Dictionnaire philosophique/Garnier (1878)/Index alphabétique/N


Dictionnaire philosophique
1764


N.

NATURE[1]

DIALOGUE ENTRE LE PHILOSOPHE ET LA NATURE.

le philosophe.

Qui es-tu, nature ? je vis dans toi ; il y a cinquante ans que je te cherche, et je n’ai pu te trouver encore.

la nature.

Les anciens Égyptiens, qui vivaient, dit-on, des douze cents ans, me firent le même reproche. Ils m’appelaient Isis ; ils me mirent un grand voile sur la tête, et ils dirent que personne ne pouvait le lever.

le philosophe.

C’est ce qui fait que je m’adresse à toi. J’ai bien pu mesurer quelques-uns de tes globes, connaître leurs routes, assigner les lois du mouvement ; mais je n’ai pu savoir qui tu es.

Es-tu toujours agissante ? Es-tu toujours passive ? Tes éléments se sont-ils arrangés d’eux-mêmes, comme l’eau se place sur le sable, l’huile sur l’eau, l’air sur l’huile ? As-tu un esprit qui dirige toutes tes opérations, comme les conciles sont inspirés dès qu’ils sont assemblés, quoique leurs membres soient quelquefois des ignorants ? De grâce, dis-moi le mot de ton énigme.

la nature.
Je suis le grand tout. Je n’en sais pas davantage. Je ne suis pas mathématicienne ; et tout est arrangé chez moi selon les lois mathématiques. Devine si tu peux comment tout cela s’est fait.
le philosophe.

Certainement, puisque ton grand tout ne sait pas les mathématiques, et que tes lois sont de la plus profonde géométrie, il faut qu’il y ait un éternel géomètre qui te dirige, une intelligence suprême qui préside à tes opérations.

la nature.

Tu as raison ; je suis eau, terre, feu, atmosphère, métal, minéral, pierre, végétal, animal. Je sens bien qu’il y a dans moi une intelligence ; tu en as une, tu ne la vois pas. Je ne vois pas non plus la mienne ; je sens cette puissance invisible ; je ne puis la connaître : pourquoi voudrais-tu, toi qui n’es qu’une petite partie de moi-même, savoir ce que je ne sais pas ?

le philosophe.

Nous sommes curieux. Je voudrais savoir comment, étant si brute dans tes montagnes, dans tes déserts, dans tes mers, tu parais pourtant si industrieuse dans tes animaux, dans tes végétaux.

la nature.

Mon pauvre enfant, veux-tu que je te dise la vérité ? C’est qu’on m’a donné un nom qui ne me convient pas : on m’appelle nature, et je suis tout art.

le philosophe.

Ce mot dérange toutes mes idées. Quoi ! la nature ne serait que l’art ?

la nature.

Oui, sans doute. Ne sais-tu pas qu’il y a un art infini dans ces mers, dans ces montagnes, que tu trouves si brutes ? Ne sais-tu pas que toutes ces eaux gravitent vers le centre de la terre, et ne s’élèvent que par des lois immuables ; que ces montagnes qui couronnent la terre sont les immenses réservoirs des neiges éternelles qui produisent sans cesse ces fontaines, ces lacs, ces fleuves, sans lesquels mon genre animal et mon genre végétal périraient ? Et quant à ce qu’on appelle mes règnes animal, végétal, minéral, tu n’en vois ici que trois ; apprends que j’en ai des millions. Mais si tu considères seulement la formation d’un insecte, d’un épi de blé, de l’or, et du cuivre, tout te paraîtra merveilles de l’art.

le philosophe.

Il est vrai. Plus j’y songe, plus je vois que tu n’es que l’art de je ne sais quel grand être bien puissant et bien industrieux, qui se cache et qui te fait paraître. Tous les raisonneurs depuis Thalès, et probablement longtemps avant lui, ont joué à colin-maillard avec toi ; ils ont dit : Je te tiens, et ils ne tenaient rien. Nous ressemblons tous à Ixion ; il croyait embrasser Junon, et il ne jouissait que d’une nuée.

la nature.

Puisque je suis tout ce qui est, comment un être tel que toi, une si petite partie de moi-même pourrait-elle me saisir ? Contentez-vous, atomes mes enfants, de voir quelques atomes qui vous environnent, de boire quelques gouttes de mon lait, de végéter quelques moments sur mon sein, et de mourir sans avoir connu votre mère et votre nourrice.

le philosophe.

Ma chère mère, dis-moi un peu pourquoi tu existes, pourquoi il y a quelque chose.

la nature.

Je te répondrai ce que je réponds depuis tant de siècles à tous ceux qui m’interrogent sur les premiers principes : « Je n’en sais rien. »

le philosophe.

Le néant vaudrait-il mieux que cette multitude d’existences faites pour être continuellement dissoutes, cette foule d’animaux nés et reproduits pour en dévorer d’autres et pour être dévorés, cette foule d’êtres sensibles formés pour tant de sensations douloureuses, cette autre foule d’intelligences qui si rarement entendent raison ? À quoi bon tout cela, nature ?

la nature.

