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Traduction par J.-Wladimir Bienstock.
Stock (Œuvres complètes, volume 9p. 246-260).


X

— Est-ce qu’il ne t’arrive pas de penser qu’il n’y aura plus rien, rien, que tout ce qui est beau est déjà passé, et que ce n’est pas ennuyeux, mais triste ? dit Natacha à son frère, quand ils se furent installés au divan.

— Oh ! comment donc ? dit-il ; il me semble parfois que tout est bien, tous sont gais, et à moi, il vient en tête que tout cela est ennuyeux et que tout le monde n’a plus qu’à mourir. Une fois, au régiment, je ne suis pas allé en promenade, et, là-bas, la musique jouait et, tout d’un coup, je devins triste…

— Ah ! je sais, je sais, je sais ! reprit Natacha. Cela m’est arrivé, quand j’étais encore toute petite. Tu te rappelles, une fois, on m’avait punie pour des prunes, et, vous tous, vous dansiez, et moi, j’étais dans la salle de classe et je sanglotais. Je ne l’oublierai jamais. J’étais triste et je plaignais tout le monde et moi-même ; tous, tous ; et surtout, je n’étais pas coupable. Tu te le rappelles ?

— Je me le rappelle. Je me souviens que je suis venu te trouver, je voulais te consoler, et tu sais, j’avais honte. Nous étions très drôles. J’avais alors un jouet et j’ai voulu te le donner. Tu te rappelles ?

— Et toi, tu te rappelles, dit Natacha avec un sourire pensif, il y a déjà longtemps, longtemps, nous étions encore tout petits, l’oncle m’appela dans le cabinet de travail, encore dans la vieille maison. Il faisait sombre, nous sommes venus et, là-bas, debout…

— Un nègre, termina, Nicolas avec un sourire joyeux. Comment ne pas me le rappeler ! Jusqu’ici, je ne sais pas même ce que c’était : était-ce un nègre, ou l’avons-nous vu en rêve, ou nous l’a-t-on raconté ?

— Il était gris, tu te rappelles, et les dents blanches…

— Il était debout et nous regardait…

— Vous vous en souvenez, Sonia ? demanda Nicolas.

— Oui, oui, je me rappelle aussi quelque chose, vaguement, répondit timidement Sonia.

— J’ai interrogé papa et maman sur ce nègre, dit Natacha. Ils disent qu’il n’y avait aucun nègre, et toi, voilà, tu te souviens !

— Et comment !… Je me souviens encore des dents, comme si c’était d’aujourd’hui.

— Comme c’est étrange ! C’était comme dans un rêve. J’aime cela.

— Te rappelles-tu, quand nous roulions des œufs dans la salle, et tout d’un coup, deux vieilles femmes arrivèrent et se mirent à se rouler sur le tapis. C’est arrivé ou non ? Rappelle-toi comme c’était bien.

— Oui, et tu te rappelles comme papa, en pelisse bleue, tirait du fusil sur le perron ?

Ils cherchaient, en souriant avec plaisir, non les souvenirs tristes, sombres, mais les souvenirs poétiques, enfantins, ces souvenirs du passé le plus lointain où la vision confine à la réalité ; et ils riaient doucement, avec une joie intime.

Bien que leurs souvenirs fussent communs, Sonia, comme toujours, restait en arrière d’eux.

Elle ne se rappelait plus beaucoup de choses, et même, ce dont elle se souvenait n’excitait plus en elle ce sentiment poétique qu’ils éprouvaient. Elle se réjouissait seulement de leur joie et tâchait de s’y accommoder.

Elle prit part à la conversation seulement quand ils évoquèrent la première arrivée de Sonia. Celle-ci racontait qu’elle avait peur de Nicolas parce que son petit veston avait des cordelières et que ses bonnes lui avaient dit qu’on l’attacherait avec des cordes.

