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Pigoreau (IIp. 182-184).

AVERTISSEMENT NÉCESSAIRE, ou PRÉFACE INUTILE.




Je vous ai trompé, mon cher lecteur, j’ai abusé de votre bonne-foi en donnant à mon ouvrage un titre fallacieux, mais je vous en demande mille et mille pardons ; je conviens qu’un pareil abus de confiance est bien mal de ma part, mais en vérité ce petit charlatanisme était plus que nécessaire, il était indispensable. C’est un peu de votre faute ;
pourquoi diable aussi vous avisez-vous de ne vouloir, dans vos lectures, que de grands évènemens. Convenez à votre tour que si, tout simplement, j’eusse intitulé mon livre, Histoire Véritable, que vous ne l’eussiez pas lu, pas même acheté ; et cependant les aventures de Firmin ont le mérite de la réalité. J’ai pu, selon l’usage, embélir mon récit, le broder par fois, mais j’ose affirmer que le fond n’en est pas moins vrai. Cependant, afin que vous n’ayez aucun reproche à me faire, je vous invite, cher lecteur, à le regarder comme un roman absolument dénué de vraisemblance, et pur effet de l’imagination. Il serait même impolitique de ma part de l’annoncer autrement, car ce serait me faire inutilement des ennemis, et me mettre à dos certains libraires qui ne me pardonneraient jamais d’avoir mis au jour le tableau fidel de leurs petits moyens de spéculation, ainsi que de la juste mesure d’estime qu’ils méritent.

FIN.