Oh ! va interroger celui qui m’a faite.



NÉCESSAIRE[2].

osmin.

Ne dites-vous pas que tout est nécessaire ?

sélim.

Si tout n’était pas nécessaire, il s’ensuivrait que Dieu aurait fait des choses inutiles.

osmin.

C’est-à-dire qu’il était nécessaire à la nature divine qu’elle fît tout ce qu’elle a fait.

sélim.
Je le crois, ou du moins je le soupçonne. Il y a des gens qui pensent autrement : je ne les entends point ; peut-être ont-ils raison. Je crains la dispute sur cette matière.
osmin.

C’est aussi d’un autre nécessaire que je veux vous parler.

sélim.

Quoi donc ? de ce qui est nécessaire à un honnête homme pour vivre ? du malheur où l’on est réduit quand on manque du nécessaire ?

osmin.

Non ; car ce qui est nécessaire à l’un ne l’est pas toujours à l’autre : il est nécessaire à un Indien d’avoir du riz, à un Anglais d’avoir de la viande ; il faut une fourrure à un Russe, et une étoffe de gaze à un Africain ; tel homme croit que douze chevaux de carrosse lui sont nécessaires, tel autre se borne à une paire de souliers, tel autre marche gaiement pieds nus : je veux vous parler de ce qui est nécessaire à tous les hommes.

sélim.

Il me semble que Dieu a donné tout ce qu’il fallait à cette espèce : des yeux pour voir, des pieds pour marcher, une bouche pour manger, un œsophage pour avaler, un estomac pour digérer, une cervelle pour raisonner, des organes pour produire leurs semblables.

osmin.

Comment donc arrive-t-il que des hommes naissent privés d’une partie de ces choses nécessaires ?

sélim.

C’est que les lois générales de la nature ont amené des accidents qui ont fait naître des monstres ; mais en général l’homme est pourvu de tout ce qu’il lui faut pour vivre en société.

osmin.

Y a-t-il des notions communes à tous les hommes, qui servent à les faire vivre en société ?

sélim.

Oui. J’ai voyagé avec Paul Lucas, et partout où j’ai passé j’ai vu qu’on respectait son père et sa mère, qu’on se croyait obligé de tenir sa promesse, qu’on avait de la pitié pour les innocents opprimés, qu’on détestait la persécution, qu’on regardait la liberté de penser comme un droit de la nature, et les ennemis de cette liberté comme les ennemis du genre humain ; ceux qui pensent différemment m’ont paru des créatures mal organisées, des monstres comme ceux qui sont nés sans yeux et sans mains.

osmin.
Ces choses nécessaires le sont-elles en tout temps et en tous lieux ?
sélim.

Oui ; sans cela elles ne seraient pas nécessaires à l’espèce humaine.

osmin.

Ainsi une créance qui est nouvelle n’était pas nécessaire à cette espèce. Les hommes pouvaient très-bien vivre en société et remplir leurs devoirs envers Dieu, avant de croire que Mahomet ait eu de fréquents entretiens avec l’ange Gabriel.

sélim.

Rien n’est plus évident : il serait ridicule de penser qu’on n’eût pu remplir ses devoirs d’homme avant que Mahomet fût venu au monde ; il n’était point du tout nécessaire à l’espèce humaine de croire à l’Alcoran : le monde allait avant Mahomet tout comme il va aujourd’hui. Si le mahométisme avait été nécessaire au monde, il aurait existé en tous lieux ; Dieu, qui nous a donné à tous deux yeux pour voir son soleil, nous aurait donné à tous une intelligence pour voir la vérité de la religion musulmane. Cette secte n’est donc que comme les lois positives qui changent selon les temps et selon les lieux, comme les modes, comme les opinions des physiciens, qui se succèdent les unes aux autres.

La secte musulmane ne pouvait donc être essentiellement nécessaire à l’homme.

osmin.

Mais puisqu’elle existe. Dieu l’a permise ?

sélim.

Oui, comme il permet que le monde soit rempli de sottises, d’erreurs, et de calamités. Ce n’est pas à dire que les hommes soient tous essentiellement faits pour être sots et malheureux. Il permet que quelques hommes soient mangés par les serpents ; mais on ne peut pas dire : Dieu a fait l’homme pour être mangé par des serpents.

osmin.

Qu’entendez-vous en disant : Dieu permet ? Rien peut-il arriver sans ses ordres ? Permettre, vouloir et faire, n’est-ce pas pour lui la même chose ?

sélim.

Il permet le crime, mais il ne le fait pas.

osmin.
Faire un crime, c’est agir contre la justice divine, c’est désobéir à Dieu. Or Dieu ne peut désobéir à lui-même, il ne peut commettre de crime ; mais il a fait l’homme de façon que l’homme en commet beaucoup : d’où vient cela ?
sélim.

Il y a des gens qui le savent, mais ce n’est pas moi. Tout ce que je sais bien c’est que l’Alcoran est ridicule, quoique de temps en temps il y ait de bonnes choses. Certainement l’Alcoran n’était point nécessaire à l’homme ; je m’en tiens là : je vois clairement ce qui est faux, et je connais très-peu ce qui est vrai.

osmin.

