Histoire d’une Parisienne/IV

Calmann Lévy (p. 52-77).
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IV


Rien ne trouble plus profondément notre être moral que de découvrir les défaillances de ceux qui personnifient pour nous le bien et l’honneur, qu’ils soient nos parents, nos amis ou nos maîtres. Quand nous cessons d’estimer ceux en qui nous avions placé notre confiance et nos respects, nous sommes portés à douter des vertus mêmes dont ils étaient pour nous l’image sensible. Les fausses idoles nous font suspecter la religion elle-même.

Ce fut par cette raison, spécieuse, mais très humaine, que madame de Maurescamp, après avoir reconnu amèrement l’indignité morale de son amie, tomba dans des doutes et des découragements aussi pénibles que dangereux. D’un caractère trop élevé pour rompre avec éclat une amitié qui lui avait été si chère et qui était si publique, elle n’en sentit pas moins aussitôt que cette amitié n’était plus. Elle avait sans doute aimé chez madame d’Hermany ses qualités réelles, mais encore plus celles dont elle l’avait douée. L’auréole radieuse qu’elle lui avait mise au front était à jamais éteinte, et même éteinte dans la boue comme un soleil de feu d’artifice.

Elle lui eût pardonné un amour, même coupable, qui eût été justifié par son objet ; elle lui eût pardonné Pétrarque, Dante ou Gœthe, mais elle ne lui pardonnait pas le beau Saville. Elle ne lui pardonnait pas son affectation hypocrite à le couvrir de ridicule ; elle ne lui pardonnait pas surtout d’avoir tenté de la démoraliser elle-même, en lui exposant, avec un orgueil de démon, ses théories perverses ; elle le lui pardonnait d’autant moins qu’elle sentait qu’elle avait à demi réussi, et que, peu à peu, le poison faisait du chemin dans ses veines.

En effet, sous l’impression de ce nouveau désenchantement, Jeanne de Maurescamp porta désormais dans le monde moins d’illusions et d’optimisme qu’autrefois. Elle observa d’un œil plus expérimenté ce qui se passait autour d’elle ; beaucoup de propos, qu’elle avait traités de calomnies, lui parurent vraisemblables ; beaucoup de commerces qu’elle avait jugés innocents, lui devinrent suspects. Après avoir vu dans le monde plus de vertus qu’il n’y en a, elle commença à n’y en plus voir du tout. Elle commença à se demander si elle n’était pas vraiment, comme l’avait dit madame d’Hermany, seule de son espèce, si ses sentiments et ses idées sur la vie, et, en particulier, sur l’amour, n’étaient pas uniquement le produit d’une éducation artificielle et d’une imagination dupée par les mensonges des poètes, — si enfin le plaisir, tel quel, ne valait pas mieux que rien. — C’est un spectacle touchant et plein d’émotion que celui d’une honnête jeune femme, arrivée à cette étape presque inévitable de la vie mondaine, se débattant dans ces angoisses, et sur le point de tomber brusquement d’un excès idéal dans un excès de réalité.

Outre les philosophes, il y a toujours bon nombre de curieux pour suivre avec intérêt ces sortes de petits drames. Le monde est plein de gens qui n’ont rien de mieux à faire, qui espèrent d’ailleurs trouver leur compte au dénouement, et qui s’ingénient en conséquence pour le hâter. Un des plus ingénieux en ce genre était alors le vicomte de Monthélin, fort connu dans la haute société parisienne. M. de Monthélin aimait exclusivement l’amour, et c’était déjà, pour lui, un titre aux yeux des dames. Il ne jouait pas, ne fumait pas, n’allait que rarement au cercle. Quand, après dîner, tous les convives mâles se rendaient au fumoir, il restait avec les femmes. Tout cela lui donnait de grands avantages, et il en abusait avec plaisir. Il n’était plus jeune, mais il était encore élégant, beau diseur, avec des airs chevaleresques et un cœur qui était une véritable sentine de corruption. Il avait consacré son existence, déjà longue, à flairer les ménages en détresse et à les achever. C’était sa spécialité. Deux ou trois duels heureux, — dont un avec le comte Jacques de Lerne, qui l’avait appelé le Requin des salons, — avaient mis le comble à sa réputation.

