De la variation des animaux et des plantes sous l’action de la domestication/Tome II/15

De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication (The Variation of Animals and Plants under Domestication)
Traduction par Jean-Jacques Moulinié.
C. Reinwald (Vol. 2p. 91-106).

CHAPITRE XV.

DU CROISEMENT.


Le libre entre-croisement efface les différences entre les races voisines. — Lorsque deux races sont mélangées en nombre inégal, l’une absorbe l’autre. — La rapidité de l’absorption est déterminée par la prépondérance de transmission, les conditions extérieures et la sélection naturelle. — Tous les êtres organisés se croisent occasionnellement : exceptions apparentes. — Sur certains caractères qui ne peuvent se fondre ensemble, principalement ou exclusivement ceux qui ont surgi subitement chez l’individu. — Modifications apportées à d’anciennes races, et formation de nouvelles par le croisement. — Races croisées qui ont reproduit fidèlement leur type dès leur formation. — Des croisements d’espèces distinctes dans leurs rapports avec la formation des races domestiques.


En discutant dans les deux précédents chapitres le retour et la prépondérance, j’ai dû nécessairement signaler plusieurs faits relatifs au croisement. Je vais maintenant examiner le rôle que joue le croisement dans deux directions opposées : — premièrement, en effaçant des caractères, et empêchant par conséquent ainsi la formation de races nouvelles ; et, secondement, en modifiant d’anciennes races, ou en contribuant à en former de nouvelles intermédiaires, par une combinaison de caractères. Je montrerai aussi que certains caractères ne sont pas susceptibles de fusion intime.

Les effets du libre croisement entre les membres d’une même variété ou de variétés voisines, quoique fort importants, sont trop évidents pour que nous ayons à les discuter longuement. C’est le libre croisement qui contribue le plus, tant à l’état de nature qu’à l’état de domestication, à maintenir l’uniformité dans les individus d’une même espèce ou variété, aussi longtemps qu’ils vivent mêlés ensemble, sans être exposés à aucune cause déterminant une variabilité excessive. L’empêchement au libre croisement, et un appariage judicieux des individus, sont les pierres angulaires de l’art de l’éleveur. Personne de sensé ne songera à améliorer ou à modifier une race dans un sens donné, ou à maintenir une race existante conforme à son type, sans tenir ses animaux séparés, ou, ce qui revient au même, sans détruire, à mesure qu’ils se présentent, les individus inférieurs. Dans les contrées peu ou point civilisées, où les habitants ne peuvent pas séparer leurs bêtes, il n’existe que rarement ou jamais plus d’une race de la même espèce. Autrefois, même dans un pays aussi civilisé que l’était l’Amérique du Nord, lorsque tous les moutons étaient mélangés, il n’y avait point de races distinctes[1]. Marshall[2], le célèbre agriculteur, remarquait que dans les moutons qu’on tient dans les enclos, aussi bien que chez les troupeaux gardés en pâturages ouverts, les individus d’un même troupeau ont une grande similitude, sinon uniformité de caractère ; car ils s’apparient librement entre eux, sans pouvoir se croiser avec d’autres sortes ; tandis que dans les parties non encloses de l’Angleterre, les moutons non gardés d’un même troupeau sont loin d’être uniformes, par suite du croisement et du mélange de plusieurs races. Nous avons vu que, dans les différents parcs anglais qui renferment du bétail à demi sauvage, les animaux d’un même parc ont des caractères uniformes, mais qu’ils diffèrent d’un parc à l’autre, parce qu’ils se reproduisent entre eux depuis un grand nombre de générations sans avoir été ni mélangés ni croisés.

Il n’est pas douteux que le nombre considérable de variétés et de sous-variétés de pigeons, qui peut être d’environ cent cinquante, ne soit en grande partie dû à ce que, différant en cela des autres oiseaux domestiques, ils s’apparient par couples pour la vie. Les races de chats importées d’autres pays disparaissent par contre bientôt, par suite de leurs habitudes vagabondes et nocturnes, qui rendent impossible tout empêchement à leur libre croisement. Au Paraguay, d’après Rengger[3], dans les parties reculées du pays et probablement par suite de l’effet du climat, le chat a pris des caractères particuliers et subi des modifications qu’il ne présente pas dans les environs de la capitale, à cause des croisements fréquents qui ont lieu dans la localité entre la race indigène et les chats qui arrivent d’Europe. Dans tous les cas de la nature du précédent, les effets d’un croisement occasionnel seront augmentés par l’accroissement de la vigueur et de la fécondité de ses produits, comme nous le verrons plus loin, car il en résultera une augmentation plus rapide des formes croisées que des races parentes pures.