Je croyais que vous m’instruiriez, et vous ne m’apprenez rien.

sélim.

N’est-ce pas beaucoup de connaître les gens qui vous trompent, et les erreurs grossières et dangereuses qu’ils vous débitent ?

osmin.

J’aurais à me plaindre d’un médecin qui me ferait une exposition des plantes nuisibles, et qui ne m’en montrerait pas une salutaire.

sélim.

Je ne suis point médecin, et vous n’êtes point malade ; mais il me semble que je vous donnerais une fort bonne recette si je vous disais : Défiez-vous de toutes les inventions des charlatans, adorez Dieu, soyez honnête homme, et croyez que deux et deux font quatre.



NEWTON  ET  DESCARTES.
SECTION PREMIÈRE[3].
SECTION II[4].

Newton fut d’abord destiné à l’Église. Il commença par être théologien, et il lui en resta des marques toute sa vie. Il prit sérieusement le parti d’Arius contre Athanase ; il alla même un peu plus loin qu’Arius, ainsi que tous les sociniens. Il y a aujourd’hui en Europe beaucoup de savants de cette opinion ; je ne dirai pas de cette communion, car ils ne font point de corps ; ils sont même partagés, et plusieurs d’entre eux réduisent leur système au pur déisme, accommodé avec la morale du Christ. Newton n’était pas de ces derniers ; il ne différait de l’Église anglicane que sur le point de la consubstantialité, et il croyait tout le reste.

Une preuve de sa bonne foi, c’est qu’il a commenté l’Apocalypse[5]. Il y trouve clairement que le pape est l’antechrist, et il explique d’ailleurs ce livre comme tous ceux qui s’en sont mêlés. Apparemment qu’il a voulu par ce commentaire consoler la race humaine de la supériorité qu’il avait sur elle.

Bien des gens, en lisant le peu de métaphysique que Newton a mis à la fin de ses Principes mathématiques, y ont trouvé quelque chose d’aussi obscur que l’Apocalypse. Les métaphysiciens et les théologiens ressemblent assez à cette espèce de gladiateurs qu’on faisait combattre les yeux couverts d’un bandeau ; mais quand Newton travailla les yeux ouverts à ses mathématiques, sa vue porta aux bornes du monde.

Il a inventé le calcul qu’on appelle de l’infini ; il a découvert et démontré un principe nouveau qui fait mouvoir toute la nature. On ne connaissait point la lumière avant lui ; on n’en avait que des idées confuses et fausses. Il a dit : Que la lumière soit connue, et elle l’a été.

Les télescopes de réflexion ont été inventés par lui. Le premier a été fait de ses mains ; et il a fait voir pourquoi on ne peut pas augmenter la force et la portée des télescopes ordinaires. Ce fut à l’occasion de son nouveau télescope qu’un jésuite allemand prit Newton pour un ouvrier, pour un faiseur de lunettes, artifex quidam nomine Newton, dit-il dans un petit livre. La postérité l’a bien vengé depuis. On lui faisait en France plus d’injustice, on le prenait pour un faiseur d’expériences qui s’était trompé ; et parce que Mariotte se servit de mauvais prismes, on rejeta les découvertes de Newton.

Il fut admiré de ses compatriotes dès qu’il eut écrit et opéré. Il n’a été bien connu en France qu’au bout de quarante années. Mais en récompense nous avions la matière cannelée et la matière rameuse de Descartes, et les petits tourbillons mollasses du révérend père Malebranche, et le système de M. Privât de Molières, qui ne vaut pas pourtant Poquelin de Molière.

De tous ceux qui ont un peu vécu avec monsieur le cardinal de Polignac, il n’y a personne qui ne lui ait entendu dire que Newton était péripatéticien, et que ses rayons colorifiques, et surtout son attraction, sentaient beaucoup l’athéisme. Le cardinal de Polignac joignait à tous les avantages qu’il avait reçus de la nature une très-grande éloquence ; il faisait des vers latins avec une facilité heureuse et étonnante[6] ; mais il ne savait que la philosophie de Descartes, et il avait retenu par cœur ses raisonnements comme on retient des dates. Il n’était point devenu géomètre et il n’était pas né philosophe. Il pouvait juger les Catilinaires et l’Énéide, mais non pas Newton et Locke.

Quand on considère que Newton, Locke, Clarke, Leibnitz, auraient été persécutés en France, emprisonnés à Rome, brûlés à Lisbonne, que faut-il penser de la raison humaine ? Elle est née dans ce siècle en Angleterre. Il y avait eu, du temps de la reine Marie, une persécution assez forte sur la manière de prononcer le grec, et les persécuteurs se trompaient. Ceux qui mirent Galilée en pénitence se trompaient encore plus. Tout inquisiteur devrait rougir jusqu’au fond de l’âme, en voyant seulement une sphère de Copernic. Cependant si Newton était né en Portugal, et qu’un dominicain eût vu une hérésie dans la raison inverse du carré des distances, on aurait revêtu le chevalier Isaac Newton d’un san-benito dans un auto-da-fé.

