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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Cavalier chauve (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Cavalier chauve.

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LE CAVALIER CHAUVE


Un homme chauve qui portait perruque cheminait à cheval. Le vent, s’étant mis à souffler, lui enleva ses faux cheveux, et les témoins de sa mésaventure se mirent à rire aux éclats. Alors le cavalier, arrêtant son cheval, dit : « Qu’y a-t-il d’étrange à ce que des cheveux qui ne sont pas les miens me quittent, eux qui ont abandonné même leur vrai propriétaire, avec qui la nature les a fait naître ? »

Il ne faut pas nous affliger des accidents qui nous surviennent : ce qu’on ne tient pas de sa nature dès sa naissance, on ne saurait le garder : nus nous sommes venus, nus nous partirons.

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Φαλακρὸς ἱππεύς.

Φαλακρός τις τρίχας ξένας τῇ ἑαυτοῦ κορυφῇ περιθεὶς ἵππευεν. Ἄνεμος δέ φυσήσας ἀφείλετο ταύτας· γέλως πλατὺς δὲ τοὺς παρεστῶτας εἶχεν. Κἀκεῖνος εἶπε τοῦ δρόμου παύσας· « Τὰς οὐκ ἐμὰς τρίχας τί ξένον φεύγειν με, αἳ καὶ τὸν ἔχοντα ταύτας, μεθ’ οὗ καὶ ἐγεννήθησαν, κατέλιπον ; »

Ὅτι μηδεὶς λυπείσθω ἐπὶ συμφορᾷ ἐπελθούσῃ· ὃ γὰρ γεννηθεὶς οὐκ ἔσχεν ἐκ φύσεως, τοῦτο οὐδὲ παραμένει· γυμνοὶ γὰρ ἤλθομεν, γυμνοὶ καὶ ἀπελευσόμεθα.