Cours d’agriculture (Rozier)/LINAIRE COMMUNE, ou LIN SAUVAGE

Hôtel Serpente (Tome sixièmep. 289-290).


LINAIRE COMMUNE, ou LIN SAUVAGE. (Voyez Pioche VI, page 248.) Von Linné la classe dans la dydinamie angiospermie, & la nomme anthirrinum linaria. Tournefort la place dans la troisième classe qui renferme les herbes à fleur d’une seule pièce, irrégulière & terminée par un mufle à deux mâchoires, & il l’appelle lïnaria vulgaris lutea, flore majore.

Fleur. Jaune, formée par un mufle à deux mâchoires, & dont le fond est terminé par un éperon ou queue semblable à la pointe d’un capuchon. B représente le pistil sortant du milieu du calice, entre la partie supérieure de la fleur C & l’inférieure D, dans chacune desquelles se trouvent deux étamines ; en tout quatre étamines, dont deux plus longues & deux plus courtes.

Fruit. E Coque partagée en deux loges F, remplies de semences plates G, qui ont la figure d’un petit rein, entourées à leur bord d’un feuillet membraneux, & elles sont noires.

Feuilles. En forme de lance, linéaires, serrées contre la tige.

Racine. A Blanche, dure, ligneuse, rampante, traçante.

Port. De la même racine, s’élèvent à la hauteur d’un pied, & quelquefois davantage, plusieurs tiges cylindriques & branchues à leur sommet, où naissent des fleurs en épi, portées par de courts pédoncules qui naissent de l’airelle des feuilles.

Lieu. Les terreins incultes ; la plante est vivace & fleurit pendant les grandes chaleurs.

Propriétés. Son odeur est fétide, & sa saveur légèrement salée & amère ; elle est fortement résolutive, émolliente & diurétique.

Usages. On emploie toute la plante ; on s’en sert rarement pour intérieur ; appliquée en cataplasme, elle est anti-hémorrhoïdale ; son suc, employé contre les ulcères, a peu de vertu.