On a souvent demandé pourquoi ceux que leur ministère engage à être savants et indulgents ont été si souvent ignorants et impitoyables. Ils ont été ignorants parce qu’ils avaient longtemps étudié, et ils ont été cruels parce qu’ils sentaient que leurs mauvaises études étaient l’objet du mépris des sages. Certainement les inquisiteurs qui eurent l’effronterie de condamner le système de Copernic, non-seulement comme hérétique, mais comme absurde, n’avaient rien à craindre de ce système. La terre a beau être emportée autour du soleil ainsi que les autres planètes, ils ne perdaient rien de leurs revenus ni de leurs honneurs. Le dogme même est toujours en sûreté, quand il n’est combattu que par des philosophes : toutes les académies de l’univers ne changeront rien à la croyance du peuple. Quel est donc le principe de cette rage qui a tant de fois animé les Anitus contre les Socrates ? C’est que les Anitus disent dans le fond de leur cœur : Les Socrates nous méprisent.

J’avais cru dans ma jeunesse que Newton avait fait sa fortune par son extrême mérite. Je m’étais imaginé que la cour et la ville de Londres l’avaient nommé, par acclamation, grand-maître des monnaies du royaume. Point du tout, Isaac Newton avait une nièce assez aimable, nommée madame Conduit ; elle plut beaucoup au grand-trésorier Halifax. Le calcul infinitésimal et la gravitation ne lui auraient servi de rien sans une jolie nièce.


SECTION III.

DE LA CHRONOLOGIE RÉFORMÉE PAR NEWTON, QUI FAIT LE MONDE
MOINS VIEUX DE CINQ CENTS ANS[7].



NOËL.

Personne n’ignore que c’est la fête de la naissance de Jésus. La plus ancienne fête qui ait été célébrée dans l’Église après celle de la Pâque et de la Pentecôte, ce fut celle du baptême de Jésus. Il n’y avait encore que ces trois fêtes quand saint Chrysostome prononça son homélie sur la Pentecôte. Nous ne parlons pas des fêtes de martyrs, qui étaient d’un ordre fort inférieur. On nomma celle du baptême de Jésus l’Épiphanie, à l’exemple des Grecs, qui donnaient ce nom aux fêtes qu’ils célébraient en mémoire de l’apparition ou de la manifestation des dieux sur la terre, parce que ce ne fut qu’après son baptême que Jésus commença de prêcher l’Évangile.

On ne sait si vers la fin du ive siècle on solennisait cette fête dans l’île de Chypre le 6 de novembre ; mais saint Épiphane[8] soutenait que Jésus avait été baptisé ce jour-là. Saint Clément d’Alexandrie[9] nous apprend que les basilidiens faisaient cette fête le 15 de tybi, pendant que d’autres la mettaient au 11 du même mois, c’est-à-dire les uns au 10 de janvier, et les autres au 6 ; cette dernière opinion est celle que l’on suit encore. À l’égard de sa naissance, comme on n’en savait précisément ni le jour, ni le mois, ni l’année, elle n’était point fêtée.

Suivant les remarques qui sont à la fin des œuvres du même Père, ceux qui avaient recherché le plus curieusement le jour auquel Jésus était né disaient, les uns, que c’était le 25 du mois égyptien pachon, c’est-à-dire le 20 de mai, et les autres, le 24 ou le 25 de pharmuthi, jours qui répondent au 19 ou 20 d’avril. Le savant M. de Beausobre[10] croit que ces derniers étaient les valentiniens. Quoi qu’il en soit, l’Orient et l’Égypte faisaient la fête de la nativité de Jésus le 6 de janvier, le même jour que celle de son baptême, sans qu’on puisse savoir, au moins avec certitude, ni quand cette coutume commença, ni quelle en fut la véritable raison.

L’opinion et la pratique des Occidentaux furent toutes différentes de celles de l’Orient. Les Centuriateurs de Magdebourg[11] rapportent un passage de Théophile de Césarée, qui fait parler ainsi les Églises des Gaules : Comme on célèbre la naissance de Jésus-Christ le 25 décembre, quelque jour de la semaine que tombe ce 25, on doit célébrer de même la résurrection de Jésus-Christ le 25 mars, quelque jour que ce soit, parce que le Seigneur est ressuscité ce jour-là.

Si le fait est vrai, il faut avouer que les évêques des Gaules étaient bien prudents et bien raisonnables. Persuadés, comme toute l’antiquité, que Jésus avait été crucifié le 23 mars, et qu’il était ressuscité le 26, ils faisaient la pâque de sa mort le 23, et celle de sa résurrection le 25, sans se mettre en peine d’observer la pleine lune, ce qui était au fond une cérémonie judaïque, et sans s’astreindre au dimanche. Si l’Église les avait imités, elle eût évité les disputes longues et scandaleuses qui pensèrent diviser l’Orient et l’Occident, et qui, après avoir duré un siècle et demi, ne furent terminées que par le premier concile de Nicée.