Le résultat du libre croisement de races distinctes est toujours un corps hétérogène ; c’est le cas pour les chiens du Paraguay, qui sont loin d’être uniformes, et qu’on ne peut plus rattacher à leurs formes parentes[4]. Le caractère qu’un ensemble d’animaux croisés prendra définitivement par la suite, dépendra de plusieurs éventualités, — à savoir, des nombres relatifs des individus de deux ou plusieurs races qui pourront s’entremêler ; de la prépondérance d’une race sur une autre quant à la transmission de ses caractères, enfin des conditions extérieures au sein desquelles ils vivent. Lorsque deux races se trouvent d’abord mélangées en nombre égal, elles se confondront intimement plus ou moins promptement ; mais pas aussi vite qu’on aurait pu s’y attendre, même en supposant que les deux races se trouvent dans des conditions également favorables. C’est ce que montre le calcul suivant[5] : si on fonde une colonie composée d’un nombre égal de blancs et de noirs, en supposant qu’ils se marient indistinctement, soient également féconds, et qu’il en naisse et meure un sur trente par année ; au bout de soixante-cinq ans, il y aurait un nombre égal de noirs, de blancs et de mulâtres ; au bout de quatre-vingt-onze ans, il y aurait un dixième de blancs, un dixième de noirs, et huit dixièmes de mulâtres, soit d’individus de couleur intermédiaire ; au bout de trois siècles il ne resterait pas la centième partie des blancs.

Lorsqu’une des deux races mélangées excède numériquement l’autre de beaucoup, la moins nombreuse sera rapidement et à peu près entièrement absorbée par l’autre et perdue[6]. Ainsi les porcs et chiens européens qui ont été abondamment introduits dans les îles de l’océan Pacifique, ont absorbé les races indigènes dans le cours d’une soixantaine d’années[7] ; mais il est probable que les races importées ont été favorisées. On peut regarder les rats comme des animaux à demi domestiqués. Quelques rats (Mus alexandrinus) s’étant échappés au Jardin zoologique de Londres, les gardiens, pendant fort longtemps, attrapèrent fréquemment des rats croisés, qui furent d’abord demi-sang, puis présentèrent successivement toujours moins les caractères des rats d’Alexandrie, dont finalement il ne resta plus de traces[8]. Dans quelques parties de Londres, par contre, surtout près des Docks, où il arrive fréquemment des rats importés, on rencontre une variété infinie de formes intermédiaires entre les rats bruns, noirs et d’Alexandrie, qu’on considère ordinairement tous les trois comme des espèces distinctes.

On a souvent discuté la question de savoir combien il fallait de générations pour qu’une espèce ou une race put en absorber une autre par une série de croisements réitérés[9], et on a probablement beaucoup exagéré le nombre nécessaire. Quelques auteurs ont soutenu qu’il en fallait une douzaine, une vingtaine ou plus encore, ce qui est peu probable en soi, puisqu’à la dixième génération les descendants ne renferment plus que 1/1024 du sang étranger. Gärtner[10], expérimentant sur les plantes, a trouvé qu’une espèce peut en absorber une autre au bout de trois à cinq générations, et croit que cela doit toujours arriver dans six ou sept au plus. Dans un cas cependant, Kölreuter[11] parle des produits de Mirabilis vulgaris, croisé pendant huit générations successives avec le M. longiflora, comme ressemblant tellement à cette dernière, que l’observation la plus scrupuleuse n’aurait pu déceler « vix aliquam notabilem differentiam » ; il avait réussi, comme il le dit, « ad plenariam fere transmutationem. » Mais cette expression même montre que l’absorption n’était pas absolument complète, quoique ces plantes croisées ne continssent plus que la 256me partie du M. vulgaris. Les conclusions d’observateurs aussi exacts que Gärtner et Kölreuter ont une tout autre valeur que celles faites sans but scientifique par les éleveurs. Le cas le plus remarquable que je connaisse d’une durée persistante des effets d’un seul croisement, est celui donné par Fleischmann[12], à propos de moutons allemands ; la laine des moutons de la race grossière qui avait été le point de départ étant telle que 5,500 de ses fibres occupaient un pouce carré, il en fallait environ 8,000 par pouce carré après le troisième ou quatrième croisement avec le mérinos ; 27,000 après le vingtième ; du mérinos pur sang il entrait de 40,000 à 48,000 fibres par pouce carré. De sorte que, dans ce cas, le mouton ordinaire allemand, croisé successivement vingt fois avec le mérinos, était encore bien loin d’avoir acquis une laine aussi fine que celle de cette race pure. En tous cas, la rapidité de l’absorption devra dépendre largement de ce que les conditions extérieures seront plus favorables à quelque caractère particulier, et nous pouvons soupçonner que, sous le climat de l’Allemagne, il peut y avoir une tendance constante à la dégénérescence de la laine du mérinos, si elle n’est pas combattue et empêchée par une sélection attentive ; c’est ce qui expliquera peut-être le cas remarquable dont nous venons de parler. La rapidité de l’absorption doit encore dépendre des différences appréciables qui peuvent exister entre les deux formes croisées, et surtout, comme le dit Gärtner, de la prépondérance de transmission que peut avoir une des formes sur l’autre. Nous avons vu dans le chapitre précédent que, sur deux races françaises du mouton, l’une avait cédé et perdu ses caractères après croisement avec le mérinos, beaucoup plus lentement que l’autre ; l’exemple que nous venons de citer d’après Fleischmann est peut-être analogue. Mais dans tous les cas il y aura pendant plusieurs générations successives, une tendance plus ou moins prononcée au retour, et c’est probablement ce qui a conduit les auteurs à soutenir la nécessité d’une vingtaine de générations ou plus pour qu’une race soit entièrement absorbée par une autre. Nous ne devons pas non plus oublier, en envisageant le résultat final du croisement et du mélange de deux ou plusieurs races, que l’acte du croisement par lui-même tend à rappeler des caractères depuis longtemps perdus, et qui n’existaient pas chez les formes parentes immédiates.

