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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Loup et l’Âne (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Loup et l’Âne.

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LE LOUP ET L’ÂNE


Un loup, étant devenu chef des autres loups, établit des lois générales portant que, tout ce que chacun aurait pris à la chasse, il le mettrait en commun et le partagerait également entre tous : de la sorte on ne verrait plus les loups, réduits à la disette, se manger les uns les autres. Mais un âne s’avança, et secouant sa crinière, dit : « C’est une belle pensée que son cœur a inspirée au loup. Mais comment se fait-il que toi-même tu aies serré dans ton repaire ton butin d’hier ? Apporte-le à la communauté et partage-le. » Le loup confondu abolit ses lois.

Ceux qui semblent légiférer selon la justice ne s’en tiennent pas eux-mêmes aux lois qu’ils établissent et décrètent.

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Λύκος καὶ ὄνος.

Λύκος τῶν λοιπῶν στρατηγήσας λύκων νόμους ἔταξε πᾶσιν, ἵνα ὅ τι ἂν ἕκαστος κυνηγήσῃ, πάντα εἰς μέσον ἄξῃ καὶ μερίδα ἴσην ἑκάστῳ δώσῃ, ὅπως μὴ οἱ λοιποὶ ἐνδεεῖς ὄντες ἀλλήλους κατεσθίωσιν. Ὄνος δὲ παρελθὼν τὴν χαίτην σείσας ἔφη· « Ἐκ φρενὸς λύκου καλὴ γνώμη· ἀλλὰ πῶς σὺ τὴν χθεσινὴν ἄγραν τῇ κοίτῃ ἐναπέθου; Ἄγε ταύτην εἰς μέσον ἀπομερίσας. » Ὁ δὲ ἐλεγχθεὶς τοὺς νόμους ἀνέλυσεν.

Ὅτι αὐτοὶ οἱ τοὺς νόμους δικαίως ὁρίζειν δοκοῦντες καὶ ἐν οἷς ὁρίζουσιν καὶ δικάζουσιν οὐκ ἐμμένουσιν.