L’Antoniade/Troisième Âge/La Thébaïde américaine

LA THÉBAÏDE AMÉRICAINE.

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la solitude religieuse.


Mon empire est celui de la sérénité ;
C’est celui de l’amour et de la liberté,
Où, soumise à la grâce, en suivant la nature,
Dans l’ordre on voit enfin rentrer la créature ;
Mon temple est ombragé de feuillages épais ;
Mon temple est au milieu des sauvages forêts :
Lorsque l’homme y pénètre, une tristesse sainte,
Irrésistible et douce, une divine crainte,
Un solennel attrait, un mystique pouvoir,
Un charme caressant enlace son vouloir,
Le saisit et l’entraîne, ou doucement l’attire ;
Et libre en se livrant, il cède à mon empire !
J’eus pour premier disciple et solitaire amant,
L’homme, roi de l’Éden, immortel, innocent,
Heureux, tant qu’il fut seul !  ! — Mais Ève étant blessée,
L’homme suivit son sort… et je fus délaissée !
Je régnai sur les lieux où l’homme n’était plus ;
Et reine, j’héritai de tant de biens perdus ;
Et depuis qu’en exil l’homme marche et soupire,
Le paradis n’est plus qu’aux lieux où je respire ;
Et j’ai toujours compté pour disciples chéris
Les héros malheureux et les sages proscrits ;
Tous les hommes divins, las de la multitude,
Tous les contemplatifs, dans leur mansuétude,
Ont fui loin du séjour des populeux essaims,
Pour venir près de moi mûrir leurs grands desseins. —
J’ai vu venir à moi la race des prophètes,
Élie et son corbeau cachés dans mes retraites,
Élisée et David par l’orage emportés,
Et les Élus fuyant sur les monts écartés. —
J’ai vu venir à moi l’ascète Jean-Baptiste,
Du règne de la grâce austère Évangéliste ;
Et le disciple vierge, à Pathmos exilé,
Qui nous légua le livre où tout est révélé. —

J’ai vu venir Antoine, et Paul, premier ermite,
Arsène, Hilarion, et Siméon Stylite,
Et Pacôme, et Macaire, et le nombre infini,
Que l’amour attira dans le désert béni ;
Ephrem, Basile, Ambroise, et Grégoire et Jérôme,
Tous ces grands orateurs, rivaux de Chrysostôme ;
Tous ceux, qui m’admirant et qui me défendant,
Ont propagé mon règne au bout de l’Occident. —
J’ai vu croître, abreuvés de la sève ascétique,
D’innombrables rameaux de l’Arbre Monastique :
Cassien, Isidore, Honorât et Martin ;
Romuald et Bruno, Benoît et Célestin ;
Et sous des cieux divers étendant leurs ombrages,
Offrir des abris sûrs, des ports à tous les âges ;
Et ces asiles saints ont été les remparts,
Où se sont conservés les Lettres et les Arts ! —
Îles, forêts, déserts, sommets inaccessibles,
Rochers battus des flots, bois et vallons fertiles ;
Landisfarne, Iona, Sainte-Barbe, Lérins,
Abris hospitaliers d’ermites pèlerins ;
Mont-Cassin et Mouron, Alverne et Vallombreuse,
Cellule de Manrèse et Cloître de Chartreuse,
Lieux qui ne sont connus que des cœurs détachés,
Et qui pour les mondains furent toujours cachés : —
Vous avez vu venir les Reines et Princesses,
Déposant à mes pieds leurs sceptres et richesses ;
Vous avez vu venir, se pressant par milliers,
Les Dames qu’escortaient tant de Preux Chevaliers ;
Vous avez vu courir, à travers les épreuves,
D’héroïques enfants, des vierges et des veuves ;
Vous avez vu prier, souffrir, tous ces héros,
Dont les chants éveillaient de célestes échos ;
Oui, j’ai régné longtemps par l’amour angélique ;
Mon règne, en ces beaux jours, fut un règne ascétique ;
Sous le joug de l’esprit soumettant toute chair,
De mon œil jaillissait un poétique éclair ! —
Et j’avais vu venir, comme une faible image,
Thérapeute, Essénien, Gymnosophiste et Mage ;
Les Sages de Chaldée et de Grèce émigrés ;
Et les Prêtres d’Égypte, aux mystères sacrés :
Toujours les cœurs d’élite ont vécu solitaires ;
Ils ont toujours aimé les études austères ;
À l’ombre de mon temple ils se sont abrités ;
Ils ont appris de moi les saintes vérités. —
Depuis l’exil d’Éden et l’ère des prophètes,
Sages, héros et saints, artistes et poètes,
Tous les cœurs rayonnant de lumière et d’amour,
Je les ai vus venir, ensemble ou tour à tour. —
Oh ! qu’autrefois mon règne était beau sur la terre !
Tout l’Orient n’était qu’un vaste monastère ;

