Ouvrir le menu principal

Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Milan qui hennit (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Milan qui hennit.

136


LE MILAN QUI HENNIT


Le milan eut jadis une autre voix, qui était perçante. Mais un jour il entendit un cheval qui hennissait admirablement, et il voulut l’imiter. Mais il eut beau répéter ses essais : il ne réussit pas à prendre exactement la voix du cheval et il perdit en outre sa propre voix. De cette manière il n’eut ni la voix du cheval ni sa voix de jadis.

Les gens vulgaires et jaloux envient les qualités contraires à leur nature et perdent celles qui y sont conformes.

136


Ἰκτῖνος χρεμετίζων.


Ἰκτῖνος φωνὴν εἶχεν ἄλλην ὀξείαν. Ἵππου δὲ ἀκούσας καλῶς χρεμετίζοντος, μιμούμενος τὸν ἵππον καὶ συνεχῶς τοῦτο ποιῶν καὶ ταύτην μὴ καλῶς ἐκμαθών, καὶ τῆς ἰδίας φωνῆς ἐστέρηται, καὶ οὔτε τὴν τοῦ ἵππου ἔσχεν οὔτε τὴν πρώτην.

Ὅτι οἱ εὐτελεῖς καὶ φθονεροὶ ζηλοῦντες τοῦ παρὰ τὴν ἑαυτῶν φύσιν καὶ τῶν κατὰ φύσιν στεροῦνται.