Quelques savants conjecturent que les Romains choisirent le solstice d’hiver pour y mettre la naissance de Jésus, parce que c’est alors que le soleil commence à se rapprocher de notre hémisphère. Dès le temps de Jules César, le solstice civil politique fut fixé au 25 décembre. C’était à Rome une fête où l’on célébrait le retour du soleil : ce jour s’appelait bruma, comme le remarque Pline[12], qui le fixe, ainsi que Servius[13], au 8 des kalendes de janvier. Il se peut que cette pensée eût quelque part au choix du jour ; mais elle n’en fut pas l’origine. Un passage de Josèphe, qui est évidemment faux, trois ou quatre erreurs des anciens, et une explication très-mystique d’un mot de saint Jean-Baptiste, en ont été la cause, comme Joseph Scaliger va nous l’apprendre.

Il plut aux anciens, dit ce savant critique[14], de supposer premièrement que Zacharie était souverain sacrificateur lorsque Jésus naquit. Rien n’est plus faux, et il n’y a plus personne qui le croie, au moins parmi ceux qui ont quelques connaissances.

Secondement, les anciens supposèrent ensuite que Zacharie était dans le lieu très-saint, et qu’il y offrait le parfum, lorsque l’ange lui apparut et lui annonça la naissance d’un fils.

Troisièmement, comme le souverain sacrificateur n’entrait dans le sanctuaire qu’une fois l’année, le jour des expiations, qui était le 10 du mois judaïque tisri, qui répond en partie à celui de septembre, les anciens supposèrent que ce fut le 27, et ensuite le 23 ou le 24, que Zacharie étant de retour chez lui après la fête, Élisabeth sa femme conçut Jean-Baptiste. C’est ce qui fit mettre la fête de la conception de ce saint à ces jours-là. Comme les femmes portent leurs enfants ordinairement deux cent soixante et dix ou deux cent soixante et quatorze jours, il fallut placer la naissance de saint Jean au 24 juin. Voilà l’origine de la Saint-Jean : voici celle de Noël qui en dépend.

Quatrièmement, on suppose qu’il y eut six mois entiers entre la conception de Jean-Baptiste et celle de Jésus, quoique l’ange dit simplement à Marie[15] que c’était alors le sixième mois de la grossesse d’Élisabeth. On mit donc conséquemment la conception de Jésus au 25 mars, et l’on conclut de ces diverses suppositions que Jésus devait être né le 25 décembre, neuf mois précisément après sa conception.

Il y a bien du merveilleux dans ces arrangements. Ce n’est pas un des moindres que les quatre points cardinaux de l’année, qui sont les deux équinoxes et les deux solstices, tels qu’on les avait placés alors, soient marqués des conceptions et des naissances de Jean-Baptiste et de Jésus. Mais voici un merveilleux bien plus digne d’être remarqué. C’est que le solstice où Jésus naquit est l’époque de l’accroissement des jours, au lieu que celui où Jean-Baptiste vint au monde est l’époque de leur diminution. C’est ce que le saint précurseur avait insinué d’une manière très-mystique dans ces mots où, parlant de Jésus[16] : Il faut, dit-il, qu’il croisse et que je diminue.

C’est à quoi Prudence fait allusion dans une hymne sur la nativité du Seigneur. Cependant saint Léon[17] dit que de son temps il y avait à Rome des gens qui disaient que ce qui rendait la fête vénérable était moins la naissance de Jésus que le retour, et, comme ils s’exprimaient, la nouvelle naissance du soleil. Saint Épiphane[18] assure qu’il est constant que Jésus naquit le 6 de janvier, mais saint Clément d’Alexandrie, bien plus ancien et plus savant que lui, place cette naissance au 18 novembre de la vingt-huitième année d’Auguste. Cela se déduit, selon la remarque du jésuite Petau sur saint Épiphane, de ces paroles de saint Clément[19] ; Depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu’à la mort de Commode, il y a en tout cent quatre-vingt-quatorze ans un mois et treize jours. » Or Commode mourut, suivant Petau, le dernier décembre de l’année 192 de l’ère vulgaire ; il faut donc que, selon Clément, Jésus soit né un mois et treize jours avant le dernier décembre, et par conséquent le 18 novembre de la vingt-huitième année d’Auguste. Sur quoi il faut observer que saint Clément ne compte les années d’Auguste que depuis la mort d’Antoine et la prise d’Alexandrie, parce que ce fut alors que ce prince resta seul maître de l’empire.

Ainsi l’on n’est pas plus assuré de l’année que du jour et du mois de cette naissance. Quoique saint Luc déclare qu’il[20] s’est exactement informé de toutes ces choses depuis leur premier commencement, il fait assez voir qu’il ne savait pas exactement l’âge de Jésus, quand il dit[21] qu’il avait environ trente ans lorsqu’il fut baptisé. En effet, cet évangéliste[22] fait naître Jésus l’année d’un dénombrement, qui fut fait, selon lui, par Cirinus ou Cirinius, gouverneur de Syrie, tandis que ce fut par Sentius Saturnius, si l’on en croit Tertullien[23]. Mais Saturnius avait déjà quitté la province la dernière année d’Hérode, et avait eu pour successeur Quintilius Varus, comme nous l’apprenons de Tacite[24] ; et Publius Sulpitius Quirinus ou Quirinius, dont veut apparemment parler saint Luc, ne succéda à Quintilius Varus qu’environ dix ans après la mort d’Hérode, lorsque Archélaüs, roi de Judée, fut relégué par Auguste, comme le dit Josèphe dans ses Antiquités Judaïques[25].

