L’Antoniade/Notes

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NOTES.


« On raconte que plus d’une fois, dans la mer du Sud, lorsque des voyageurs abordaient dans une île que le pied de l’homme n’avait encore jamais foulée, les animaux qu’elle renfermait, frappés de cette apparition inaccoutumée, accouraient poussés par l’étonnement et la curiosité. Les oiseaux, sortant de l’épaisseur des forêts, volaient autour des étrangers, et se posaient sur leurs épaules. Les habitants de l’abîme eux-mêmes, les chiens de mer par exemple, montaient sur le rivage, et regardaient d’un œil stupéfait la nouvelle merveille. Il en est ainsi pour ceux qui marchent par des sentiers solitaires, et dont la vie se distingue de la vie commune et vulgaire. Pendant quelque temps, ils restent ignorés ; mais lorsqu’on les découvre enfin, aux traces lumineuses que laissent après eux leurs pas, tous alors accourent auprès d’eux. On les regarde, on les examine ; chacun veut sonder l’esprit qui les pousse ; chacun explique à sa manière le mystère qu’il a sous les yeux. C’est de la folie, de la supercherie, de l’illusion, de la magie naturelle, du magnétisme. En un mot, on cherche la cause de ces phénomènes partout excepté où elle est. Aussi après tous ces essais et toutes ces investigations, le mystère échappe à cette sagesse mondaine, qui semble craindre d’apercevoir ici-bas l’intervention de Dieu. Pour ceux qui sont soumis à ces sortes d’examens, ce sont des victimes qu’on étend comme des cadavres que l’on veut disséquer, et à qui l’on permet à peine de tressaillir sous le scalpel qu’on enfonce en leur sein. Conduits par des voies inaccoutumées, il faut qu’ils se résignent à être pour le monde un objet de scandale ; et ils ne peuvent MÊME pas essayer de se justifier. »
(La Mystique Divine, par Görrès, Liv. II, ch. viii.)


Ce qu’a dit Görrès des Saints qui ne suivent pas les voies communes, on peut le dire d’un livre qui ne défend pas les vérités populaires : Ce livre est excentrique, intempestif, inopportun ; il est inspiré par l’imagination, par l’enthousiasme ; c’est du naturalisme, c’est de la poésie ! Oui, il se trouve toujours et partout des juges d’un esprit sûr et pratique pour mettre à l’index toute production qui ne porte pas le cachet banal de leur froide et prosaïque routine, de leur égoïste et exclusive charité : ô présomptueuse ignorance et orgueilleuse témérité des prétendus habiles ! ô sacrilège audace de l’aveugle sottise !

Les quelques mots Indiens, que nous avons semés dans le cours de notre ouvrage, sont tirés de l’idiome Chactas ; nous les donnons ici, avec leur signification française :

Tal-Oché, Tuli-ushi, nom d’un bayou, qui signifie petites pierres, graviers.

Taloa, chant, chant poétique ; poète, chantre.

Nakfé, nakfi, frère.

Itibapishi ma, frère de la même cabane, frère de choix.

Péni, pirogue, bateau.

Louak, luak, feu.

Péni-Louak, pirogue de feu, bateau à vapeur.

Na-houllo, na-hullo, un blanc, un pâle-visage.

Tèque, tek, féminin, femelle.

Na-houllo tèque, na-hullo tek, femme blanche.

Oula, ola, chant, chant d’oiseau.

Tchouka-nak-bila, chuka-nak-bila, Whip-poor-will.

Tchouka, chuka, cabane, maison.

Ianash, bison, buffalo.

Tchouka-hanta, chuka-ahanta, calybite, qui habite une cabane.

Atchoukma, achukma, bon, beau.

Hopâki, hopahki, loin, éloigné.

Oka homi, toute liqueur forte.

Watounla, watunla, grue.

Laleshké, adieu.

Tamaha, tumaha, ville.



fin