L’Éternel Mari/11

Traduction par Nina Halpérine-Kaminsky.
Librairie Plon (p. 157-172).

XI. Pavel Pavlovitch veut se marier


En même temps qu’il répondait « bonjour », Veltchaninov fut surpris de ce qu’il ressentait. Il lui paraissait étrange de voir, à présent, cet homme sans la moindre colère, et d’éprouver à son égard quelque chose de nouveau, comme une velléité d’autres sentiments.

— La belle soirée ! fit Pavel Pavlovitch en le regardant au fond des yeux.

— Vous n’êtes donc pas encore parti ! reprit Veltchaninov, sur le ton d’une réflexion plus que d’une question ; et il continua de marcher.

— Il y a eu du retard, mais j’ai enfin une place avec augmentation. Je partirai sûrement après-demain.

— Vous avez obtenu une place ? fit Veltchaninov ; et, cette fois, c’était bien une question.

— Mais pourquoi pas ? répondit Pavel Pavlovitch, avec une grimace.

— Mon Dieu, je disais cela en l’air… s’excusa-t-il, en fronçant les sourcils.

Et il jeta un coup d’œil oblique sur Pavel Pavlovitch.

Il fut vivement surpris en s’apercevant que le costume, le chapeau au crêpe, et tout l’extérieur de M. Trousotsky étaient incomparablement plus convenables que deux semaines auparavant. « Mais pourquoi diable se trouvait-il dans cette auberge ? » songea-t-il.

— Il faut encore, Alexis Ivanovitch, que je vous fasse part d’une autre grande joie, reprit Pavel Pavlovitch.

— Une joie ?

— Je me marie.

— Comment ?

— Après la tristesse la joie… ainsi va la vie ! J’aurais bien voulu, Alexis Ivanovitch… Mais je crains… vous êtes pressé, vous avez l’air…

— Oui, oui, je suis pressé, et puis… je ne me sens pas très bien.

Il lui vint brusquement un désir violent de se débarrasser de l’autre : toutes ses dispositions plus sympathiques s’évanouissaient du coup.

— Eh oui ! j’aurais bien voulu…

Pavel Pavlovitch ne dit pas ce qu’il aurait bien voulu ; Veltchaninov se taisait.

— Mais, en ce cas, ce sera pour une autre fois, quand j’aurai la bonne fortune de vous rencontrer…

— Oui, oui, une autre fois, dit très vite Veltchaninov, sans le regarder et sans s’arrêter.

Ils se turent une minute ; Pavel Pavlovitch continuait de marcher à ses côtés.

— Eh bien ! donc, au revoir, dit-il enfin.

— Au revoir ; j’espère…

Veltchaninov rentra chez lui, de nouveau bouleversé. Le contact de « cet homme » lui était décidément insupportable. C’était plus fort que lui. En se couchant, il se demandait encore : « Que faisait-il donc près du cimetière ? »

Le lendemain matin, il résolut enfin d’aller voir les Pogoreltsev, il s’y décida sans plaisir : toute sympathie lui était maintenant à charge, même la leur. Mais ils étaient si inquiets de lui qu’il fallait absolument y aller. Il eut soudain l’idée qu’il éprouverait un grand embarras à les revoir. « Irai-je ou n’irai-je pas ? » songeait-il, en achevant rapidement de déjeuner, lorsqu’à son très grand étonnement Pavel Pavlovitch entra.

Malgré la rencontre de la veille, il s’attendait si peu à ce que cet homme se représenterait chez lui, et fut si déconcerté, qu’il le regarda sans trouver un mot à lui dire. Mais Pavel Pavlovitch ne fut pas le moins du monde embarrassé ; il le salua, et s’assit sur cette même chaise sur laquelle il s’était assis à sa dernière visite, il y avait trois semaines. Le souvenir de cette visite revint aussitôt à l’esprit de Veltchaninov : il regarda son hôte avec inquiétude et dégoût.