Dans l’hiver qui suivit la saison passée à Deauville par les deux jeunes amies, il fut évident que M. de Monthélin regardait madame de Maurescamp comme une proie à peu près mûre. On le vit resserrer ses liens d’amitié avec M. de Maurescamp, en même temps qu’il resserrait le cercle de ses opérations autour de sa femme. Les visites chez elle, à l’entre chien et loup, devinrent plus fréquentes ; il s’arrangea de façon à la croiser au Bois le matin, et se présenta régulièrement dans sa loge, le vendredi à l’Opéra, et le mardi aux Français.

Dans son profond énervement moral, et dans son esseulement désespéré, Jeanne subissait, presque sans se défendre, la fascination qu’exerce presque toujours sur son sexe la volonté fixe et déterminée d’un homme. Elle se sentait peu à peu prise de vertige au milieu des évolutions savantes et continues que M. de Monthélin décrivait autour d’elle. Elle ne tarda pas à lui accorder les menues faveurs qui sont le prélude ordinaire d’un abandon complet. Ce fut ainsi qu’elle prit l’habitude de l’informer des visites qu’elle comptait faire, des maisons où il pouvait la rencontrer dans la journée ; elle lui indiquait aussi les heures où il avait le plus de chances de la trouver seule chez elle ; dans les bals, comme il ne dansait pas, elle lui réservait quelques danses assises, c’est-à-dire des occasions de tête-à-tête derrière l’éventail, sous l’ombre d’un rideau ou sous les feuillages d’une serre. Ces manèges, faute de mieux, lui causaient une sorte de trouble qui l’occupait ; l’émotion du danger, en agitant ses nerfs, lui donnait l’illusion d’un intérêt de cœur. Bref, la pauvre et noble Jeanne était vraisemblablement à la veille de la plus vulgaire des chutes, quand un nouveau personnage intervint dans l’action.

C’était une femme, — une vieille femme, — la comtesse de Lerne, mère de ce Jacques de Lerne qui avait été blessé en duel, quelques années auparavant, par M. de Monthélin. Madame de Lerne avait toujours été une femme sans principes, mais sans méchanceté, quoique pleine d’esprit. Elle avait eu le bon goût de ne pas devenir prude après avoir été plus que coquette. Son indulgence pour les faiblesses qu’elle avait connues, sa bonne humeur, son bon conseil, sa situation de famille et de fortune, lui assuraient, malgré les souvenirs fort vifs de sa jeunesse, une sympathie générale. Elle avait un salon très recherché, où elle réunissait des hommes distingués appartenant à la politique, à la littérature et aux arts. Elle leur adjoignait quelques jolies femmes pour orner le paysage. Jeanne de Maurescamp, avec son élégante beauté et sa supériorité timide, était un des charmes de ce salon modèle, et il n’y avait pas d’attentions et de flatteries que la vieille comtesse ne lui prodiguât pour l’y attirer et l’y retenir. Elle avait pour cela deux raisons : la première, fort avouable, était de rehausser l’éclat de ses réceptions ; la seconde, moins orthodoxe, était de faire de madame de Maurescamp la maîtresse de son fils.

