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Œuvres complètes - Tome IIIVaniervolume III (p. 72-73).

XIII


Ô ! l’absence ! le moins clément de tous les maux !
(La bonne Chanson.)


J’ai dit jadis que l’absence
Est le plus cruel des maux,
On s’y berce avec des mots,
C’est l’horreur de la puissance

Sans la consolation
Du moins de quoique caresse,
On meurt sans qu’il y paraisse
On est mort, dis-je, et si on

Feint de respirer encore,
C’est bien machinalement.
Ô ce découragement
À voir se lever l’aurore.


Or, depuis que dans ces lieux
Je souffre, — dès toi venue, —
Par quelle force inconnue,
Allé-je infiniment mieux ?

C’est l’histoire de l’éphèbe
Mourant de la vierge au loin !
Qu’elle arrive et soit témoin,
Comme il nargue et fuit l’Érèbe !

Et tant que j’y resterai,
Accours en ce limbe blême :
Moi qui déjà y’aime et t’aime,
Ô que je t’adorerai !