Quant à l’influence des conditions extérieures sur deux races qui se croisent librement, il est très-probable qu’elle sera différente pour chacune, à moins que toutes deux ne soient indigènes et depuis longtemps acclimatées, et cette inégalité d’action modifiera le résultat du croisement. Il sera, même pour des races indigènes, rare que toutes deux se trouvent également bien adaptées aux circonstances extérieures, surtout lorsqu’on les laissera à elles-mêmes, errantes et sans s’en occuper, ce qui est généralement le cas des races qu’on laisse se croiser. Il en résultera, comme conséquence, une intervention de la sélection naturelle : les mieux adaptés l’emporteront, ce qui contribuera encore à déterminer le caractère définitif du corps nouveau produit du mélange.

Personne ne peut dire combien de temps il faudrait pour qu’un pareil ensemble d’animaux, dans un espace limité, atteignît à un caractère uniforme ; nous pouvons être certains que, par le libre croisement et la survivance des plus aptes, ces animaux deviendraient finalement uniformes ; mais, comme nous pouvons le voir d’après nos considérations précédentes, ils ne devront jamais, ou bien rarement, acquérir des caractères exactement intermédiaires à ceux des deux races parentes. Quant aux légères différences qui peuvent exister entre les individus d’une même sous-variété, et même de variétés voisines, il est évident que le libre croisement devra bientôt effacer de pareilles distinctions minimes. Il y aurait donc là un obstacle à la formation de nouvelles variétés, indépendamment de toute sélection, à moins qu’une même variation ne se représentât continuellement sous l’influence d’une cause prédisposante énergique. Nous devons donc conclure que le libre croisement a, dans tous les cas, joué un rôle important en donnant à tous les membres d’une race domestique, ou d’une même espèce naturelle, l’uniformité de caractères, quoique largement modifiés par la sélection naturelle et par l’action directe des conditions ambiantes.

Sur la possibilité de l’entrecroisement occasionnel de tous les êtres organisés. — On peut se demander si le libre croisement a pu avoir lieu chez les animaux et les plantes hermaphrodites. Tous les animaux supérieurs et les quelques insectes qui ont été domestiqués, ont les sexes séparés et doivent nécessairement s’unir par couples pour chaque reproduction. Quant aux croisements des hermaphrodites, le sujet, trop considérable pour ce volume, sera traité dans un ouvrage subséquent. J’ai donné, dans mon Origine des espèces, un court résumé des motifs qui me portent à croire que tous les êtres organisés se croisent[13] occasionnellement, bien que, dans quelques cas, cela ne leur arrive qu’à de longs intervalles. Je rappellerai ici le fait que beaucoup de plantes, quoique hermaphrodites par leur conformation, sont unisexuelles par leurs fonctions ; telles sont celles que C. K. Sprengel a nommées dichogames, dans lesquelles le stigmate et le pollen de la même fleur mûrissent à des époques différentes ; ou celles que j’appellerai réciproquement dimorphes, dans lesquelles le pollen d’une fleur n’est pas apte à féconder son propre stigmate ; ou encore les fleurs assez nombreuses chez lesquelles il existe des combinaisons mécaniques curieuses qui rendent impossible toute fécondation de la fleur par elle-même. Il y a toutefois beaucoup de plantes hermaphrodites qui ne sont en aucune façon conformées spécialement de manière à favoriser l’entre-croisement, mais qui cependant, se mélangent aussi librement que les animaux à sexes séparés. C’est ce qui arrive aux choux, aux radis et aux oignons, comme je m’en suis convaincu par expérience ; les paysans liguriens disent même qu’il faut empêcher les choux de « s’amouracher » les uns des autres. Dans les orangers, Gallesio[14] remarque que l’amélioration des différentes sortes est empêchée par leurs croisements continuels et presque réguliers. Il en est de même pour une foule d’autres plantes.

On peut cependant signaler quelques plantes cultivées qui ne s’entre-croisent que rarement, comme le pois commun ; ou jamais, comme je crois que cela est le cas pour le pois de senteur (Lathyrus odoratus), bien que la conformation de ses fleurs soit favorable à un croisement occasionnel. Les variétés de tomates et d’aubergines (Solanum) et de piments (Pimenta vulgaris [?]) ne se croisent jamais, à ce qu’on assure[15], même lorsqu’elles croissent à côté les unes des autres. Mais remarquons que ces plantes sont toutes exotiques, et nous ne savons pas comment elles se comportent dans leur pays natal, où elles peuvent être visitées par des insectes particuliers.