Elle avait perdu, il y avait sept ou huit ans, l’aîné de ses fils, Guy de Lerne ; le second, Jacques, sortait de Saint-Cyr quand son frère mourut. Voyant sa mère seule, il avait donné sa démission pour vivre auprès d’elle. C’était un jeune homme très bien doué, qui eût certainement pu, s’il l’eût voulu, pousser ses dons naturels jusqu’au talent. Il peignait des aquarelles fort agréablement. Mais il était surtout excellent musicien, et quelques-unes de ses compositions, valses, berceuses, symphonies, étaient d’un mérite tout à fait supérieur. Mais soit indolence naturelle, soit découragement de sa carrière brisée, il était demeuré un simple dilettante, et de plus il était devenu un assez mauvais sujet. Excepté chez sa mère, où le devoir le retenait, on le voyait peu dans le vrai monde, où il ne se plaisait pas, et on le voyait beaucoup dans l’autre où il paraissait se plaire infiniment. Madame de Lerne avait d’abord songé à le marier, il faut lui rendre cette justice : mais elle l’avait trouvé si récalcitrant sur cet article, qu’elle s’était rabattue sur l’idée d’une liaison honorable qui le tirerait du moins de la mauvaise compagnie. Depuis longtemps elle avait jeté les yeux pour ce louable objet sur Jeanne de Maurescamp, dont le sinistre conjugal n’avait pas échappé à sa vieille expérience. Sans entrer à cet égard avec son fils dans des explications malséantes, elle avait donc, autant qu’elle le pouvait, mis sous ses yeux cette séduisante personne, ne négligeant d’ailleurs aucune occasion de relever devant lui ses perfections. Mais Jacques de Lerne, quoique évidemment frappé de l’extrême beauté de Jeanne et de la distinction de son esprit, n’avait paru lui témoigner qu’une curiosité distraite. Ce fut alors que la comtesse, qui surveillait attentivement la jeune femme, la voyant près de tomber sous la serre de M. de Monthélin, résolut de tenter quelque coup héroïque, moitié par intérêt pour son fils, moitié par haine contre l’homme qui avait failli le lui tuer.

Elle écrivit un matin à Jeanne pour l’informer qu’elle irait, sauf contre-ordre, la voir à trois heures, ayant à lui confier quelque chose d’important et d’agréable. Jeanne, un peu étonnée de ce mystère, l’attendit à l’heure dite. Elle la vit entrer dans son boudoir, accompagnée d’un valet de pied qui portait une de ces petites cabanes en vannerie, ornées de passementerie, de franges et de houppes, qu’on fait maintenant pour les chiens. La comtesse elle-même tenait maternellement sur son bras un très petit chien aux longs poils soyeux, une vraie miniature d’épagneul blanc et feu, qu’on disait originaire du Mexique et qui faisait l’admiration et l’envie des connaisseurs.

— Ma toute belle, dit madame de Lerne, vous m’avez dit que vous étiez amoureuse de Toby ?… permettez-moi de vous l’offrir en toute propriété.

Madame de Maurescamp se récria :

— Ah ! est-ce possible ?…

— Je me demandais depuis longtemps, reprit madame de Lerne, ce que je pourrais bien faire pour remercier une jeune et charmante créature comme vous de se montrer si aimable, si bonne, si fidèle pour une vieille amie… C’est si rare… j’en suis si touchée, si touchée !… J’ai été bien heureuse de trouver quelque chose qui puisse vous plaire, je vous assure !

Jeanne ne se rappelait pas très nettement la circonstance où elle avait manifesté sa passion pour Toby, mais enfin elle sentit le prix du sacrifice qu’on lui faisait :

— Ah ! Madame !… chère Madame ! dit-elle toute confuse ; mais comment accepter cela !… elle est si gentille, cette bête, si extraordinaire… mais quelle privation !… Oh ! mon Dieu !… et cette niche délicieuse… Non, vraiment !…

Et, pour achever sa phrase, la gracieuse jeune femme sauta au cou de madame de Lerne, ce qui fit aboyer Toby.

— Viens, mon amour ! dit Jeanne en le prenant dans ses bras et en le couvrant de caresses.

Elles s’assirent, et madame de Lerne, répondant aux questions empressées de Jeanne, lui donna sur la façon de soigner, de nourrir, et même de médicamenter Toby tous les renseignements désirables. — Elle s’informa ensuite de la santé de M. de Maurescamp.