Il est vrai que Tertullien[26] et avant lui saint Augustin[27], renvoyaient les païens et les hérétiques de leur temps aux archives publiques où se conservaient les registres de ce prétendu dénombrement ; mais Tertullien renvoyait également aux archives publiques pour y trouver la nuit arrivée en plein midi au temps de la passion de Jésus, comme nous l’avons dit à l’article Éclipse, où nous avons observé le peu d’exactitude de ces deux Pères et de leurs pareils en citant les monuments publics, à propos de l’inscription d’une statue que saint Justin, lequel assurait l’avoir vue à Rome, disait être dédiée à Simon le Magicien, et qui l’était à un Dieu des anciens Sabins[28].

Au reste, on ne sera point étonné de ces incertitudes, si l’on fait attention que Jésus ne fut connu de ses disciples qu’après qu’il eut reçu le baptême de Jean. C’est expréssement à commencer depuis ce baptême que Pierre veut que le successeur de Judas rende témoignage de Jésus ; et, selon les Actes des apôtres[29], Pierre entend parler de tout le temps que Jésus a vécu avec eux.



NOMBRE[30].

Euclide avait-il raison de définir le nombre : collection d’unités de même espèce ?

Quand Newton dit que le nombre est un rapport abstrait d’une quantité à une autre de même espèce, n’a-t-il pas entendu par là l’usage des nombres en arithmétique, en géométrie ?

Wolf dit : Le nombre est ce qui a le même rapport avec l’unité qu’une ligne droite avec une ligne droite. N’est-ce pas plutôt une propriété attribuée au nombre qu’une définition ?

Si j’osais, je définirais simplement le nombre : l’idée de plusieurs unités.

Je vois du blanc : j’ai une sensation, une idée de blanc. Je vois du vert à côté. Il n’importe que ces deux choses soient ou ne soient pas de la même espèce, je puis compter deux idées. Je vois quatre hommes et quatre chevaux, j’ai l’idée de huit : de même trois pierres et six arbres me donneront l’idée de neuf.

Que j’additionne, que je multiplie, que je soustraie, que je divise, ce sont des opérations de ma faculté de penser que j’ai reçue du Maître de la nature ; mais ce ne sont point des propriétés inhérentes au nombre. Je puis carrer 3, le cuber ; mais il n’y a certainement dans la nature aucun nombre qui soit carré ou cube.

Je conçois bien ce que c’est qu’un nombre pair ou impair ; mais je ne concevrai jamais ce que c’est qu’un nombre parfait ou imparfait.

Les nombres ne peuvent avoir rien par eux-mêmes.

Quelles propriétés, quelle vertu pourraient avoir dix cailloux, dix arbres, dix idées, seulement en tant qu’ils sont dix ? Quelle supériorité aura un nombre divisible en trois pairs sur un autre divisible en deux pairs ?

Pythagore est le premier qui ait découvert des vertus divines dans les nombres. Je doute qu’il soit le premier : car il avait voyagé en Égypte, à Babylone et dans l’Inde, et il devait en avoir rapporté bien des connaissances et des rêveries. Les Indiens surtout, inventeurs de ce jeu si combiné et si compliqué des échecs, et de ces chiffres si commodes que les Arabes apprirent d’eux, et qui nous ont été communiqués après tant de siècles ; ces Indiens, dis-je, joignaient à leurs sciences d’étranges chimères ; les Chaldéens en avaient encore davantage, et les Égyptiens encore plus. On sait assez que la chimère tient à notre nature. Heureux qui peut s’en préserver ! heureux qui, après avoir eu quelques accès de cette fièvre de l’esprit, peut recouvrer une santé tolérable !

Porphyre, dans la Vie de Pythagore, dit que le nombre 2 est funeste. On pourrait dire que c’est au contraire le plus favorable de tous. Malheur à celui qui est toujours seul ! malheur à la nature, si l’espèce humaine et celle des animaux n’étaient souvent deux à deux !

Si 2 était de mauvais augure, en récompense 3 était admirable, 4 était divin ; mais les pythagoriciens et leurs imitateurs oubliaient alors que ce chiffre mystérieux 4, si divin, était composé de deux fois deux, nombre diabolique. Six avait son mérite, parce que les premiers statuaires avaient partagé leurs figures en six modules : nous avons vu que, selon les Chaldéens, Dieu avait créé le monde en 6 gahambârs. Mais 7 était le nombre le plus merveilleux : car il n’y avait alors que sept planètes ; chaque planète avait son ciel, et cela composait sept cieux, sans qu’on sût ce que voulait dire ce mot de ciel. Toute l’Asie comptait par semaine de sept jours. On distinguait la vie de l’homme en sept âges. Que de raisons en faveur de ce nombre !