Il faut aussi admettre que quelques espèces naturelles paraissent, dans l’état actuel de nos connaissances, se féconder perpétuellement par elles-mêmes, ce qui est le cas de l’Ophride abeille (Ophrys apifera), bien que sa conformation ne soit pas de nature à empêcher un croisement. Le Leersia oryzoides produit de petites fleurs fermées qui ne peuvent pas se croiser, et qui, jusqu’à présent, sont les seules connues, à l’exclusion des fleurs ordinaires, qui aient donné de la graine[16]. On connaît encore quelques autres cas analogues ; cependant, malgré ces faits, je ne mets pas en doute qu’un entre-croisement occasionnel d’individus d’une même espèce ne soit une loi générale de la nature, et qu’il n’en résulte pour eux quelque avantage. On sait bien que quelques plantes, tant indigènes que naturalisées, ne produisent que rarement ou jamais de fleurs, et ne donnent jamais de graines quand elles fleurissent ; cependant personne n’en inférera que ce n’est pas une loi générale de la nature que toutes les plantes phanérogames produisent des fleurs, et celles-ci des graines. Des motifs analogues me portent à croire que les fleurs qui actuellement ne s’entre-croisent pas, ont pu le faire dans des conditions différentes, et se sont autrefois croisées par intervalles ; il est d’ailleurs possible que cela puisse encore leur arriver par la suite, à moins d’extinction, puisqu’elles conservent généralement une conformation qui ne rend point leur entre-croisement impossible. Cette manière de voir est la seule qui rende intelligibles plusieurs points de la conformation et de l’action des organes reproducteurs dans les plantes et animaux hermaphrodites, comme, par exemple, le fait que les organes mâles et femelles ne sont jamais si complétement renfermés, que tout accès du dehors soit impossible. Nous pouvons donc conclure que le plus important de tous les moyens tendant à amener l’uniformité chez les individus d’une même espèce, c’est-à-dire la possibilité d’entre-croisements occasionnels, existe ou a existé chez tous les êtres organisés.


Sur certains caractères qui ne se fusionnent pas. — En général, lorsqu’on croise deux races, leurs caractères tendent à se fusionner d’une manière intime, mais il en est qui semblent refuser de se combiner ainsi, et se transmettent de l’un des deux parents, ou de tous deux, sans modification au produit du croisement. Lorsqu’on apparie des souris grises avec des blanches, les produits ne sont ni pie ni d’une nuance intermédiaire, mais sont ou tout blancs, ou de la couleur grise ordinaire ; il en est de même lorsqu’on apparie les tourterelles blanches avec l’espèce commune. M. J. Douglas dit, au sujet de coqs de combat, que lorsqu’on croise la variété blanche avec la noire, on obtient pour produits des oiseaux des deux variétés parfaitement francs de couleur. Sir R. Heron, ayant, pendant plusieurs années, croisé des lapins angoras blancs, noirs, bruns et fauves, n’a jamais trouvé une seule fois ces diverses nuances mélangées sur un même individu, bien que souvent les quatre couleurs se trouvassent dans une même portée[17]. On pourrait en citer encore d’autres cas, mais cette forme de l’hérédité est loin d’être universelle, même pour les couleurs les plus distinctes. Lorsqu’on croise avec les races ordinaires les chiens bassets et les moutons Ancon, qui ont les membres rabougris, les produits ne sont pas intermédiaires, mais tiennent de l’un ou de l’autre de leurs parents. Les produits du croisement d’animaux sans queue ou sans cornes, avec des animaux complets, peuvent fréquemment, quoique pas toujours, ou présenter ces organes parfaitement développés ou en être dépourvus. D’après Rengger, l’absence de poils chez le chien du Paraguay peut se transmettre à ses métis, ou pas du tout ; mais j’ai eu occasion de voir un chien de cette origine et dont la peau était en partie velue, en partie nue ; les différentes portions étant aussi distinctement séparées que le sont les couleurs chez un animal pie. Lorsqu’on croise les dorkings à cinq doigts avec d’autres races, les poulets ont souvent cinq doigts à une patte et quatre à l’autre. Quelques porcs obtenus par Sir R. Heron, du croisement de la race commune et du porc à sabots pleins, n’avaient pas les quatre pieds dans un état intermédiaire ; mais dans deux, les sabots étaient normalement divisés, et réunis dans les deux autres.