— Au reste, je ne sais pas pourquoi je vous en demande des nouvelles… il n’y a qu’à le regarder… sa santé est exubérante ! c’est un homme superbe !… superbe !… Il fait plaisir à voir, cet homme-là !

— Et monsieur votre fils, demanda Jeanne ; comment va-t-il ?

— Mon fils ?… Ah ! lui, c’est un autre genre… genre délicat ! vous savez ?… Une nature d’artiste !… Mais enfin, s’il n’y avait que cela !

— Mais c’est un très bon fils, dit doucement madame de Maurescamp.

— Oh ! certainement ; pour un bon fils, c’est un bon fils, il n’y a pas de doute !… Et, dites-moi, ma chère petite, êtes-vous libre demain ? C’est mon mercredi… voulez-vous venir dîner avec nous ?… Vous vous trouverez avec votre amie d’Hermany…

— Volontiers… je crois que M. de Maurescamp n’a pas pris d’engagement…

— Parfait, alors !… eh bien ! je compte sur vous deux.

Et madame de Lerne se leva comme pour se retirer : mais auparavant elle fit ses adieux à Toby, et ce fut pour madame de Maurescamp l’occasion d’une nouvelle effusion de reconnaissance… Enfin le mot qu’attendait madame de Lerne et qu’elle eût provoqué au besoin, sortit des lèvres de Jeanne :

— Mon Dieu ! mais qu’est-ce que je pourrais donc faire à mon tour pour vous être agréable ?

Madame de Lerne se retourna brusquement vers elle, et, la regardant avec son aimable sourire de vieille :

— Mariez-moi mon fils ! dit-elle.

— Ah ! cela, par exemple ! s’écria gaiement madame de Maurescamp, c’est une entreprise dont je me reconnais incapable !

— Pourquoi donc ? dit madame de Lerne sur le même ton. Je me figure au contraire que vous en êtes plus capable que qui que ce soit.

Jeanne ouvrit, sans répondre, de grands yeux interrogateurs.

— Vraiment, oui, continua madame de Lerne. Je suis persuadée qu’il prendrait plus volontiers une femme de votre main que de toute autre.

— Mais quelle plaisanterie, chère Madame ! murmura Jeanne en la regardant toujours avec le même air de surprise.

— Je ne plaisante pas… et si vous aviez une sœur qui vous ressemblât, véritablement je crois que l’affaire se ferait tout de suite.

— Je vous assure, dit Jeanne, que je ne vous comprends pas… Monsieur votre fils me connaît à peine !

— Pardon… je vous demande bien pardon… il vous connaît parfaitement… il est très observateur, mon fils… très perspicace… je sais pertinemment qu’il vous apprécie beaucoup… je n’ai pas à insister là-dessus… Mais je suis certaine que, pour cette question du mariage, vous auriez une très grande influence sur lui… très grande influence… et si vous lui recommandiez, je suppose, une jeune personne… une de vos amies… eh bien, je me figure qu’il la prendrait les yeux fermés, ma parole !

— Je n’en crois pas un mot ! s’écria madame de Maurescamp.

— Et moi, j’en suis sûre… Essayez, vous verrez !

Elles se mirent à rire toutes deux.

— Non, sérieusement, reprit la comtesse, pensez-y donc un peu… Cherchez parmi vos amies, vos connaissances… Ah ! vous me rendriez un fier service, allez !

— Mais d’abord je vous dirai, répliqua madame de Maurescamp, qu’il me fait une peur affreuse, monsieur Jacques !

— Allons donc ! s’écria la comtesse, comme stupéfaite.

— Positivement… il a l’air si railleur… il a l’esprit si mordant, si amer… et puis enfin…

La jeune femme parut embarrassée.

— Et puis enfin, c’est un mauvais sujet, n’est-ce pas ?

— Mon Dieu ! je ne sais pas… ça ne me regarde pas.

— Oui, c’est un très mauvais sujet, pardié, c’est certain !… mais, comme tous ces animaux-là, il a un cœur d’or, — et il est charmant par-dessus le marché… Ah ! quelle bonne œuvre vous accompliriez, ma chère enfant, si vous m’aidiez à le tirer des pattes de cette Lucy Mary… car c’est Lucy Mary maintenant, vous savez !