Les Juifs ramassèrent avec le temps quelques balayures de cette philosophie. Elle passa chez les premiers chrétiens d’Alexandrie avec les dogmes de Platon. Elle éclata principalement dans l’Apocalypse de Cérinthe, attribuée à Jean le baptiseur.

On en voit un grand exemple dans le nombre de la bête[31].

« On ne peut acheter ni vendre, à moins qu’on n’ait le caractère de la bête, ou son nom, ou son nombre. C’est ici la science. Que celui qui a de l’entendement compte le nombre de la bête : car son nom est d’homme, et son nombre est 666[32]. »

On sait quelle peine tous les grands docteurs ont prise pour deviner le mot de l’énigme. Ce nombre, composé de 3 fois 2 à chaque chiffre, signifiait-il 3 fois funeste à la troisième puissance ? Il y avait deux bêtes ; et l’on ne sait pas encore de laquelle l’auteur a voulu parler. Nous avons vu que l’évêque Bossuet, moins heureux en arithmétique qu’en oraisons funèbres, a démontré que Dioclétien est la bête, parce qu’on trouve en chiffres romains 666 dans les lettres de son nom, en retranchant les lettres qui gâteraient cette opération. Mais en se servant de chiffres romains, il ne s’est pas souvenu que l’Apocalypse est écrite en grec. Un homme éloquent peut tomber dans cette méprise[33].

Le pouvoir des nombres fut d’autant plus respecté parmi nous qu’on n’y comprenait rien.

Vous avez pu, ami lecteur, observer au mot Figure quelles fines allégories Augustin, évêque d’Hippone, tira des nombres.

Ce goût subsista si longtemps qu’il triompha au concile de Trente. On y conserva les mystères, appelés Sacrements dans l’Église latine, parce que les dominicains, et Soto à leur tête, alléguèrent qu’il y avait sept choses principales qui contribuaient à la vie : sept planètes, sept vertus, sept péchés mortels, six jours de création et un de repos qui font sept ; plus, sept plaies d’Égypte : plus, sept béatitudes ; mais malheureusement les Pères oublièrent que l’Exode compte dix plaies, et que les béatitudes sont au nombre de huit dans saint Matthieu, et au nombre de quatre dans saint Luc. Mais des savants ont aplani cette petite difficulté en retranchant de saint Matthieu les quatre béatitudes de saint Luc ; reste à six : ajoutez l’unité à ces six, vous aurez sept. Consultez Fra Paolo Sarpi au livre second de son Histoire du Concile.



NOUVEAU, NOUVEAUTÉS[34].

Il semble que les premiers mots des Métamorphoses d’Ovide, In nova fert animus, soient la devise du genre humain. Personne n’est touché de l’admirable spectacle du soleil, qui se lève ou plutôt semble se lever tous les jours ; tout le monde court au moindre petit météore qui paraît un moment dans cet amas de vapeurs qui entourent la terre, et qu’on appelle le ciel :

Vilia sunt nobis quæcumque prioribus annis
Vidimus, et sordet quidquid spectavimus olim.

Un colporteur ne se chargera pas d’un Virgile, d’un Horace, mais d’un livre nouveau, fût-il détestable. Il vous tire à part, et vous dit : « Monsieur, voulez-vous des livres de Hollande ? »

Les femmes se plaignent depuis le commencement du monde des infidélités qu’on leur fait en faveur du premier objet nouveau qui se présente, et qui n’a souvent que cette nouveauté pour tout mérite. Plusieurs dames (il faut bien l’avouer, malgré le respect infini qu’on a pour elles) ont traité les hommes comme elles se plaignent qu’on les a traitées ; et l’histoire de Joconde est beaucoup plus ancienne que l’Arioste.

Peut-être ce goût universel pour la nouveauté est-il un bienfait de la nature. On nous crie : Contentez-vous de ce que vous avez, ne désirez rien au-delà de votre état, réprimez votre curiosité, domptez les inquiétudes de votre esprit. Ce sont de très-bonnes maximes ; mais si nous les avions toujours suivies, nous mangerions encore du gland, nous coucherions à la belle étoile, et nous n’aurions eu ni Corneille, ni Racine, ni Molière, ni Poussin, ni Le Brun, ni Le Moine, ni Pigalle.



NUDITÉ[35].

Pourquoi enfermerait-on un homme, une femme, qui marcheraient tout nus dans les rues ? Et pourquoi personne n’est-il choqué des statues absolument nues, des peintures de Magdeleine et de Jésus qu’on voit dans quelques églises ?

Il est vraisemblable que le genre humain a subsisté longtemps sans être vêtu.

On a trouvé dans plus d’une île, et dans le continent de l’Amérique, des peuples qui ne connaissaient pas les vêtements.

Les plus civilisés cachaient les organes de la génération par des feuilles, par des joncs entrelacés, par des plumes.

D’où vient cette espèce de pudeur ? Était-ce l’instinct d’allumer des désirs en voilant ce qu’on aimait à découvrir ?

