyen d’un anneau qui se glisse le long du porte-aiguille comme celui d’un porte-crayon.