— Ah !

— Oui… de l’Opéra… celle qui fait les pages !… c’est affreux, affreux, ma pauvre enfant !… vous verrez ça plus tard avec monsieur votre fils. En attendant, tâchez de marier le mien, et ça sera gentil tout à fait… et je vous répète que, s’il y a quelqu’un au monde qui soit capable de faire ce miracle-là, c’est vous !… Adieu, ma chère belle !

Elle l’embrassa et, près de la porte, au moment de sortir :

— Vous lui en direz deux mots, demain soir, hein ?

— Dame ! je tâcherai, dit Jeanne.

La comtesse de Lerne se retira alors définitivement, fort satisfaite de sa campagne. — Elle n’avait pas tort de l’être : car, pour la première fois depuis plusieurs mois, l’imagination de Jeanne était occupée d’un autre homme que M. de Monthélin. Elle avait fort bien entendu ce que madame de Lerne avait espéré lui faire entendre par ses insinuations et ses réticences scélérates, à savoir qu’elle avait dans Jacques de Lerne un admirateur fervent. Cela l’étonnait et l’intriguait. — Comment ? Pourquoi ? Quel rapport entre eux ? Elle n’y concevait rien. — Elle s’étendit sur sa chaise longue et se mit à rechercher dans son souvenir les occasions où il l’avait rencontrée, les paroles qu’il lui avait dites, son attitude avec elle et l’expression de ses regards, — afin de trouver dans ces détails quelque chose qui confirmât les révélations mystérieuses de la vieille comtesse. Il était vrai que ce grand jeune homme, froid, spirituel et ennuyé, l’avait toujours beaucoup intimidée : elle se sentait mal à l’aise et inquiète quand il s’approchait d’elle dans un salon. Elle crut se rappeler pourtant qu’il semblait en effet la traiter avec une sorte de courtoisie exceptionnelle, lui épargnant les plaisanteries sarcastiques qu’il ne ménageait guère aux autres femmes. Elle aimait l’idée d’être respectée par ce débauché. Elle évoqua devant elle son beau visage fatigué et hautain, ses yeux pénétrants, ses joues rases, et ses longues moustaches pendantes à la tartare. Elle sourit à la pensée de prendre avec ce personnage, terreur de sa jeunesse, des airs protecteurs et maternels : mais elle se dit que certainement elle n’oserait pas.

Comme elle se livrait à ces rêveries, tout en lissant de sa blanche main les grandes oreilles du petit Toby, la porte s’ouvrit et donna passage à la belle tournure et aux favoris bleuâtres de M. de Monthélin.

Le jeune Toby, qui n’avait jamais vu le Requin des salons, — attendu que M. de Monthélin n’allait pas chez madame de Lerne, — le prit apparemment pour un malfaiteur et témoigna cependant qu’il ne le craignait pas. Il s’élança des genoux de sa maîtresse et se posta bravement devant elle en aboyant de toutes ses forces et en poussant même des pointes sur son ennemi. Rien ne dérange l’entrée d’un galant homme chez une femme, surtout quand il a des prétentions à ses bonnes grâces, comme un puéril incident de ce genre. Jeanne de Maurescamp, qui était aussi fine qu’une autre, et même davantage, ne put s’empêcher de rire du contraste qu’offrait l’air aimable dont M. de Monthélin ne voulait pas se départir, avec l’inquiétude visible que lui causait l’agression de Toby. Ce fut ainsi que Toby, comme s’il fût entré dans le complot de madame de Lerne, contribua pour son humble part à en préparer le succès. Car, après un pareil début, M. de Monthélin comprit qu’une scène d’amour était impossible. Il se borna donc ce jour-là à effleurer avec mélancolie les choses de sentiment et se résigna à caresser Toby, puisqu’il ne pouvait pas l’étrangler.