Cruelle Énigme (Bourget)/05

Cruelle Énigme. Profils perdus
Plon-Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs (p. 86-100).


V

LA MÈRE ET LE FILS


Quinze jours plus tard, Hubert Liauran descendait sur le quai de la gare du Nord, vers cinq heures du soir, revenant de Londres par le train de jour. Le comte Scilly et Mme Castel l’attendaient. Que devint-il lorsqu’il aperçut, parmi les visages qui se pressaient autour des portes, celui de Thérèse ? Ils avaient arrêté par lettres qu’ils se rencontreraient le soir de ce jour, qui était un mardi, au Théâtre-Français, dans sa loge. Elle, pourtant, n’avait pas résisté au désir de le revoir quelques heures plus tôt, et dans ses yeux éclatait une émotion suprême, faite du bonheur de le contempler et du chagrin d’être séparée de lui ; car ils ne purent échanger qu’un salut, qui échappa heureusement à la grand’mère. Thérèse disparut, et tandis que le jeune homme se tenait dans la salle des bagages, un involontaire mouvement de mauvaise humeur s’élevait en lui, qui lui faisait se dire que les deux vieilles gens, dont il était pourtant si aimé, auraient bien dû n’être pas là. Cette petite impression pénible, qui lui montrait, à la minute même de son retour, la chaîne pesante des tendresses de famille, se renouvela aussitôt qu’il se retrouva en face de sa mère. Dès le premier regard, il se sentit étudié, et, comme il n’avait guère l’habitude des dissimulations, il se crut deviné. Ses yeux, en effet, avaient changé, comme changent ceux d’une jeune fille devenue femme, d’un de ces changements imperceptibles qui résident dans une si légère différence d’expression. Comment la mère s’y serait-elle trompée, elle qui depuis tant d’années suivait les plus vagues reflets de ces prunelles noires, et qui maintenant y saisissait un fonds de félicité enivrée et insondable ? Mais poser une question à ce sujet, la pauvre femme ne le pouvait pas. Les nuances, ces événements de la vie du cœur, échappent aux formules des phrases, et de là naissent les pires malentendus. Hubert fut très gai durant le dîner, d’une gaieté que rendait un peu nerveuse la prévision d’une difficulté toute prochaine. Comment sa mère allait-elle prendre sa sortie du soir ? Il n’y avait pas une demi-heure qu’on avait quitté la table, lorsqu’il se leva, comme quelqu’un qui va dire adieu.

« Tu nous laisses ? » fit Mme Liauran.
— « Oui, maman, « répondit-il avec une légère rougeur à ses joues ; « Emmanuel Deroy m’a chargé d’une commission extrêmement pressée et que je dois exécuter dès ce soir… »

— « Tu ne peux pas la remettre à demain et nous donner ta première soirée ? » fit Mme Castel, qui voulut épargner à sa fille l’humiliation d’un refus qu’elle prévoyait.

— « Véritablement non, grand’mère, » répliqua-il avec un ton de badinage enfantin ; « ce ne serait pas gracieux pour mon ami, qui a été si gentil à Londres… »

— « Il nous ment, » se dit Mme Liauran ; et, comme le silence s’était fait parmi les hôtes du salon après le départ d’Hubert, elle écouta si la porte d’entrée de l’hôtel allait s’ouvrir aussitôt. Il s’écoula une demi-heure sans qu’elle entendît le bruit du battant. Elle n’y put tenir et pria le général d’aller jusque dans l’appartement du jeune homme, sous le prétexte de prendre un livre, afin de savoir s’il s’était habillé. Il s’était habillé en effet. Il allait donc chez Mme de Sauve, ou bien dans le monde, afin de l’y revoir. Ce fut la conclusion que tira de cet indice la mère jalouse, qui, pour la première fois, avoua au comte ses longues inquiétudes. L’accent dont elle parlait empêcha ce dernier de confesser à son tour l’emprunt qu’Hubert lui avait fait des trois mille francs, dépensés sans doute, songea-t-il, à suivre cette femme.

