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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Milan et le Serpent (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Milan et le Serpent.

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LE MILAN ET LE SERPENT


Un milan ayant enlevé un serpent s’envola dans les airs. Le serpent se retourna et le mordit ; tous les deux furent alors précipités du haut des airs, et le milan périt. « Pourquoi, lui dit le serpent, as-tu été si fou que de faire du mal à qui ne t’en faisait pas : tu es justement puni de m’avoir enlevé. »

Un homme qui se livre à sa convoitise et fait du mal à de plus faibles que lui peut tomber sur un plus fort : il expiera alors, contre son attente, tous les maux qu’il a faits auparavant.

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Ἰκτῖνος καὶ ὄφις.


Ἰκτῖνος ὄφιν ἁρπάσας ἀπέπτατο. Ὁ δὲ ἐπιστραφεὶς καὶ δακὼν καὶ ἀμφότεροι <ἐκ> τοῦ ὕψους κατενεχθέντες, ὁ μὲν ἰκτῖνος ἐτεθνήκει· ὁ δὲ ὄφις ἔφη αὐτῷ· « Τί τοσοῦτον ἐμάνης, ὅτι τοὺς μηδὲν ἀδικοῦντας βλάπτειν ἠβούλου; ἀλλὰ δίκην ἔδωκας τῆς ἁρπαγῆς δικαίαν. »

Ὅτι πλεονεξίᾳ τις προσέχων καὶ τοὺς ἀσθενεστέρους ἀδικῶν, ἰσχυροτέρῳ προσπεσών, ὡς οὐκ ἐλπίζει, ἐκτίσει τότε καὶ ἃ πρότερον ἐποίησε κακά.