Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Les Voleurs et le Coq (bilingue)

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LES VOLEURS ET LE COQ


Des voleurs, ayant pénétré dans une maison, n’y trouvèrent autre chose qu’un coq ; ils le prirent et se retirèrent. Et lui, sur le point d’être immolé par eux, les pria de le relâcher, alléguant qu’il était utile aux hommes, en les éveillant la nuit pour leurs travaux. « Raison de plus pour te tuer, s’écrièrent-ils ; car, en éveillant les hommes, tu nous empêches de voler. »

Cette fable fait voir que ce qui contrarie le plus les méchants est ce qui rend service aux gens de bien.

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Κλέπται καὶ ἀλεκτρυών.


Κλέπται εἴς τινα οἰκίαν εἰσελθόντες οὐδὲν μὲν ἄλλο εὗρον, μόνον δὲ ἀλεκτρυόνα, καὶ τοῦτον λαβόντες ἀπηλλάγησαν. Ὁ δὲ μέλλων ὑπ᾿ αὐτῶν θύεσθαι ἐδέετο ὅπως αὐτὸν ἀπολύσωσι, λέγων χρήσιμον ἑαυτὸν τοῖς ἀνθρώποις εἶναι νύκτωρ αὐτοὺς ἐπὶ τὰ ἔργα ἐγείροντα. Οἱ δὲ ὑποτυχόντες ἔφασαν· « Ἀλλὰ καὶ διὰ τοῦτό σε μᾶλλον θύομεν· ἐκείνους γὰρ ἐγείρων ἡμᾶς οὐκ ἐᾷς κλέπτειν. »

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι ταῦτα μάλιστα τοῖς πονηροῖς ἠναντίωται ἅτινα τῶν χρηστῶν ἐστιν εὐεργετήματα.