On a observé des faits analogues sur les plantes. Le major Trevor Clarke ayant fécondé une petite giroflée (Matthiola) annuelle à feuilles glabres, par le pollen de la bisannuelle à grandes fleurs rouges et à feuilles rudes, obtint comme résultat du semis de la graine ainsi produite, des plantes dont la moitié furent à feuilles glabres, l’autre à feuilles rudes, mais aucune d’elles n’offrit un état intermédiaire. Les plantes à feuilles glabres provenaient bien de la fécondation de la variété à feuilles rudes, et non d’une fécondation accidentelle par le pollen même de la plante mère, car elles avaient la grande taille et le facies de la première[18]. Dans les générations subséquentes levées de la graine des hybrides à feuilles rudes, quelques plantes à feuilles glabres apparurent, montrant que le caractère glabre, incapable de se combiner avec celui des feuilles rudes ou de le modifier, était resté à l’état latent dans ces plantes. Nous trouvons un fait analogue dans les cas dont nous avons parlé précédemment, de produits de croisements réciproques opérés entre l’Antirrhinum ordinaire et sa forme pélorique ; car dans la première génération, toutes les plantes ressemblèrent à la forme commune ; et dans la seconde, deux seulement sur cent trente-sept, se trouvèrent intermédiaires ; toutes les autres étant semblables ou à la forme commune ou à la forme pélorique. Le major Trevor Clarke a aussi fécondé la giroflée mentionnée ci-dessus, à fleurs rouges, par du pollen d’une variété pourpre, et sur les plantes levées du semis de ce croisement, une moitié eurent à peu près le facies et exactement la couleur de la plante mère, et l’autre moitié des fleurs pourpres, comme celles de la plante paternelle. Gärtner a croisé un grand nombre d’espèces et de variétés de Verbascums à fleurs blanches et jaunes, sans que ces couleurs se soient jamais mélangées dans les produits, qui tous donnèrent des fleurs blanches ou jaunes, les premières étant en plus forte proportion[19]. Le Dr Herbert a levé de graine des produits du croisement du navet de Suède avec deux autres variétés qui n’ont jamais produit de fleurs de nuances intermédiaires, mais toutes semblables à celles des formes parentes. J’ai fécondé le pois de senteur pourpre (Lathyrus odoratus), dont la fleur a l’étendard d’un pourpre rougeâtre foncé, et les ailes et la carène violettes, par le pollen d’une autre variété, dont l’étendard est de couleur cerise pâle, les ailes et la carène presque blanches ; et j’ai obtenu à deux reprises, de grains d’une même gousse, des plantes ressemblant aux deux variétés, mais le plus grand nombre semblables à la forme paternelle. La ressemblance était si complète, que j’eusse pu croire à quelque erreur, si les plantes, qui étaient d’abord identiques à la variété paternelle, n’avaient pas, plus tard dans la saison, produit des fleurs tachées ou rayées de pourpre foncé. J’ai encore levé de graine deux générations de ces plantes croisées, qui ont continué à ressembler à la même variété ; mais bien que les dernières générations fussent un peu plus tachetées de pourpre, il n’y en eut aucune qui fit complètement retour à la plante mère originelle, le L. odoratus. Le cas suivant, quoique un peu différent, est cependant analogue : Naudin[20] ayant levé de nombreux hybrides entre le Linaria vulgaris jaune, et le L. purpurea pourpre, les couleurs demeurèrent distinctes dans différentes parties de la même fleur pendant trois générations. Des cas comme ceux que nous venons de signaler, dans lesquels les produits de première génération ressemblent complétement à l’un ou à l’autre des parents, nous passons insensiblement à ceux dans lesquels des fleurs diversement colorées, portées sur une même racine, ressemblent aux deux parents, puis à ceux où une même fleur ou fruit se trouve tachetée ou rayée des deux couleurs parentes, ou porte une seule raie de la couleur, ou toute autre particularité caractéristique d’une de ses formes ascendantes. Chez les hybrides, il arrive souvent et même assez généralement, qu’ils ressemblent à l’un de leurs ascendants par une partie de leur corps, et au second sur un autre point ; il semble donc que, là encore, il y ait quelque résistance au mélange ou à la fusion des caractères, ou ce qui revient au même, intervention de quelque affinité mutuelle entre les atomes organiques similaires ; car autrement toutes les parties du corps devraient être intermédiaires par leurs caractères. De même aussi, lorsque les descendants d’hybrides qui sont eux-mêmes presque intermédiaires par leurs caractères, font retour complétement ou par segments à leurs ancêtres, ce doit être en vertu d’un principe de l’affinité des atomes similaires et de la répulsion des atomes dissimilaires. Nous aurons, dans notre chapitre sur la pangenèse, à revenir sur ce principe qui paraît avoir une grande généralité.

Il est un point remarquable, et sur lequel Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a déjà insisté au sujet des animaux, c’est que la transmission des caractères sans fusion intime est excessivement rare dans les croisements d’espèces. Je n’en connais qu’une exception, qui se rencontre chez les hybrides qui se produisent naturellement entre deux espèces de corneilles, les Corvus corone et cornix, qui sont toutefois deux espèces très-voisines et ne différant que par la couleur. Je n’ai jamais rencontré de cas bien avéré de transmission de ce genre, même lorsqu’une des formes est fortement prépondérante sur l’autre, et lorsqu’on croise deux races qui ont été lentement formées par sélection de l’homme, et ressemblent par conséquent jusqu’à un certain point aux espèces naturelles. Les cas comme ceux de chiens d’une même portée, ressemblant à deux races distinctes, sont probablement dus à une superfétation, — c’est-à-dire à l’influence de deux pères. Tous les caractères énumérés plus haut, qui se transmettent exactement à certains descendants et pas aux autres, — tels que des couleurs distinctes, la peau nue, les feuilles glabres, l’absence de queue ou de cornes, les doigts surnuméraires, la pélorie, etc., sont tous connus pour avoir surgi subitement chez des individus tant végétaux qu’animaux. D’après ce fait, et d’après celui que les légères différences accumulées qui distinguent les unes des autres les races domestiques et les espèces, ne paraissent pas susceptibles de cette forme particulière de transmission, nous pouvons conclure quelle est en quelque manière liée à l’apparition soudaine des caractères en question.