Chaque désert, peuplé de pieux habitants,
Contemplait, comme au ciel, ses astres éclatants ;
Dans ces temps glorieux, la terre avait ses anges ;
Elle entendait chanter les célestes phalanges : —
Mon règne doit renaître en son éclat divin ;
C’est ton tour, Amérique ; à toi je viens enfin ;
Ouvre de tes forêts la profondeur inculte ;
Pour te régénérer, je t’apporte mon culte ;
Je viens avec amour, je viens pour te bénir :
La Thébaïde antique ici doit refleurir !
Les révolutions m’exilent du Vieux-Monde ;
Je viens pour te sauver, Amérique féconde ;
Pour consacrer tes bois, tes grottes et tes monts ;
Pour y faire cesser le culte des démons ;
Je viens pour susciter un esprit plus mystique,
Et rétablir ici le Règne Érémitique —
 Amérique, Salut ! je prends possession
De tes vastes déserts, refuges du bison ;
Au bord de chaque lac, sur chaque promontoire,
Je viens, loin des cités, bâtir un oratoire ;
Je viens pour attirer tes filles et tes fils,
Et jeter à la chair de solennels défis !
Je viens pour allumer dans ton sein, Amérique,
L’enthousiasme ardent d’une vie héroïque ;
Par la grâce et l’amour transfigurant les cœurs,
Du monde et du démon je les rendrai vainqueurs !
 Amérique, pour toi s’ouvre une nouvelle ère ;
Il faut pour te sauver le jeûne et la prière :
La prière ! pouvoir du plus faible mortel,
Invincible sur terre, irrésistible au ciel ;
Seul pouvoir incessant que possède chaque âme ;
Que possèdent, partout, l’enfant, l’homme et la femme,
Le Saint et le pécheur ; seul pouvoir incessant
Avec lequel lutter contre le Tout-Puissant ! —
La prière ! ineffable et ravissant mystère,
Liant la terre au ciel et le ciel à la terre ;
Communion des Saints, réversibilité,
Lien par qui les cœurs vivent dans l’unité !
Par la prière, l’âme, en son élan sublime,
Avec l’âme, à distance, est en rapport intime ;
Pour son fils une mère intercède en secret,
Et son fils, à distance, en ressent le bienfait ;
S’élevant, sans repos, de victoire en victoire,
Elle atteint, en son vol, le feu du Purgatoire ;
Elle poursuit partout le pécheur fugitif,
Le saisit dans sa fuite et l’embrasse captif !
Tout par elle se lie en un vaste système,
Dont Dieu, Centre invisible, est le Moteur suprême ;
Dieu sur qui l’âme agit en ses élans d’amour,
Et l’âme sur qui Dieu réagit à son tour !

Tandis que le grand nombre est armé de la lance,
Une garde d’élite intercède en silence ;
Pendant l’active ardeur de son peuple guerrier,
Moïse sur le mont ne cesse de prier ;
Armé de l’oraison, il lutte avec Dieu même,
Et triomphe en priant de la force suprême ;
Immobile, à l’écart, le jour comme la nuit,
Il combat en repos et triomphe sans bruit !
Tandis qu’avec éclat retentit l’éloquence,
Une âme solitaire, et qui prie en silence,
Agit sur l’auditoire autant que l’orateur,
Et par elle descend l’Esprit consolateur ;
Oui, par elle la grâce agit sur l’auditoire ;
C’est en elle, à l’écart, qu’est le souffle oratoire ;
Et tandis qu’elle embrasse et conquiert des milliers,
Elle a l’oubli de tous, et lui tous les lauriers ! —
La prière ! ô pouvoir que notre siècle nie,
Et qui pourtant, sans bruit, domine le génie ;
Des Chefs, à leur insu, règle les mouvements,
Et sauve, enfin, le peuple et les gouvernements !
 Amérique, pour toi s’ouvre une nouvelle ère ;
Il faut pour te sauver le jeûne et la prière ;
Au lourd poids de la chair il faut un contre-poids ;
Ici, l’homme affranchi jouit de tous ses droits ;
Ici, de chaque humain la conscience est libre ;
Mais la prière manque au divin équilibre ;
Par le poids de la chair ce globe est trop penché ;
Le jeûne est donc pour lui le contre-poids cherché !
Je t’apporte, Amérique, un culte plus austère,
Un esprit de retraite, un esprit de prière.
Je viens ressusciter cet ascétique esprit,
Que jadis en Judée enseigna Jésus-Christ. —
Je viens, lasse d’errer au milieu des ruines,
Dans un Monde Nouveau, choisir mes héroïnes !
Je viens, pour retrouver l’élan du genre humain,
Adopter les enfants du sol Américain ! —
Là, des peuples vieillis la race est rajeunie !
Je viens à toi ; salut, Amérique bénie !
À toi l’élan de l’âme et la sainte ferveur !
Le Vieux Monde est glacé par son esprit railleur !
Pour que mon règne encor sur la terre renaisse,
Chez toi je trouverai la fleur de la jeunesse !
Abandonnant enfin des mondes vermoulus,
Je viens parmi les tiens chercher d’autres élus ! —
Ô discuteurs craintifs des nations âgées,
Esprits contradicteurs, âmes découragées,
Rois du sarcasme amer et du rire glacé,
Sceptiques avortons d’un empire éclipsé,
Vous, qu’on voit apparaître et régner, quand la vie,
En se refroidissant, amène l’agonie :