— « Il m’a menti une fois encore, » s’écria Mme Liauran, « lui qui avait une telle horreur du mensonge. Ah ! comme elle me l’a changé ! » Ainsi, l’évidence d’une métamorphose de caractère subie par son fils la torturait dès ce premier jour. Ce fut pis encore durant ceux qui suivirent. Elle ne voulut cependant pas admettre tout de suite que son cher, son candide Hubert fût l’amant de Mme de Sauve. Elle ne se résignait pas à l’idée qu’il put se rendre coupable d’une faute de cet ordre sans de terribles remords. Elle l’avait élevé dans de si étroits principes de religion ! Elle ignorait que précisément le premier soin de Thérèse avait été d’endormir tous les scrupules de conscience de son jeune ami, en le conduisant, par d’insensibles degrés, de la tendresse timide à la passion brûlante. Pris au lacet de ce doux piège, Hubert n’avait à la lettre jamais jugé sa vie depuis ces cinq mois, et la nature s’était faite la complice de la femme aimante. Nous nous repentons bien de nos plaisirs, mais il est malaisé d’avoir des remords du bonheur, et l’enfant était heureux d’une de ces félicités absolues qui ne voient même pas les souffrances qu’elles causent. C’était cependant sur le pouvoir de sa souffrance que Mme Liauran comptait presque uniquement dans la campagne qu’elle avait entreprise, elle, une simple femme qui ne savait de la vie que ses devoirs, contre une créature qu’elle imaginait à la fois prestigieuse et fatale, ensorcelante et meurtrière. Elle avait adopté le naïf système commun à toutes les jalousies tendres, et qui consiste à montrer sa peine. Elle se disait : « Il verra que j’agonise. Est-ce que cela ne suffira pas ? » Le malheur était qu’Hubert, enivré par sa passion, n’apercevait dans la peine de sa mère qu’une injustice tyrannique à l’égard d’une femme qu’il considérait comme divine, et d’un amour qu’il estimait sublime Lorsqu’il revenait du bois de Boulogne, le matin, après s’être promené à cheval et avoir vu passer Mme de Sauve dans sa voiture attelée de deux ponettes grises qu’elle conduisait elle-même, il rencontrait à déjeuner le profil attristé de sa mère, et il se disait : « Elle n’a pas le droit d’être triste. Je ne lui ai rien pris de mon affection. » Il raisonnait, au lieu de sentir. Sa mère lui mettait son cœur saignant sur son chemin, et il passait outre. Quand il devait dîner au dehors, et qu’à l’instant du départ l’adieu de sa mère lui présageait que Mme Liauran passerait à le regretter une soirée de mélancolie, il songeait : « Si elle savait pourtant que Thérèse me reproche de consacrer à notre amour trop de mes heures ? » Et c’était vrai. La maîtresse avait cette générosité facile des femmes qui se savent immensément préférées, et qui se gardent bien de demander à celui qui les aime d’agir comme elles le désirent. Le plaisir est si délicat de laisser son amant libre, de l’encourager même à vous sacrifier à d’autres devoirs, quand on est certaine de ce que sera sa décision ! Il arrivait aussi qu’Hubert revînt à l’hôtel de la rue Vaneau ayant eu avec Thérèse un rendez-vous secret dans la journée. — Emmanuel Deroy avait mis à la disposition de son ami la petite garçonnière qu’il conservait avenue Friedland. — Mais alors, soit que la tristesse nerveuse dont s’accompagnent les trop vifs plaisirs le rendit cruel, soit que de secrets remords de conscience vinssent le tourmenter, soit que le contraste fût trop fort entre les formes charmantes que prenait la tendresse de Thérèse et les formes tristes que revêtait celle de Mme Liauran, le jeune homme devenait réellement ingrat. L’irritation grandissait en lui, et non la pitié, devant le chagrin de celle dont il était pourtant le fils idolâtré. Marie-Alice saisissait cette nuance, et elle en souffrait plus que de tout le reste, sans deviner que l’excès de sa douleur était une faute irréparable de conduite et qu’une comparaison démoralisante s’établissait dans l’esprit d’Hubert entre les sévérités de la famille et les caressantes délices de l’affection choisie.