Modifications de races anciennes et formation de races nouvelles par le croisement. — Nous avons jusqu’ici considéré le croisement comme déterminant l’uniformité des caractères ; nous allons maintenant apprécier ses effets au point de vue opposé. Il ne peut y avoir de doute que le croisement, joint à une sélection rigoureuse continuée pendant plusieurs générations, n’ait été un moyen puissant de modifier d’anciennes races, et d’en créer de nouvelles. Lord Orford a opéré un croisement dans sa fameuse meute de lévriers avec le bouledogue, race qui fut choisie parce qu’elle manquait d’odorat, mais possédait au plus haut degré le courage et la ténacité, qualités qu’on recherchait. Au bout de six ou sept générations, toutes traces de la forme extérieure du bouledogue furent éliminées dans les descendants, mais le courage et la persévérance persistèrent. Quelques chiens d’arrêt (Pointers) ont été croisés avec la race des chiens chassant le renard (Foxhounds), pour leur donner de la fougue et de la rapidité. On a infusé quelque peu de sang de la race de Combat dans quelques familles de Dorkings ; et j’ai connu un grand éleveur de pigeons qui, dans une seule circonstance, a croisé ses Turbits avec des Barbes, pour augmenter un peu la largeur de leur bec.

Dans les exemples que nous venons de donner, les races n’ont été croisées qu’une fois, dans le but de modifier un caractère particulier ; mais dans la plupart des races améliorées du porc, qui actuellement se reproduisent exactement, des croisements réitérés ont eu lieu ; — ainsi la race Essex améliorée, doit sa valeur à des croisements répétés avec la race napolitaine, et probablement à quelque infusion de sang chinois[21]. Il en a été de même pour nos moutons anglais, dont toutes les races, la Southdown exceptée, ont été largement croisées ; c’est du reste, l’histoire de toutes nos races principales[22]. Pour en donner un exemple, les moutons Oxfordshire Downs comptent actuellement comme une race fixe[23]. Ils ont été produits en 1830 par des croisements de brebis de Hampshire et dans quelques cas de brebis Southdowns, avec des béliers Cotswold ; le bélier Hampshire était lui-même le produit de croisements répétés entre les Hampshire et les Southdowns ; et les Cotswold à longue laine ont été améliorés par des croisements avec les Leicester, ces derniers étant eux-mêmes, à ce qu’on croit, le résultat d’un croisement entre plusieurs moutons à longue laine. Après avoir étudié tous les cas qui ont été enregistrés avec suffisamment de soin, M. Spooner arrive à la conclusion qu’on peut établir une nouvelle race par un appariage judicieux d’animaux croisés. On a, sur le continent, des connaissances assez précises sur l’histoire de plusieurs races de bétail et même d’autres animaux croisés. Après vingt-cinq ans, soit six ou sept générations, le roi de Wurtemberg a créé une nouvelle race de bétail, provenant du croisement d’une race suisse avec une hollandaise, combinée avec quelques autres encore[24]. Le Bantam Sebright, qui est actuellement une race aussi fixe qu’aucune autre, a été formé il y a environ soixante ans par un croisement complexe[25]. Les Brahmas foncés, que quelques éleveurs considèrent comme une espèce distincte, sont nés récemment aux États-Unis[26], d’un croisement entre les Chittagongs et les Cochinchinois. Quant aux plantes, il est à peu près certain que quelques variétés de navets, actuellement très-répandues, sont des races croisées, et on possède des données authentiques sur l’histoire d’une variété de froment obtenue au moyen de deux variétés bien distinctes, et qui devint fixe après six ans de culture[27].

Jusque dans ces derniers temps, les éleveurs expérimentés et prudents, quoique non contraires à une infusion unique de sang étranger, étaient généralement convaincus que toute tentative pour établir une nouvelle race intermédiaire entre deux races bien distinctes, était inutile ; « ils se cramponnaient avec une ténacité superstitieuse à la doctrine de la pureté du sang, en dehors de laquelle on ne pouvait avoir aucune sécurité[28]. » Cette conviction n’était pas déraisonnable ; lorsqu’on croise deux races distinctes, les produits de première génération sont généralement uniformes de caractère ; mais cela n’est pas toujours le cas, surtout dans les croisements des chiens et des races gallines, dont les jeunes présentent quelquefois une assez grande diversité. Les animaux croisés étant généralement vigoureux et de forte taille, on les a produits en grande quantité pour la consommation immédiate. Mais pour la reproduction, on les a trouvés inutiles, car bien qu’étant eux-mêmes uniformes par leurs caractères, ils donnent, quand on les apparie ensemble, des descendants qui, pendant plusieurs générations, peuvent être étonnamment diversifiés. L’éleveur se désespère et conclut à l’impossibilité de faire une nouvelle race. Mais, d’après les cas que nous avons donnés, et un grand nombre d’autres connus, il paraît que ce n’est qu’une affaire de patience ; car selon la remarque de M. Spooner, la nature n’offrant pas d’obstacle au mélange, on peut arriver à créer une nouvelle race avec du temps, une sélection et une épuration rigoureuses. Après six ou sept générations, on obtiendra, le plus souvent, le résultat désiré, mais il peut même alors arriver un retour, et il faut s’y attendre. Toutefois la tentative échouera certainement, si les conditions extérieures se trouvent être décidément défavorables aux caractères de l’une ou de l’autre des races parentes[29].