Tous ne pouvez plus rien pour les peuples souffrants :
Il faut pour les sauver d’héroïques enfants !…



l’amérique.


Viens, Reine d’Orient, mystique Solitude,
Qu’accompagnent partout la prière et l’étude ;
En ton austérité, viens bénir mes climats ;
Viens ! je sens tressaillir mon cœur à tes appas !
Au regard pénétrant de ton œil séraphique,
Je sens dans tout mon être une flamme héroïque !
Viens féconder en moi les germes de la foi,
Et faire ici fleurir les Conseils de la Loi !
Trop long temps, malgré moi, livrée à l’industrie,
J’ai vu par les marchands ma jeunesse flétrie ;
Au bruit de la vapeur usurpant mon repos,
Dans leur fuite aux déserts j’ai suivi les troupeaux ;
Pas à pas, j’ai compté les progrès de la foule,
Qui sans cesse avançant, sans cesse me refoule ;
J’ai vu pour leur pays combattre les Tribus,
Et les Blancs, apportant leurs poisons inconnus,
Subjuguer tour-à-tour les unes et les autres ;
Et malgré les efforts des plus ardents apôtres,
Ils ont de la science et de l’amour de Dieu
Empêché les bienfaits avec leur eau-de-feu ;
Ils ont, pareils aux chiens sur de sauvages traces,
Sans les civiliser, détruit ces pauvres races !…
 Viens, Reine d’Orient ; je tends vers toi les bras ;
Viens ! dans tous mes déserts je guiderai tes pas ;
Nous irons dans le temple, aux sonores arcades,
Où retentit la voix des vents et des cascades ;
Nous irons explorer les bois et les vallons,
Les savanes en fleurs, aux larges horizons ;
Et les bords escarpés des fertiles rivières,
Et les sommets neigeux, les mornes cyprières,
Tous les antres obscurs, les palais souterrains,
Les lieux infréquentés, les rocs les plus lointains ! —
Viens, Reine d’Orient ; — il reste des retraites,
Où tu pourras cacher tes saints anachorètes ;
Et dans l’ombre et le calme, et loin d’un peuple actif,
Aider, dans son essor, l’esprit contemplatif. —
Ah ! cette activité me trouble et me fatigue ;
Viens au torrent du monde opposer une digue :
Il est bon qu’à l’écart vivent d’ardents esprits ;
Des cœurs brûlants d’amour, quoiqu’ils soient incompris ;
J’ai des enfants dont l’âme, élevée et sereine,
Adopterait ton culte, austère et vierge Reine ;
Des enfants, que j’ai vus parcourant mes forêts,
Subir sans le savoir de célestes attraits ;
Je les ai vus s’asseoir, pensifs et solitaires,
Et de mon grand poème épeler les mystères !