— Moi, je me rappelle qu’on me disait que tu étais née dans un chou, dit Natacha, et je me souviens qu’alors je n’osais en douter, mais je savais pourtant que ce n’était pas vrai, et je me sentais gênée.

Pendant cette conversation, la tête de la femme de chambre se montra dans une porte du fond.

— Mademoiselle, on a apporté le coq, chuchota la bonne.

— Ce n’est plus la peine, Paula, dis qu’on le remporte.

Au milieu de la conversation qui se tenait au divan, Dimmler entra, s’approcha de la harpe qui était dans un coin, ôta la toile qui la couvrait et, de la harpe, sortit un son faux.

— Edouard Carlitch, jouez, s’il vous plaît, mon nocturne favori de Field, fit entendre, du salon, la voix de la vieille comtesse.

Dimmler prit un accord et s’adressant à Natacha, à Sonia et à Nicolas, dit :

— Jeunesse, comme vous êtes tranquille !

— Oui, nous philosophons, fit Natacha en se retournant pour une seconde et continuant la conversation. Ils parlaient maintenant des rêves.

Dimmler se mit à jouer. Natacha, sans bruit, sur la pointe des pieds, s’approcha de la table, prit des bougies, les rapporta et revint doucement s’asseoir à sa place. Dans la chambre et surtout près du canapé où ils étaient assis, il faisait sombre, mais par les grandes fenêtres la lumière du disque argenté de la lune tombait sur le parquet.

— Sais-tu à quoi je pense ? chuchota Natacha en s’approchant de Nicolas et de Sonia, quand Dimmler, ayant déjà terminé, restait assis, touchant faiblement les cordes et se demandant s’il fallait cesser ou recommencer autre chose. Quand on commence à se rappeler tout, tout, alors on se souvient à un tel point, qu’on se rappelle ce qu’on était avant d’être au monde…

— C’est la métempsycose, dit Sonia qui avait toujours bien étudié et se rappelait tout. Les Égyptiens croyaient que nos âmes venaient des animaux et qu’après notre mort, elles y retournaient.

— Non, tu sais, je ne crois pas que nous étions dans les animaux, dit Natacha, toujours en chuchotant, bien que la musique eût cessé. Moi, je suis sûre que nous étions des anges, quelque part là-bas, et c’est pourquoi nous nous rappelons tout ?

— Puis-je me joindre à vous ? demanda doucement Dimmler. Il s’approcha d’eux et s’assit.

— Si nous étions des anges, pourquoi tomberions-nous plus bas ? Non, c’est impossible ! dit Nicolas !

— Pas plus bas, qui te dit que c’est plus bas ? Pourquoi sais-je ce que j’étais auparavant ? répondit Natacha avec conviction. L’âme est immortelle… Alors si j’ai vécu toujours, j’ai vécu aussi aujourd’hui, j’ai vécu toute l’éternité…

— Oui, mais c’est difficile de se représenter toute l’éternité, dit Dimmler avec un sourire doux et méprisant, et causant maintenant, comme les jeunes gens, bas et sérieusement.

— Pourquoi est-ce difficile de se représenter l’éternité ? dit Natacha. Aujourd’hui est, demain sera, toujours sera ; hier était, avant-hier était…

— Natacha ! maintenant c’est ton tour. Chante-moi quelque chose, prononça la comtesse. Pourquoi êtes-vous assis là-bas comme des conspirateurs ?

— Maman, je ne veux pas, je n’en ai aucune envie, répondit Natacha, mais, en même temps, elle se levait.

Eux tous et même Dimmler qui n’était pas jeune, ne voulaient pas interrompre la conversation et sortir du coin du divan. Mais Natacha se leva et Nicolas s’assit au clavecin. Comme toujours, Natacha se plaça au milieu de la salle, choisissant la place la plus avantageuse pour la résonnance, puis elle se mit à chanter le morceau préféré de sa mère.