La mère, épuisée par une inquiétude continuelle, était à bout de forces, quand un événement inattendu, quoique facile à prévoir, mit davantage encore en saillie l’antagonisme qui la faisait se heurter sans cesse contre son fils. On était dans la semaine sainte. Elle avait compté sur la confession et la communion d’Hubert pour hasarder une tentative suprême et le décider à rompre des relations qu’elle jugeait encore incomplètement coupables, mais si dangereuses. Il ne pouvait pas entrer dans sa tête de fervente chrétienne que son fils manquât au devoir pascal. Aussi n’avait-elle aucun doute sur sa réponse, en lui demandant, à un moment où ils se trouvaient seuls :

— « Quel jour feras-tu tes pâques cette année ? »

— « Maman, » répondit Hubert avec un sensible embarras « je vous demande pardon du chagrin que je vais vous causer. Il faut que je vous l’avoue cependant, des doutes me sont venus, et, en toute conscience, je ne crois pas pouvoir m’approcher de la Sainte Table. »
Cette réponse fut l’éclair qui montra soudain à Marie-Alice l’abîme où son fils avait roulé, tandis qu’elle le croyait seulement sur le bord. Elle ne fut pas la dupe une minute du prétexte imaginé par Hubert. Et d’où lui seraient venus des doutes religieux, à lui qui depuis des mois ne lisait aucun livre ? Elle connaissait d’ailleurs la simplicité d’âme de cet enfant, à l’instruction de qui elle avait présidé. Non. S’il ne voulait pas communier, c’est qu’il ne voulait pas se confesser. Il avait horreur d’avouer une faute inavouable. Laquelle, sinon celle qui avait été l’œuvre mauvaise de ces six mois ?… Adultère ! Son fils était adultère ! Mot terrible et qui lui représentait, à elle, si loyale, si pure, si pieuse, la plus répugnante des bassesses, l’ignominie du mensonge mélangée aux turpitudes de la chair. Elle trouva dans son indignation l’énergie d’ouvrir enfin son cœur à Hubert. Elle lui dit, bouleversée comme elle était par ses craintes religieuses pour le salut de cet enfant aimé, des phrases qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir prononcer, nommant Mme de Sauve, l’accablant des plus durs reproches, la flétrissant de tout ce qu’une femme honnête peut trouver en elle de mépris pour une femme qui ne l’est pas, invoquant le souvenir du passé commun, menaçante tour à tour et suppliante, déchaînée enfin et ne calculant plus.

— « Vous vous trompez, maman, » répondit Hubert, qui avait subi ce premier assaut sans parler. « Mme de Sauve n’est rien de ce que vous dites. Mais comme je n’admets pas qu’on insulte mes amies devant moi, à la prochaine conversation de ce genre que nous aurons ensemble, je vous préviens que je quitterai la maison… » Et sur cette réplique, prononcée avec le sang-froid que lui avait laissé le sentiment de l’injustice de sa mère, il sortit de la chambre sans ajouter un mot.

— « Elle lui a perverti le cœur, elle en a fait un monstre, » disait Mme Liauran à Mme Castel en lui racontant cette scène, qui fut suivie de vingt jours de silence entre la mère et le fils. Ce dernier se montrait au déjeuner, baisait sa mère au front et lui demandait de ses nouvelles, s’asseyait à table et n’ouvrait pas la bouche durant les repas. Le plus souvent, il n’assistait pas au dîner. Il avait confié ce chagrin, comme il confiait tous ses chagrins, à Thérèse, qui l’avait supplié de céder.

