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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Cygne pris pour l’Oie (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Cygne pris pour l’Oie.

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LE CYGNE PRIS POUR L’OIE

Un homme opulent nourrissait ensemble une oie et un cygne, non point pour le même objet, mais l’un pour son chant, l’autre en vue de sa table. Or lorsque l’oie dut subir le destin pour lequel on l’élevait, il faisait nuit, et le temps ne permettait pas de distinguer les deux volatiles. Mais le cygne, emporté à la place de l’oie, entonne un chant, prélude de son trépas. Sa voix le fit reconnaître et son chant le sauva de la mort.

Cette fable montre que souvent la musique fait ajourner la mort.

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Κύκνος <ἀντὶ χηνὸς ἀπαχθείς>.


Ἀνὴρ εὐπορῶν χῆνά τε ἅμα καὶ κύκνον ἔτρεφεν, οὐκ ἐπὶ τοῖς αὐτοῖς μέντοι· τὸν μὲν γὰρ ᾠδῆς, τὸν δὲ τραπέζης ἕνεκεν. Ἐπεὶ δὲ ἔδει τὸν χῆνα παθεῖν ἐφ᾿ οἷς ἐτρέφετο, νὺξ μὲν ἦν, καὶ διαγινώσκειν ὁ καιρὸς οὐκ ἀφῆκεν ἑκάτερον. Ὁ δὲ κύκνος, ἀντὶ τοῦ χηνὸς ἀπαχθείς, ᾄδει τι μέλος θανάτου προοίμιον, καὶ τῇ μὲν ᾠδῇ μηνύει τὴν φύσιν, τὴν δὲ τελευτὴν διαφεύγει τῷ μέλει.

Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι πολλάκις ἡ μουσικὴ τελευτῆς ἀναβολὴν ἀπεργάζεται.