Elle avait dit qu’elle n’avait pas envie de chanter, mais depuis longtemps et longtemps après, elle ne chanta autant que ce soir. Le comte Ilia Andréiévitch, du cabinet où il causait avec Mitenka, l’entendit chanter, et, comme un élève qui se hâte de terminer sa leçon pour aller jouer, il s’embrouilla en donnant des ordres au gérant, et enfin se tut. Mitenka aussi écoutait en silence, avec un sourire, debout devant le comte.

Nicolas ne quittait pas des yeux sa sœur et respirait en même temps qu’elle.

Sonia, en l’écoutant, pensait à l’énorme différence qui était entre elle et son amie et voyait qu’il lui était impossible d’être aussi séduisante que sa cousine. La vieille comtesse était assise, avec un sourire heureux, triste, les larmes aux yeux, et de temps en temps, elle hochait la tête. Elle pensait à Natacha, à sa jeunesse, à ce qu’il y avait d’inattendu et de terrible dans le mariage de Natacha et du prince André. Dimmler, assis près de la comtesse, écoutait, les yeux fermés.

— Non, comtesse, dit-il enfin, c’est un talent européen. Elle doit étudier. Cette souplesse, cette force, cette tendresse…

— Ah ! comme je crains pour elle, comme j’ai peur ! dit la comtesse sans penser à qui elle parlait. Son instinct de mère lui disait qu’en Natacha il y avait quelque chose de trop qui l’empêcherait d’être heureuse. Natacha n’avait pas encore fini de chanter quand, dans la chambre, accourut l’enthousiaste de quatorze ans, Pétia ; il apportait la nouvelle de l’arrivée des masques.

Natacha s’arrêta aussitôt.

— Sot ! lui cria-t-elle, et elle courut vers une chaise, y tomba et sanglota tellement qu’elle ne pouvait s’arrêter.

— Ce n’est rien, maman, vraiment rien, mais Pétia m’a effrayée, dit-elle en tâchant de sourire ; mais ses larmes coulaient toujours, et des sanglots emplissaient sa gorge.

Les domestiques, masqués en ours, en Turcs, en cabaretiers, en grandes dames, terribles et drôles, apportant avec eux le froid et la gaieté, d’abord serrés timidement dans l’antichambre, ensuite, se cachant l’un derrière l’autre, parurent dans le salon et, d’abord timidement, puis de plus en plus gais, ils commencèrent leurs chansons, leurs danses, leurs rondes et leurs jeux de Noël.

La comtesse reconnaissait les visages, riait des déguisements, puis elle passa au salon. Le comte Ilia Andréiévitch, le sourire épanoui, restait dans la salle, approuvant les amuseurs. La jeunesse avait disparu quelque part.

Une demi-heure après, d’autres masques entrèrent dans la salle ; une vieille dame en paniers, c’était Nicolas ; une Turque, Pétia ; un clown, Dimmler ; un hussard, Natacha ; un circassien, Sonia, avec une moustache et des sourcils faits au bouchon.

Après l’étonnement complaisant, la feinte de ne pas reconnaître les travestis et les louanges de ceux qui n’étaient pas déguisés, les jeunes gens se trouvèrent si bien costumés qu’ils eurent le désir de se montrer encore à quelqu’un. Nicolas, qui voulait promener tout le monde sur l’admirable route, dans sa troïka, proposa de prendre dix des domestiques costumés et d’aller chez l’oncle.

— Non, vous dérangeriez le vieux, dit la comtesse, et chez lui, il n’y a pas où se retourner. Si vous voulez partir quelque part, alors, allez chez les Melukhov.

Madame Melukhov était une veuve ayant des enfants de divers âges, qui avaient aussi des institutrices et des précepteurs. Elle habitait à quatre verstes des Rostov.

— Voilà, ma chère, ce qui est sage, reprit le vieux comte en se secouant. Bon, je m’habillerai tout de suite et j’irai avec vous ; je saurai bien réveiller Pachette. Mais la comtesse ne consentit pas à laisser partir le comte.