— « Fais cela, » disait-elle, « quand ce ne serait que pour moi. Il m’est si cruel de songer que je suis dans ta vie le principe d’une mauvaise action… »

— « Noble amie ! » avait dit le jeune homme en lui couvrant les mains de baisers et se noyant sous le regard de ses yeux, pour lui si doux. Mais s’il avait mieux aimé sa maîtresse à cause de cette générosité, il avait ressenti davantage la rancune que les phrases de leur pénible querelle avaient soulevée en lui contre sa mère. Celle-ci cependant avait été secouée par cette brouille au point d’en avoir une recrudescence de sa maladie nerveuse, qu’elle voulut cacher à celui qui en était la cause. Il lui fut presque absolument interdit de bouger, ce qui ne l’empêchait pas, la nuit, et au prix d’atroces souffrances, de se traîner jusqu’à sa fenêtre. Elle ouvrait les carreaux, puis les volets, avec une précaution de criminelle, silencieusement, afin de voir, au moment de la rentrée d’Hubert, ses croisées à lui s’éclairer, et devant cette lumière qui filtrait par un mince filet, attestant la présence de ce fils à la fois si cher et si perdu, elle sentait sa colère se détendre et le désespoir l’envahir.

Ils se réconcilièrent, grâce à l’entremise de Mme Castel, qui souffrait entre ces deux hostilités un double martyre. Elle obtint de la mère la promesse qu’il ne serait plus jamais parlé de Mme de Sauve, et du fils, des excuses pour sa bouderie de tant de jours. Une nouvelle période commença, où Marie-Alice essaya de retenir Hubert à la maison en modifiant un peu son train de vie.

Acharnée à espérer même dans le désespoir, comme il arrive toutes les fois qu’on a dans le cœur un trop passionné désir, elle se dit que la puissance de cette femme sur son fils devait tenir beaucoup aux distractions que sa société lui procurait. L’intérieur de la rue Vaneau n’était-il pas bien monotone pour un jeune homme inoccupé ? Elle sentait maintenant qu’elle avait été bien imprudente, trouvant Hubert de santé trop délicate et d’ailleurs si désireuse de sa présence, de ne l’attacher à aucune carrière. Elle eut la naïveté de se dire qu’il fallait égayer un peu leur solitude, et, pour la première fois depuis son veuvage, elle donna de grands dîners. Les portes de l’hôtel s’ouvrirent. Les lustres s’allumèrent. La vieille argenterie aux armes des Trans orna la table, autour de laquelle se pressèrent quelques vieilles gens et quelques charmantes jeunes filles, aussi élégantes et jolies que les cousines de Trans étaient provinciales et gauches. Mais Hubert, depuis qu’il aimait Thérèse, s’était interdit, par une douce exagération de fidélité, de regarder jamais une autre femme qu’elle. Et puis, on était au mois de mai. Les journées se faisaient tièdes, longues et claires. Sa maîtresse et lui s’étaient hasardés à faire des promenades dans quelques-uns des bois qui environnent Paris : à Saint-Cloud, à Chaville, dans la forêt de Marly. Assis dans la salle à manger de la rue Vaneau, Hubert se rappelait le sourire de Thérèse lui offrant une fleur, l’alternance sur son front de la lumière du soleil et de l’ombre des feuillages, la pâleur de son teint parmi les verdures, un geste qu’elle avait eu, la pose de son pied sur l’herbe d’un sentier. S’il écoutait la conversation, c’était pour comparer les propos des convives de Mme Liauran aux reparties des convives de Mme de Sauve. Les premiers abondaient en préjugés ; c’est l’inévitable rançon d’une vie morale très profonde. Les seconds étaient imprégnés de cet esprit parisien dont le jeune homme n’apercevait plus la triste vacuité. Il assistait donc aux dîners de sa mère avec le visage de quelqu’un dont l’âme est ailleurs.

