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Œuvres complètes - Tome IIIVaniervolume III (p. 70-71).

XII


Oui, tu m’inspires, Muse et que non pas Musette !
Philomène et non pas Lisette, Philomène
Telle quelle, « nature », et parbleu ! très humaine
Et très divine aussi, très déesse, mazette !

Ma Philomène avait du bon sens dans sa tête
Et de la fantaisie au cœur, de la meilleure
Et du meilleur bon sens, celui qu’à la male heure
Sollicite le mien de bon sens de poète !

Ta fantaisie elle est immense, active, ardente,
Gaîté mêlée à de sombre mélancolie.
Quelle chaude gaîté quand ton chagrin s’oublie,
Ce chagrin qui pudiquement rêve en sa tente.

Quant à ta bonté, c’est ma vie et c’est mon être
Sans elle je languis dans ma fade ironie.
Par elle je retrouve une aube bénie
Toutes naïvetés où le jour va renaître,


Le beau jour baptismal de mon adolescence !
Tu me rends la jeunesse et les belles folies,
Ô muse mienne, ô femme mienne, tu délies
Et ma langue et mon âme.
Ô plus, dis, plus d’absence !