Tous ces jours-ci il avait eu mal à la jambe. Il fut décidé qu’Ilia Andréiévitch ne pouvait partir, mais que si Louise Ivanovna, madame Chausse, voulait les accompagner, les demoiselles pouvaient aller chez madame Melukhov. Sonia toujours timide se mit à supplier le plus instamment Louisa Ivanovna de ne point refuser. Sonia était la mieux costumée. Ses moustaches et ses sourcils lui allaient à merveille ; tous disaient qu’elle était très belle, et elle était d’une humeur extraordinaire, animée, énergique. Une voix intérieure lui disait qu’aujourd’hui ou jamais son sort serait décidé, et, dans son costume d’homme, elle semblait une tout autre personne. Louise Ivanovna consentait ; une demi-heure plus tard, quatre troïkas avec des clochettes, les patins grinçant sur la neige gelée, s’approchèrent du perron.

Natacha la première donna le ton de la gaîté de Noël, et cette gaîté, en passant de l’un à l’autre, s’augmentait encore plus, et atteignit le plus haut degré au moment où tous sortirent de la maison, et en causant, s’interpellant, riant et criant, s’installèrent en traîneaux.

Il y avait deux troïkas de service, la troisième était celle du vieux comte avec un grand trotteur attelé au milieu ; la quatrième, celle de Nicolas, avec son petit cheval noir, au poil dru, au milieu. Nicolas, dans son costume de vieille dame par-dessus lequel il avait mis son manteau de hussard, était debout au milieu de son traîneau et tenait les guides.

Il faisait si clair qu’il voyait briller à la lumière de la lune les plaques des chevaux et leurs yeux qu’ils tournaient craintivement vers les voyageurs qui faisaient du bruit sous l’auvent sombre du perron.

Natacha, Sonia, madame Chausse et deux bonnes s’assirent dans le traîneau de Nicolas ; dans celui du comte, Dimmler, sa femme et Pétia ; dans les autres, les domestiques masqués.

— Va en avant, Zakhar ! cria Nicolas au cocher de son père, pour avoir l’occasion de le dépasser en route.

La troïka du vieux comte, où étaient assis Dimmler et d’autres masques, en faisant grincer ses patins, comme si elle s’accrochait à la neige, s’avança dans un tintement de clochettes. Les chevaux de côté se serraient contre les brancards et foulaient la neige. Nicolas suivait la première troïka ; derrière, grinçaient les autres. D’abord ils marchèrent au petit trot par une route étroite. Pendant qu’ils passaient devant le jardin, les ombres des arbres dénudés couvraient la route et cachaient la lumière claire de la lune. Mais aussitôt qu’ils eurent quitté le domaine, la plaine de neige, éclairée par la lune, brillante comme le diamant, avec un ton bleuâtre, immobile, s’ouvrit de tous côtés. Une, deux, le traîneau de devant reçut une secousse, la même secousse reçut le traîneau suivant et, rompant audacieusement le calme profond, les traîneaux s’alignèrent en file.

— La trace d’un lièvre ! Beaucoup de trous ! résonna dans l’air gelé la voix de Natacha.

— Comme on voit bien Nicolas ! dit Sonia.

Nicolas se retourna vers Sonia et se pencha pour regarder de plus près son visage. Un visage nouveau, charmant, avec des sourcils et des moustaches noires, au clair de lune émergeait de la zibeline et le regardait.

« C’était autrefois Sonia, » pensa Nicolas. Il la regarda de plus près et sourit.

— Qu’avez-vous, Nicolas ?

— Rien.

Il se retourna vers les chevaux.

Sur la grande route où l’on voyait au clair de lune des traces de traîneaux, les chevaux, d’eux-mêmes, tendirent leurs guides et accélérèrent le pas. Le cheval de gauche, en tournant la tête, tirait ses guides ; celui du milieu se balançait en dressant les oreilles comme s’il demandait : faut-il commencer ou est-ce encore tôt ? Devant, déjà loin, on apercevait sur la neige blanche la troïka noire de Zakhar, qui faisait tinter ses lourdes clochettes ; on entendait de son traîneau les stimulations, les éclats de rire et les voix des masques.