— Vous êtes surpris ? commença Pavel Pavlovitch, qui remarqua le regard de Veltchaninov.

Son attitude était plus dégagée que la veille, et, en même temps, il était manifeste qu’il était plus intimidé. Ses dehors étaient tout à fait curieux. Il était mis avec une extrême recherche : jaquette d’été, pantalon clair, collant, gilet clair, gants ; lorgnon d’or, linge irréprochable ; même sa personne était toute parfumée. Tout ce personnage avait quelque chose de ridicule et, en même temps, de bizarre et de déplaisant.

— Parfaitement, Alexis Ivanovitch, poursuivit-il en s’inclinant, ma venue vous surprend, et je m’en aperçois. Mais il y a des gens entre qui j’estime qu’il persiste toujours quelque chose… ne pensez-vous pas ? quelque chose de supérieur à toutes les éventualités et à tous les désagréments qui peuvent se produire… ne pensez-vous pas ?

— Voyons, Pavel Pavlovitch, je vous prie de me dire très vite et sans phrases ce que vous avez à me dire, fit Veltchaninov, en fronçant les sourcils.

— Voici, en deux mots : je me marie ; je vais de ce pas chez ma fiancée, à la campagne. Je voudrais que vous me fissiez le très grand honneur de me permettre de vous présenter dans cette maison, et je suis venu vous prier, vous supplier — et il inclina la tête, humblement — de m’accompagner…

— Vous accompagner où ? dit Veltchaninov, les yeux écarquillés.

— Chez eux, à leur campagne. Excusez-moi, je m’exprime mal, avec une précipitation fébrile, gauchement ; mais j’ai si peur que vous me refusiez !

Et il regardait Veltchaninov d’un œil lamentable.

— Vous voulez que je vous accompagne tout de suite chez votre fiancée ? dit Veltchaninov ébahi, et n’en croyant ni ses oreilles ni ses yeux.

— Oui, dit Pavel Pavlovitch, tout craintif. Je vous prie, Alexis Ivanovitch, ne vous fâchez pas ; ne voyez pas là de l’audace, mais simplement une prière, bien humble. J’ai rêvé que peut-être vous ne m’opposeriez pas un refus…

— D’abord, c’est tout à fait impossible, répondit Veltchaninov, avec agitation.

— Pourtant c’est mon désir le plus vif, reprit l’autre d’un ton suppliant, et je ne vous en cacherai pas le motif. Je ne voulais vous le dire qu’ensuite, mais je vous prie, très humblement…

Et il se leva, respectueusement.

— Mais de toute façon, c’est impossible, avouez-le !…

Veltchaninov s’était levé à son tour.

— Mais si, Alexis Ivanovitch, c’est parfaitement possible. Je voulais vous présenter comme un ami. Et puis, on vous connaît déjà, là-bas. Il s’agit du conseiller d’État, M. Zakhlébinine.

— Comment !… fit Veltchaninov avec surprise.

C’était le conseiller d’État qu’il avait inutilement cherché à atteindre deux mois auparavant, et qui représentait dans son procès la partie adverse.

— Mais oui, mais oui, — dit Pavel Pavlovitch en souriant, comme si la vive surprise de Veltchaninov lui donnait courage, — mais oui, c’est lui-même, vous vous rappelez bien, celui avec qui vous causiez quand je vous ai regardé, et que je me suis arrêté. J’attendais pour l’aborder que vous l’eussiez quitté. Nous avons été collègues, il y a douze ans, et quand j’ai voulu l’aborder, après vous, je n’avais encore aucune idée… L’idée m’est venue tout d’un coup, il y a huit jours.

— Mais, dites-moi donc, il me semble que ce sont des gens tout à fait bien ? reprit Veltchaninov, avec un étonnement naïf.

— Sans doute, et puis après ? dit Pavel Pavlovitch, en faisant la grimace.