Quoique les produits de la seconde génération et des suivantes soient généralement, chez les animaux croisés, d’une variabilité extrême, on a observé quelques exceptions curieuses à cette règle, tant dans des races que dans des espèces croisées. Ainsi, MM. Boitard et Corbié[30] assurent qu’en croisant un Grosse-gorge et un Runt, « il pourra apparaître un Cavalier, que nous avons rangé dans les pigeons de race pure, parce qu’il transmet toutes ses qualités à sa postérité. » L’éditeur du Poultry Chronicle[31] a obtenu du croisement d’un coq espagnol noir et d’une poule malaise, quelques oiseaux bleuâtres, qui demeurèrent de génération en génération constants par la couleur. La race Himalayenne du lapin a été formée par le croisement de deux variétés du lapin gris argenté, et bien quelle ait surgi brusquement avec ses caractères actuels, qui sont fort différents de ceux de ses parents, elle s’est depuis facilement et constamment propagée sans changement. J’ai croisé des canards Labradors et Pingouins, et recroisé leurs produits avec des Pingouins ; la plupart des canards élevés pendant trois générations furent presque uniformes, de couleur brune, avec une marque blanche en forme de croissant sur la partie inférieure de la poitrine, et quelques taches blanches à la base du bec ; de sorte qu’avec un peu de sélection une nouvelle race eût facilement pu être formée. Pour les plantes, M. Beaton[32] constate que « le croisement opéré par Melleville entre un chou écossais et un autre chou précoce est un produit aussi fixe qu’aucune autre variété de chou connue ; » mais il est probable que dans ce cas la sélection aura été employée. Gärtner[33] cite cinq cas d’hybrides, dont la descendance s’est maintenue constante ; et des hybrides des Dianthus armeria et deltoides sont restés fixes et uniformes jusqu’à la dixième génération. Le Dr Herbert m’a également montré un hybride de deux espèces de Loasa, qui dès son apparition s’était maintenu constant pendant plusieurs générations.

Nous avons vu dans les premiers chapitres de cet ouvrage que quelques-uns de nos animaux domestiques, tels que le chien, le bétail, le porc, etc., sont presque certainement les descendants de plus d’une espèce, ou race sauvage, si on préfère appliquer ce dernier terme aux formes capables de se maintenir distinctes à l’état de nature. Le croisement d’espèces primitivement distinctes a donc probablement dû, dès les premières périodes, jouer un rôle dans la formation de nos races actuelles. D’après les observations de Rütimeyer, il n’y a presque pas à douter que cela ne soit arrivé pour le bétail, et dans la plupart des cas, il est probable que, dans ces croisements libres, une des formes aura absorbé et fait disparaître les autres. Il n’est pas en effet présumable que des hommes à demi civilisés aient dû alors se donner la peine de modifier par sélection leurs troupeaux mélangés, croisés et fluctuants. Cependant, les animaux les mieux adaptés aux conditions ambiantes auront survécu par sélection naturelle, et le croisement aura, de cette manière, indirectement contribué à la formation des races domestiques primitives.

Dans des temps plus modernes, et en ce qui concerne du moins les animaux, les croisements d’espèces distinctes n’ont contribué que pour peu ou même pour rien à la formation et à la modification de nos races. On ne sait pas encore si les espèces de Bombyx qu’on a récemment croisées en France donneront des races permanentes. Dans le quatrième chapitre, j’ai, avec quelque hésitation, fait allusion au fait qu’une nouvelle race provenant du lièvre et du lapin, appelée léporide, avait été créée en France, et était capable de se maintenir par elle-même ; mais on affirme[34] actuellement que c’est une erreur. Chez les plantes qu’on peut propager par bourgeons et boutures, l’hybridisation a fait des merveilles, comme chez les Roses, Rhododendrons, Pélargoniums, Calcéolaires et Pétunias. Presque toutes ces plantes peuvent facilement se propager par graines, mais peu ou point ne se reproduisent ainsi d’une manière constante.