— Hé ! mes amis ! cria Nicolas, tirant la guide d’un côté et faisant un mouvement de la main armée du fouet. Et rien qu’au vent qui paraissait s’élever et à la tension du cheval de côté, on pouvait remarquer avec quelle rapidité volait la troïka.

Nicolas se retourna. Aux sons des rires et des cris, en agitant le fouet, on forçait les chevaux des autres troïkas d’aller au galop. Le cheval du milieu, se balançant bravement sous son arc, promettait d’aller encore et encore plus vite quand il le faudrait.

Nicolas rejoignit la première troïka. Ils descendirent une pente et se trouvèrent sur la route large et piétinée, dans un champ, près d’une rivière. « Où passons-nous ? pensa Nicolas. Par le pré probablement. Mais c’est quelque chose de nouveau, je n’ai jamais vu cela. Ce n’est ni le pré Kossoï ni la montagne Diomkino, Dieu sait ce que c’est ! C’est quelque chose de nouveau et de magique. Eh bien, soit ! » Et criant après son cheval, il se mit à devancer la première troïka.

Zakhar retenait ses chevaux et tournait son visage couvert de givre déjà jusqu’aux sourcils.

Nicolas lança ses chevaux bride abattue. Zakhar, les bras tendus, en faisant claquer sa langue, laissa les siens au galop.

— Eh bien, prends garde, mon maître, prononça-t-il.

Les deux troïkas volaient côte à côte encore plus rapidement et les pattes des chevaux se croisaient de plus en plus souvent.

Nicolas prenait de l’avance. Zakhar, sans changer de position, les mains tendues, leva un bras avec les guides.

— Tu te trompes, mon maître, cria-t-il à Nicolas.

Nicolas laissait galoper ses chevaux et dépassait Zakhar. Les chevaux lançaient au visage des voyageurs un nuage de neige sèche. Le grincement des traîneaux sur la neige et les cris des femmes s’entendaient de tous côtés.

Nicolas arrêta de nouveau ses chevaux et regarda autour de lui. La même plaine magique parsemée d’étoiles, noyée de la lumière de la lune, s’étendait alentour. « Zakhar crie que je prenne à gauche, mais pourquoi ? » pensa Nicolas. « Est-ce que nous allons chez les Melukhov, est-ce le village Melukovka ? Nous allons, Dieu sait où et Dieu seul sait ce qu’il en est de nous. Et c’est étrange et très bien ce qui nous arrive ! » Il regarda le traîneau.

— Regarde, ses moustaches et ses sourcils, tout est blanc, prononça une des personnes assises dans le traîneau, étrange, très jolie, avec une fine moustache et des sourcils.

« On dirait que celle-ci est Natacha, se dit Nicolas, et celle-ci madame Chausse, peut-être non. Et le Circassien à moustaches, je ne sais qui c’est, mais je l’aime. »

— N’avez-vous pas froid ? demanda-t-il.

Ils ne répondirent pas et rirent. Dimmler, du traîneau de derrière, cria quelque chose, c’était probablement très drôle, mais on ne pouvait distinguer ce qu’il criait.

— Oui, oui, répondirent des voix en riant.

« Cependant, voici une forêt magique, avec des ombres noires, changeantes et diamantées et avec une enfilade de marches de marbre et de toits argentés, des palais de fées et un cri aigu de bête.

« Si, en effet, c’était Melukovka. Ce serait encore plus étrange qu’allant Dieu sait où, nous arrivions à Melukovka, » pensa Nicolas.

En effet, c’était Melukovka et sur le perron, accoururent des domestiques, des valets aux visages joyeux, tenant des bougies.

— Qui est-ce ? demandait-on du perron.

— Les masques de chez le comte ! Je le vois aux chevaux, répondit une voix.