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Commandant Bernard
(p. 47-49).

CHAPITRE III

ALIMENTATION


Toutes les règles relatives à l’alimentation données par le Manuel d’alpinisme sont applicables au skieur. Toutefois les températures, souvent très froides, auxquelles le skieur alpin est exposé [1] lui imposent plus encore qu’à l’alpiniste d’été d’absorber des aliments graisseux ou sucrés et des boissons réconfortantes, et de prendre des précautions spéciales, pour soustraire les provisions et les liquides à l’action du gel. Ces précautions consisteront dans le choix des aliments les plus résistants au gel, le sucrage plus intensif des boissons, l’utilisation de boîtes et même l’enveloppement de celles-ci dans le linge et les effets en laine. Quand malgré tout le gel se produira, on réchauffera vivres et boissons avec le réchaud à alcool.

Les aliments les plus employés seront, avec le pain, les œufs, les succédanés du lait (fromage et beurre), la viande et les viandes blanches de préférence, le lard, le jambon, le saucisson, les conserves de viande et de poisson (thon, sardine, etc.), les pruneaux, les raisins secs, le chocolat, les biscuits secs, le sucre sous toutes ses formes, confiture, etc., même le sucre pur, qui est l’aliment de résistance par excellence.

« Les raffinés, dit le Manuel d’alpinisme avec Paul Matter, emportent dans les chalets des boîtes de légumes, haricots, petits pois, etc., qu’il suffit de tremper dans l’eau chaude pour avoir une nourriture végétale qui change des viandes de conserve. » Mais c’est là du raffinement et il faut savoir se borner.

Comme boissons, le skieur prendra, avec l’eau de source ou même de la neige fondue, du vin sucré, du café et surtout du thé fort, froid ou chaud, mais jamais d’alcool. Si nous avons prévu une fiole de cognac ou d’alcool de menthe dans le chargement du skieur, c’est à titre de remède pour le cas d’une défaillance ou encore d’une engelure, nécessitant des frictions. On ne saurait trop dire avec tous les hygiénistes : Mort à l’alcool, boisson !

L’absorption de teinture de kola sur quelques grains de sucre, ou de granulés de kola, sera réservée pour le coup de fouet nécessaire aux moments de grande fatigue.

Il faut enfin laisser, pour le choix des aliments et des boissons, une certaine latitude à chacun suivant ses goûts et son tempérament.

Comme l’alpiniste, le skieur mangera peu et souvent (toutes les 3 heures environ). Les repas copieux et succulents ne seront pris qu’après la course et un certain temps de repos.



  1. Nous avons constaté souvent des températures de –20° et même au-dessous sur les hautes altitudes.