— Oh rien ! ce n’est pas du tout que… c’est seulement que je croyais avoir remarqué, lorsque j’ai été chez eux…

— Oh ! ils se rappellent très bien que vous êtes allé chez eux, interrompit Pavel Pavlovitch avec un empressement joyeux ; seulement, vous n’avez pas vu la famille. Le père se souvient de vous, et fait grand cas de vous. Je lui ai parlé de vous dans les termes les plus chauds.

— Mais comment se fait-il que veuf depuis trois mois seulement…

— Oh ! le mariage n’aura pas lieu tout de suite ; seulement dans neuf ou dix mois, et alors mon deuil sera fini. Soyez-en persuadé, tout cela ira très bien. D’abord Fédoséi Petrovitch me connaît depuis l’enfance, il a connu ma femme, il sait comment j’ai vécu, il sait toute ma carrière ; et puis, j’ai quelque fortune, et voici que j’obtiens une place avec de l’augmentation : tout va bien.

— Et c’est sa fille…

— Je vous raconterai tout cela en détail, dit Pavel Pavlovitch du ton le plus aimable ; laissez-moi allumer une cigarette. Et puis, vous verrez vous-même, aujourd’hui. Vous savez, ici, à Pétersbourg, il arrive souvent qu’on évalue la fortune de fonctionnaires comme Fédoséi Petrovitch d’après l’importance de leurs fonctions. Eh bien ! sauf ses appointements et le reste — suppléments de toute sorte, gratifications, indemnités de logement et de nourriture, et casuel —, il n’a pas le moindre capital. Ils vivent très largement, mais impossible de mettre de côté, avec une famille aussi nombreuse. Pensez donc : huit filles, et un fils encore tout jeune. S’il venait à mourir, il ne leur resterait qu’une misérable pension. Et huit filles ! Songez donc ! quand il faut seulement une paire de bottines pour chacune, voyez ce que cela fait ! Cinq sont bonnes à marier : l’aînée a vingt-quatre ans (une charmante fille, vous verrez) ; la sixième a quinze ans, et est encore au lycée. Voilà donc cinq filles à qui il faut trouver des maris, et pas trop tard : il faut que le père les mène dans le monde, et vous imaginez ce que cela coûte ! Et puis, voilà que tout à coup je me suis présenté comme prétendant, et il me connaissait depuis longtemps, et il savait l’état de ma fortune… Et voilà !

Pavel Pavlovitch avait raconté tout cela avec une sorte d’ivresse.

— C’est l’aînée que vous avez demandée ?

— Non… pas l’aînée ; j’ai demandé la sixième, celle qui est encore au lycée.

— Comment ? fit Veltchaninov, avec un sourire involontaire. Mais vous venez de me dire qu’elle a quinze ans !

— Quinze ans maintenant ; mais dans dix mois elle en aura seize, seize ans et trois mois, et alors !… Seulement, comme ce ne serait pas convenable, elle ne sait rien, et ce n’est arrangé qu’avec les parents… N’est-ce pas que tout cela est très bien ?

— Alors, il n’y a rien de décidé ?

— Décidé ? Si ! tout est décidé. N’est-ce pas que c’est bien ?

— Et elle ne sait rien ?

— C’est-à-dire que, par convenance, on ne lui en parle pas ; mais elle doit s’en douter, fit Pavel Pavlovitch avec un aimable clignement d’œil. Eh bien ? vous me ferez cette faveur, Alexis Ivanovitch ? conclut-il, très humblement.

— Mais que voulez-vous que j’aille faire là-bas ? Et puis, ajouta-t-il très vite, comme de toute façon je n’irai pas, inutile de chercher des raisons qui puissent me décider.

— Alexis Ivanovitch…

— Voyons, est-ce que je puis aller me présenter avec vous ? Réfléchissez donc !

Un moment distrait par le bavardage de Pavel Pavlovitch, il se sentait repris de son antipathie et de son aversion. Encore un peu, et il l’aurait jeté à la porte. Il était mécontent de lui-même.