Quelques auteurs admettent que le croisement est la principale cause de la variabilité, — c’est-à-dire de l’apparition de caractères absolument nouveaux. Il en est qui ont été jusqu’à le regarder comme en étant la cause unique ; mais les faits que nous avons donnés sur les variétés de bourgeons s’opposent à cette conclusion. Si l’opinion que des caractères qui n’existent chez aucun des parents ni chez les ancêtres, peuvent devoir leur origine au fait du croisement, est fort douteuse, celle qu’ils apparaissent fréquemment à l’occasion d’un croisement est très-probable ; mais la discussion de ce sujet sera mieux placée dans le chapitre où nous traiterons des causes de la variabilité.

Nous donnerons, au dix-neuvième chapitre, un résumé succinct de celui-ci et des trois qui vont suivre, en y ajoutant quelques remarques sur l’hybridité.



  1. Communications to the Board of Agriculture, vol. I, p. 367.
  2. Review of Reports, North of England, 1808, p. 200.
  3. Saügethiere von Paraguay, 1830, p. 212.
  4. Rengger, O. C., p. 154.
  5. White, Regular gradation in Man, p. 146.
  6. Le Dr W. F. Edwards, dans Caractères physiologiques des races humaines, p. 23, a le premier appelé l’attention sur ce sujet, qu’il a discuté avec talent.
  7. Rev. D. Tyerman et Bennett, Journ. of Voyages, 1821–29, vol. I, p. 300.
  8. M. S. J. Salter, Journ. Linn. Soc., vol. VI, 1862, p. 71.
  9. Sturm, Ueber Racen, etc., 1825, p. 107. — Bronn, Geschichte der Natur, vol. II, p. 170, donne une table indiquant les proportions de sang après des croisements successifs. Dr P. Lucas, O. C., t. II, p. 308.
  10. Bastarderzeugung p. 463, 470.
  11. Nova Acta Petrop., 1791, p. 393.
  12. Cité dans True Principles of Breeding, par C. H. Macknight and Dr H. Madden, 1865, p. 11.
  13. Le Dr Hildebrand a publié un travail remarquable sur ce sujet relativement aux plantes : Die Geschlechter-Vertheilung bei den Pflanzen, 1867, dans lequel il arrive aux mêmes conclusions générales que moi.
  14. Teoria della Riproduzione, etc., 1816, p. 12.
  15. Verlot, des Variétés, 1865, p. 72.
  16. Duval-Jouve, Bull. Soc. Bot. de France, t. x, 1863, p. 194.
  17. Extrait d’une lettre de Sir R. Heron à M. Yarrell, 1838. — Annales des Sciences nat., t. I, p. 180, pour les souris. — Pour les tourterelles, Boitard et Corbié, Les Pigeons, etc., p. 238. — Pour les coqs de combat, Poultry Book, 1866, p. 128. — Pour les croisements des poules sans queue, Bechstein, Naturg. Deutschl., vol. III, p. 403. — Bronn, Gesch. der Natur., vol. II, p. 170, cite des faits analogues sur les chevaux. — Pour les chiens américains nus, Rengger, Säugethiere von Paraguay, p. 152. J’ai vu au Jardin zoologique des métis d’un pareil croisement qui étaient nus, ou tout velus, ou velus par places. — Pour les croisements de Dorkings et autres races gallines, Poultry Chronicle, vol. II, p. 355. — Pour les porcs croisés, lettre de Sir R. Heron précitée. Voir aussi Lucas, Héréd. naturelle, t. I, p. 212.
  18. Internat. Hort. and Bot. Congress of London, 1866.
  19. Bastarderzeugung, p. 307. — Kölreuter, Dritte Fortsetzung, p. 34, 39, a toutefois obtenu des formes intermédiaires dans des croisements de Verbascum. Voir, pour les navets, Herbert, Amaryllidaceæ, 1837, p. 370.
  20. Nouv. Archives du Muséum, t. I, p. 100.
  21. Richardson, Pigs, 1847, p. 37, 42. — Édit. Sidney de Youatt, On the pig, 1860, p. 3.
  22. W. C. Spooner, sur les croisements, Journ. Roy. Agric. Soc., vol. xx, part. II. — Ch. Howard, Gardener’s Chronicle, 1860, p. 320.
  23. Gardener’s Chronicle, 1857, p. 649, 652.
  24. Bull. de la Soc. d’acclimatation, 1862, t. IX, p. 463. — Moll et Gayot, du Bœuf, 1860, p. xxxii
  25. Poultry Chronicle, vol. II, 1854, p. 36.
  26. Poultry Book, 1866, p. 58.
  27. Gardener’s Chronicle, 1852, p. 765.
  28. Spooner, Journ. Roy. Agric. Soc., vol. xx, p. ii.
  29. Colin, Traité de Phys. comp. des Animaux domestiques, t. II, p. 536, a fort bien traité ce sujet.
  30. O. C., p. 37.
  31. Vol. I, 1854, p. 101.
  32. Cottage Gardener, 1856, p. 110.
  33. O. C., p. 553.
  34. Dr Pigeaux, Bulletins de la Soc. d’Acclimatation, t. III, juillet 1866, cité dans Ann. and Mag. of Nat. Hist., 1867, vol. xx, p. 75.