Est-il bien vrai que chez des nations un peu plus policées, comme les Juifs et demi-Juifs, il y ait eu des sectes entières qui n’aient voulu adorer Dieu qu’en se dépouillant de tous leurs habits ? Tels ont été, dit-on, les adamites et les abéliens. Ils s’assemblaient tout nus pour chanter les louanges de Dieu : saint Épiphane et saint Augustin le disent. Il est vrai qu’ils n’étaient pas contemporains, et qu’ils étaient fort loin de leur pays. Mais enfin cette folie est possible ; elle n’est pas même plus extraordinaire, plus folie que cent autres folies qui ont fait le tour du monde l’une après l’autre.

Nous avons vu[36] à l’article Emblème qu’aujourd’hui même encore les mahométans ont des saints qui sont fous, et qui vont nus comme des singes. Il se peut très-bien que des énergumènes aient cru qu’il vaut mieux se présenter à la Divinité dans l’état où elle nous a formés, que dans le déguisement inventé par les hommes. Il se peut qu’ils aient montré tout par dévotion. Il y a si peu de gens bien faits dans les deux sexes que la nudité pouvait inspirer la chasteté, ou plutôt le dégoût, au lieu d’augmenter les désirs.

On dit surtout que les abéliens renonçaient au mariage. S’il y avait parmi eux de beaux garçons et de belles filles, ils étaient pour le moins comparables à saint Adhelme et au bienheureux Robert d’Arbrisselle, qui couchaient avec les plus jolies personnes, pour mieux faire triompher leur continence.

J’avoue pourtant qu’il eût été assez plaisant de voir une centaine d’Hélènes et de Pâris chanter des antiennes, et se donner le baiser de paix, et faire les agapes.

Tout cela montre qu’il n’y a point de singularité, point d’extravagance, point de superstition qui n’ait passé par la tête des hommes. Heureux quand ces superstitions ne troublent pas la société et n’en font pas une scène de discorde, de haine, et de fureur ! Il vaut mieux sans doute prier Dieu tout nu, que de souiller de sang humain ses autels et les places publiques.


  1. Questions sur l’Encyclopédie, huitième partie, 1771. (B.)
  2. Dictionnaire philosophique, 1765. (B.)
  3. Les éditeurs de Kehl avaient formé la première section de cet article de la quatorzième des Lettres philosophiques. Voyez les Mélanges, année 1734. (B.)
  4. Ce morceau était dans la troisième partie des Mélanges, 1756. Peut-être est-il plus ancien. (B.)
  5. Voyez Apocalypse, tome XVII, pages 289-290 ; et dans la Correspondance, une lettre du roi de Prusse, de janvier 1750.
  6. Il est auteur de l’Anti-Lucrèce. Voyez tome XVII, page 271.
  7. Les éditeurs de Kehl avaient imprimé comme troisième section une partie de la dix-septième des Lettres philosophiques : voyez les Mélanges, année 1734. (B.)
  8. Hérésie 51, n. 17 et 19. (Note de Voltaire.)
  9. Stromates, livre I, page 340. (Id.)
  10. Histoire du Manichéisme, tome II, page 692. (Id.)
  11. Cent. 2, col. 118. (Note de Voltaire.)
  12. Histoire naturelle, livre XVIII, chapitre xxv. (Id.)
  13. Sur le vers 720 du septième livre de l’Énéide. (Id.)
  14. Can. Isagog., liv. III, page 305. (Id.)
  15. Luc, chapitre i, v. 36. (Note de Voltaire.)
  16. Jean, chapitre iii, v. 30. (Id.)
  17. Sermon 21, tome II, page 148. (Id.)
  18. Hérésie 51, n. 29. (Id.)
  19. Stromates, livre 1, page 340. (Note de Voltaire.)
  20. Chapitre i, v. 3. (Id.)
  21. Chapitre iii, v. 23. (Id.)
  22. Chapitre ii, v. 2. (Id.)
  23. Livre IV, chapitre xix, contre Marcion. (Id.)
  24. Histoire, livre V, section 9. (Note de Voltaire.)
  25. Livre XVII, chapitre xv. (Id.)
  26. Livre IV, chapitre vi, contre Marcion. (Id.)
  27. Seconde Apologie. (Id.)
  28. Voyez les articles Adorer et Éclipse.
  29. Chapitre i, v. 22. (Note de Voltaire.)
  30. Article ajouté, en 1774, dans l’édition in-4° des Questions sur l’Encyclopédie. (B.)
  31. Apocalypse, chapitre xiii, v. 17 et 18. (Note de Voltaire.)
  32. Ce passage peut servir à trouver le temps où l’Apocalypse a été composée. Il est probable que c’est sous l’empire du tyran dont le nom est formé par des lettres telles que la somme de leurs valeurs numérales soit 666. D’après cela on a trouvé qu’elle avait été faite sous le règne de Caligula. (K.)
  33. Voyez l’article Apocalypse (seconde section). (Note de Voltaire.)
  34. Questions sur l’Encyclopédie, huitième partie. 1771. (B.)
  35. Questions sur l’Encyclopédie, neuvième partie, 1772. (B.)
  36. Tome XVIII, page 523.