— Voyons, je vous en prie, Alexis Ivanovitch, asseyez-vous là, près de moi, et ne vous agitez pas, — supplia Pavel Pavlovitch d’une voix pleurante. — Non, non ! ajouta-t-il, répondant à un geste résolu de Veltchaninov, non, Alexis Ivanovitch, ne refusez pas ainsi, définitivement !… Je vois que vous avez dû me comprendre mal : je sais trop bien que nous ne pouvons être camarades : je ne suis pas assez bête pour ne pas le sentir. Le service que je vous demande ne vous engage nullement pour l’avenir. Je partirai après-demain, pour toujours : ce sera comme s’il n’y avait rien eu. Ce sera un fait isolé, sans lendemain. Je suis venu à vous, confiant dans la noblesse de vos sentiments que peut-être les derniers événements ont réveillés dans votre cœur… Vous voyez avec quelle sincérité je vous parle : direz-vous encore non ?

Pavel Pavlovitch était prodigieusement agité ; Veltchaninov le regardait avec stupéfaction.

— Vous me demandez un service d’une telle nature, et vous insistez d’une manière si pressante que vous me mettez nécessairement en défiance. Je veux en savoir davantage.

— L’unique service que je vous demande, c’est que vous m’accompagniez. Au retour, je vous dirai tout, comme à un confesseur. Alexis Ivanovitch, ayez confiance en moi.

Mais Veltchaninov persistait à refuser. Il refusait avec d’autant plus d’obstination qu’il sentait monter en lui une pensée mauvaise et méchante. Elle avait germé sourdement en lui dès que Pavel Pavlovitch avait commencé à lui parler de sa fiancée : était-ce une simple curiosité, ou quelque autre impulsion encore obscure ? Toujours est-il qu’il sentait comme une tentation de consentir. Plus la tentation grandissait, plus il s’obstinait à y résister. Il restait assis, accoudé et songeur, et Pavel Pavlovitch insistait, le suppliait, le harcelait de cajoleries.

— Allons, c’est bien, j’irai ! dit Veltchaninov en se levant, avec une agitation presque anxieuse.

Pavel Pavlovitch déborda de joie.

— Vite, Alexis Ivanovitch, habillez-vous !

Et il tournait autour de lui, exultant.

« Et pourquoi donc y tient-il tant ? Le drôle d’homme ! » songeait Veltchaninov.

— Et puis, Alexis Ivanovitch, il faut que vous me rendiez encore un autre service. Vous consentirez à me donner un bon conseil.

— À quel propos ?

— Voilà, c’est une grave question : mon crêpe. Qu’est-ce qui est le plus convenable, l’ôter ou le garder ?

— Comme vous voudrez.

— Non pas, il faut que vous en décidiez. Que feriez-vous à ma place ? Mon avis, à moi, c’était qu’en le conservant je faisais preuve de constance dans mes affections, et que cela me poserait bien.

— Il faut évidemment l’ôter.

— Est-ce si évident que cela ?… (Pavel Pavlovitch, un moment, resta pensif.) Eh bien ! non, j’aimerais mieux le garder…

— Comme vous voudrez !…

« Alors, il n’a pas confiance en moi, cela va bien », songea Veltchaninov.

Ils sortirent. Pavel Pavlovitch regardait avec satisfaction Veltchaninov, qui avait très bon air ; il se sentait plein de considération et de respect. Veltchaninov ne comprenait rien à son compagnon, moins encore à lui-même. Une voiture élégante les attendait à la porte.

— Comment, vous aviez pris une voiture à l’avance ! Vous étiez donc certain que j’irais avec vous ?

— Oh ! j’avais pris la voiture pour moi-même, mais j’étais sûr que vous consentiriez, répondit Pavel Pavlovitch, du ton d’un homme entièrement satisfait.

— Dites donc, Pavel Pavlovitch, fit Veltchaninov, un peu nerveux, une fois qu’ils furent en route, n’êtes-vous pas un peu trop sûr de moi ?

