Festons et astragales/L’Hallali

Festons et astragalesAlphonse Lemerre, éditeur (p. 33).


 

Toutes les passions, comme une meute infâme,
Ensemble, sur mon cœur, ont bondi par milliers :
Molosses haletants, dogues à l’œil de flamme,
Tout hurle et tout aboie à travers les halliers ;

J’ai franchi les ravins, et, comme un cerf qui brame,
J’ai rougi de mon sang la ronce des sentiers.
L’hallali furieux sonne au fond de mon âme.
J’entends le bruit des cors et le pas des coursiers.

Déjà les chiens maigris font cercle à la curée ;
Tous, les jarrets tremblants et la langue tirée,
De ma chair qui palpite attendent un lambeau…

Il est temps ! il est temps ! — Toi qui suivis la chasse.
Viens ! de ta blanche main je veux le coup de grâce.
Ô femme au doux sourire, apprête ton couteau !