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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Chameau, l’Éléphant et le Singe (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Chameau, l’Éléphant et le Singe.

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LE CHAMEAU, L’ÉLÉPHANT ET LE SINGE.


Les bêtes délibéraient sur le choix d’un roi. Le chameau et l’éléphant se mirent sur les rangs et se disputèrent les suffrages, espérant être préférés aux autres, grâce à leur haute taille et à leur force. Mais le singe les déclara l’un et l’autre impropres à régner : « le chameau, dit-il, parce qu’il n’a point de colère contre les malfaiteurs, et l’éléphant, parce qu’il est à craindre qu’un goret, animal dont il a peur, ne vienne nous attaquer. »

Cette fable montre qu’une petite cause ferme parfois l’accès des grands emplois.

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Κάμηλος καὶ ἐλέφας καὶ πίθηκος.


Τῶν ἀλόγων ζῴων βουλευομένων βασιλέα ἑλέσθαι, κάμηλος καὶ ἐλέφας καταστάντες ἐφιλονείκουν, καὶ διὰ τὸ μέγεθος τοῦ σώματος καὶ διὰ τὴν ἰσχὺν ἐλπίζοντες πάντων προκρίνεσθαι. Πίθηκος δὲ ἀμφοτέρους ἀνεπιτηδείους εἶναι ἔφη, τὴν μὲν κάμηλον, διότι χολὴν οὐκ ἔχει κατὰ τῶν ἀδικούντων, τὸν δὲ ἐλέφαντα, ὅτι δέος ἐστὶ μὴ χοιρίδιον, ὃ δέδοικεν, ἡμῖν ἐπιτιθῆται.

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι πολλοὶ καὶ τῶν μεγίστων πραγμάτων διὰ μικρὰν αἰτίαν κωλύονται.