— « Ah ! que faire ? que faire ? » sanglotait Mme Liauran : « tout l’ennuie de nous et tout l’amuse de cette femme. »

— « Attendre, » répondait Mme Castel.

Attendre ! C’est le mot dernier de la sagesse ; mais, dans l’attente, l’âme passionnée se dévore douloureusement. Pour Marie-Alice, dont la vie était tout entière concentrée sur son enfant, chaque heure maintenant retournait le couteau dans la plaie. Il lui était impossible de ne pas se livrer sans cesse à cette inquisition du petit détail dont les plus nobles jalousies sont victimes. Elle remarquait chaque nouveau brimborion de jeune homme que son fils portait, et elle se demandait s’il ne s’y rattachait pas quelque souvenir de son coupable amour. Il avait ainsi au petit doigt un anneau d’or qu’elle ne lui connaissait point. Que n’aurait-elle pas donné pour savoir s’il y avait une date et des mots gravés à l’intérieur ! Il lui arrivait, lorsqu’elle l’embrassait, de respirer sur lui un parfum dont elle ignorait le nom, et qui était certainement celui qu’employait sa maîtresse. Toutes les fois que Mme Liauran retrouvait cette odeur, d’une finesse pénétrante et voluptueuse, c’était comme si une main lui eût physiquement serré le cœur. Enfin, au degré de passion où elle était montée, tout devait faire et faisait blessure. Si elle constatait qu’il avait les yeux battus, le teint pâli, elle disait à sa mère : « Elle me le tuera. » C’avait toujours été l’habitude, dans cette maison de mœurs simples, que les lettres fussent remises en mains propres à Mme Liauran, qui les distribuait ensuite à chacun. Hubert n’avait pas osé demander à Firmin, le concierge, de faire infraction pour lui à cette règle. N’était-ce pas mettre ce domestique dans le secret des dissentiments qui le séparaient de sa mère ? Or, sa maîtresse et lui s’écrivaient tous les jours, qu’ils se fussent ou non rencontrés déjà, par cette prodigalité de cœur des nouveaux amants, qui ne savent de quelle manière se donner l’un à l’autre davantage. Hubert parvenait souvent à éviter que sa mère ne vît ces lettres, en convenant bien exactement de l’heure où Thérèse mettrait son billet à la poste, et il se hâtait de descendre de chez lui à temps pour prendre le courrier lui-même aux mains du concierge. Souvent aussi la lettre arrivait inexactement, et il fallait qu’elle passât par celles de Mme Liauran. Cette dernière ne s’y trompait jamais. Elle reconnaissait l’écriture, pour elle la plus haïssable qui fût au monde. Souvent encore Thérèse envoyait, au lieu d’une lettre, une de ces petites dépêches bleues qui vont si vite, et la sensation que ce papier avait été manié, une heure auparavant, par les doigts de la maîtresse de son fils était intolérable à la pauvre femme. Afin d’éviter à Hubert des ruses déshonorantes, et à elle-même une horrible palpitation du cœur, elle prit le parti de donner l’ordre que les lettres de son fils lui fussent remises directement. Mais alors elle perdit les seuls signes qu’elle eût de la réalité des relations du jeune homme et de Mme de Sauve, et cela fut une source de nouvelles espérances, par suite, de nouvelles désillusions. Au mois de juillet, Hubert ayant cessé de sortir le soir, elle s’imagina qu’ils étaient brouillés ; puis George Liauran, qu’elle avait pris pour confident de ses inquiétudes, parce qu’elle savait qu’il connaissait Thérèse, lui apprit que Mme de Sauve était partie pour Trouville, et cette déception lui fut un coup de plus. C’est le privilège et le fléau des organismes où les nerfs prédominent, que les douleurs, au lieu de s’assoupir par l’accoutumance, s’exagèrent et s’exaspèrent infatigablement. Les plus menus détails renferment en eux un infini de chagrin, comme une goutte d’eau l’infini du ciel.