L’Arc d’Ulysse/Hortorum Deus

L’Arc d’UlysseÉditions Georges Crès et Co (p. 69).

HORTERUM DEUS

Une visite à la maison du blessé.
À Maurice Vieillard.


Crains un dieu de bois lourd et de colère gros.
Si tu pilles la ruche, ou fais pleurer la gomme
De ces pins, si tu mords la grappe, je t’assomme.
Ces œillets sont promis aux tempes d’un héros.

Son beau sang a coulé : plus que des noirs chevreaux
La terre avide a soif du sang des jeunes hommes.
C’était hier, quand le Teuton menaçait Rome.
Mais ce ciel tiède et fin nous demeure, et ce clos.

Pour le maître et son fils qui porte encor la bulle,
Et m’honore déjà des rythmes de Tibulle,
Je garde le verger aux flancs du mont Sabin.

L’hôte qu’envoie un dieu, l’hôte est sacré, qu’il entre.
Mais au large, l’impie, et le fourbe, et l’aubain !
Priape, paysan et guerrier, frappe au ventre.