— Mais voyons, Alexis Ivanovitch, ce n’est pas vous qui en conclurez que je suis un sot ? répondit Pavel Pavlovitch, gravement, d’une voix forte.

« Et Lisa ! » songea Veltchaninov. Et aussitôt il repoussa cette idée, comme un sacrilège. Il lui sembla tout à coup qu’il se conduisait d’une manière mesquine et misérable ; il lui sembla que la pensée qui l’avait tenté était une pensée si méprisable, si basse !… Et il eut un violent désir de tout planter là, de sauter hors de la voiture, dût-il se débarrasser de Pavel Pavlovitch par la force. Mais celui-ci se remit à parler, et de nouveau la tentation s’empara de son cœur.

— Alexis Ivanovitch, vous y connaissez-vous en bijoux ?

— Quels bijoux ?

— En diamants.

— Mais oui.

— Je voudrais bien apporter un cadeau. Conseillez-moi : faut-il ou non ?

— À mon avis, ce n’est pas nécessaire.

— C’est que je le désirerais tant ! Seulement voilà, je ne sais qu’acheter. Faut-il prendre toute la parure, broche, boucles d’oreilles et bracelet, ou seulement un petit objet ?

— Combien voulez-vous y mettre ?

— Quatre ou cinq cents roubles.

— Diable !

— Vous trouvez que c’est beaucoup ? fit avec inquiétude Pavel Pavlovitch.

— Prenez donc un bracelet de cent roubles.

Cela ne faisait pas l’affaire de Pavel Pavlovitch. Il voulait payer plus cher, et acheter une parure complète. Il tint bon. Ils s’arrêtèrent devant un magasin. Ils finirent par acheter simplement un bracelet, non pas celui qui plaisait le plus à Pavel Pavlovitch, mais celui que choisit Veltchaninov. Pavel Pavlovitch fut très mécontent lorsque le marchand, qui avait demandé cent soixante-quinze roubles, le lui laissa pour cent cinquante : il en aurait volontiers donné deux cents si on les lui avait demandés, tant il désirait payer cher.

— Il n’y a aucun inconvénient à ce que je fasse des cadeaux dès à présent, dit-il avec empressement lorsqu’ils se furent remis en route : ce n’est pas du grand monde, ce sont des gens très simples… L’âge innocent aime les cadeaux, ajouta-t-il avec un sourire malin et gai.

— Tout à l’heure, vous avez eu une surprise, Alexis Ivanovitch, quand je vous ai dit qu’elle a quinze ans ; mais c’est justement là ce qui me trotte par la tête, cette fillette qui va au lycée, la serviette sous le bras, avec ses cahiers et ses plumes, hé ! hé !… C’est cela qui m’a conquis. Moi, voyez-vous, Alexis Ivanovitch, je suis pour l’innocence. L’important, pour moi, c’est moins la beauté du visage que cela. Des fillettes qui rient aux éclats, dans un coin, et pourquoi ? mon Dieu ! parce que le petit chat a sauté de la commode sur le lit et a roulé comme une boule… Cela vous a un bouquet de petites pommes fraîches !… Mais voyons, faut-il ôter le crêpe ?

— Comme vous voudrez.

— Ma foi, je l’ôte !

Il prit son chapeau, arracha le crêpe et le jeta sur la chaussée. Veltchaninov vit dans ses yeux comme un clair rayon d’espérance au moment où il remit son chapeau sur sa tête chauve.

« Mais, enfin, songea-t-il avec mauvaise humeur, qu’y a-t-il de sincère dans les airs qu’il se donne ? Que signifie, au fond, l’insistance qu’il a mise à m’emmener ? A-t-il vraiment la confiance qu’il dit en la générosité de mes sentiments ? (Et cette hypothèse lui faisait presque l’effet d’une offense.) Au bout du compte, est-ce un farceur, un imbécile ou un "éternel mari" ? Dans tous les cas, c’est intolérable, à la fin ! »