Fragments d’histoire/11

Imprimerie officielle (p. 41-42).

RUE PERRINON


D’abord rue Sainte-Élisabeth, elle porte maintenant le nom de Perrinon, né à Saint-Pierre le 28 août 1812, et décédé à Saint-Martin le 1er janvier 1861. Chargé par le Gouvernement provisoire de 1848 de promulguer et d’appliquer à la Martinique le décret d’abolition de l’esclavage, en qualité de Commissaire général de la République, Perrinon arriva à Fort-de-France le 3 juin 1848, à 16 heures, sur la corvette le « Chaptal ». Un arrêté du Gouverneur provisoire, le général Rostoland, du 23 mai 1848, avait déjà proclamé que « l’esclavage est aboli à partir de ce jour », mais c’est Perrinon qui a promulgué, le 4 juin 1848, le décret d’abolition du 27 avril 1848[1].

Au n° 20, l’hôtel de la Paix.

Dans cette rue sont deux de nos écoles primaires qui ont été l’objet de transformations dues à la municipalité actuelle (agrandissement, exhaussement du bâtiment principal, etc…)

L’enseignement y a été pendant longtemps donné par les frères de la doctrine chrétienne ou frères de Ploërmel qui y étaient logés. Les premiers frères arrivèrent aux Antilles en 1838, en pleine épidémie de fièvre jaune. Leur traitement d’Europe, en 1842, était de 50 francs par mois[2].

Le dernier religieux directeur de l’école a été le frère Émilien qui fut très estimé au Chef-lieu et qui devint ensuite supérieur du Collège Sainte-Marie.

À partir de l’année 1881, l’école a été tenue par des instituteurs laïcs et le premier directeur a été M. Faur, instituteur de 1re classe à Saint-Lizier, nommé à Fort-de-France le 14 janvier 1882.

Une inscription placée sur la façade principale rappelle le cinquantenaire de l’ouverture de l’école laïque.

Dans la cour est le buste de M. Cassien Sainte-Claire qui fut directeur de cette école et Chevalier de la Légion d’honneur.

L’autre école est celle des filles mentionnée ci-dessus, à la Place Fabien.

Au n° 92, un immeuble (la recette municipale) qui a été transformé récemment par la Municipalité a été légué aux pauvres de la ville par M. Jules Duclos, ancien percepteur des contributions.

La rue Perrinon est la seule des voies perpendiculaires à la Rivière-Madame qui n’y accède pas. À remarquer cependant qu’il a été question, en mars 1785, de la « construction d’un pont en maçonnerie sur la rivière du Fort-Royal dans l’alignement de la rue Sainte-Élisabeth[3] ».

  1. J. O. de la Martinique du 7 juin 1848.
  2. B. O. Martinique, année 184?, page 460.
  3. Arch. Minist. Col. n° 429 et 430.