Dans leur enthousiasme, ils portaient leur regard.
Sur chaque frêle objet, qui se tient à l’écart,
Cherchant à s’élever, en soulevant mes voiles,
Du brin d’herbe à la fleur, et des fleurs aux étoiles. —
Oh ! que de cœurs profonds, lassés d’un monde vain,
Aspireraient la paix de ton esprit divin ;
Et rallumant le feu sur ton autel mystique,
Par toi feraient briller la gloire érémitique.
Viens ! j’ai des lacs d’azur, aussi grands que des mers.,
Semés d’îles sans nombre et bordés d’arbres verts.
De l’ardente vapeur sans emprunter la force,
J’ai pour nous transporter la nacelle d’écorce ;
Pour abriter les tiens, j’ai mes arbres fruitiers ; —
Des sauvages tribus nous suivrons les sentiers. —
Autrefois, j’ai nourri, dans leurs courses lointaines,
Et j’ai désaltéré de l’eau de mes fontaines,
Les rudes Pionniers, les sauvages trappeurs,
Troublant de mes forêts les sombres profondeurs.
Attentive à le suivre, en ma sollicitude,
De mes brillants oiseaux peuplant sa solitude,
En tous lieux, j’ai veillé, sans un jour d’abandon,
Sur mon peintre inspiré, l’immortel Audubon !
Des fruits de mes forêts, des poissons de mes fleuves,
Dans leur pèlerinage et leurs longues épreuves,
En tous temps, j’ai nourri mes nomades enfants,
Et le flot grossissant de pâles immigrants.
J’ai veillé sur vous tous, mes fils enthousiastes,
Boon, Irving et Cooper, — et vous, poètes chastes,
Que j’ai vus, dans la sainte et première ferveur,
Venir vous inspirer de mon esprit rêveur :
N’aurais-je pas le même amour pour les ascètes,
En foule s’ils venaient habiter mes retraites ?
Qu’ils viennent, dans la paix, me servir en priant :
L’Occident est plus riche en fruits que l’Orient !
Moi, nourrice féconde, immortelle Nature,
Moi qui veille avec soin sur chaque créature,
Je laisserais périr l’ermite qui viendrait
Pour habiter en paix un coin de la forêt ;
Pour se construire, là, loin de tout vain tumulte,
Une cellule étroite, en mon royaume inculte ?
Quoi ! j’oublîrais l’ermite et je nourris l’oiseau ?
Non ! j’aurais pour Élie un fidèle corbeau !
Le désert fleurirait, tressaillant d’allégresse,
Sous le pas virginal de la sainte ermitesse ;
Auprès de son abri, couvert de latanier,
Pour elle mûrirait la noix du pacanier,
La plaquemine d’or et la douce assimine,
Et du rare soco la grappe purpurine ;
Pour elle, au fond des bois où l’homme ne vit pas,
Un Ange servirait d’ascétiques repas. —

Viens, parmi mes enfants établissant ton règne,
Réaliser l’amour que l’Évangile enseigne :
Oh ! que de cœurs d’élite, avant la puberté,
Consacreront par vœux leur vierge liberté !
Dans leur amour divin, déjà plus d’une sainte,
Jusqu’à l’ivresse ont bu le calice d’absinthe ;
Déjà le Lys, la Rose et Tëgahgouita
Ont frayé le sentier qui mène au Golgotha !
Je sais des cœurs, éclos sous mes diverses zones,
Des cœurs battant pour Dieu dans des seins d’amazones ;
Des cœurs qui pour agir n’attendent que ta voix,
Et qui reproduiraient les vertus d’autrefois :
 Viens, Reine d’Orient, mystique Solitude,
Qu’accompagnent partout la prière et l’étude ;
Il est un de mes fils, épris de tes attraits,
Qui te réserve un temple au fond de mes forêts :
Dès l’enfance, un instinct l’éloigna de la foule ;
Il aime les sentiers que nul mortel ne foule ;
Il te rêve et te chante, il t’appelle et t’attend ;
Il a prophétisé ton règne en Occident :
Viens consacrer ce cœur à ton autel rustique ;
Pour lui, viens ériger un cloître érémitique ;
À ce cœur, en secret, découvre ta beauté :
Pour n’aimer que toi seule, il a fui la cité ;
Il a fui sans regrets la foule et le tumulte,
Pour s’unir à toi seule en mon royaume inculte.



la solitude religieuse.


Amérique, salut ! — Je bénis tes climats ;
De tes fils au désert je viens guider les pas ;
Je viens aux cœurs fervents préparer des retraites,
Ouvrir la Thébaïde à tes anachorètes !
Saintement orgueilleuse, un jour, en m’écriant : —
L’Occident est plus riche en fruits que l’Orient ! —
Avec toi je lirai, sous la voûte azurée,
De tes milliers de saints la Légende Dorée !
Amérique, salut ! — Je viens a toi ; je viens,
Pour mon règne nouveau, choisir parmi les tiens…
 Et toi, Premier Ermite, humble et chaste poète,
Austère enfant des bois, toi qui fus mon prophète ;
Toi, dont le cœur constant a su me pressentir ;
Toi qui, dans ton amour, me chantais en martyr :
Sois béni, mon élu ! ton épreuve s’achève ;
Tu vas réaliser ton prophétique rêve !
L’heure approche où la gloire, aux ombres succédant,
Jettera son éclat sur l’immense Occident !
Tu verras par l’amour les retraites tranquilles,
Les déserts se peupler, en dépeuplant les villes ;
Les déserts luire encor, sous mon règne plus pur,
D’autant d’astres que l’Ange en sème dans l’azur !

De l’Amérique en fleur, salut, Premier Ermite,
Ascète pionnier, Antoine Calybite !
Au nom du Beau, du Bien et de la Vérité,
Contre un siècle avili ta voix à protesté :
Ah ! qu’importe à ton cœur sa haine ou sa vengeance,
Son injustice hostile ou son indifférence ?
N’as-tu pas, pour charmer tes sentiers lumineux,
Les fleurs, les chants d’oiseaux, les bruits harmonieux,
Tout ce que la Nature, en sa beauté mystique
A de grâce attrayante et d’amour sympathique ?


fin du troisième âge.