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Contes des féesCharavy frères, éditeur (p. 121-122).
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NOTE




Jamais amour n’a pu mieux s’exprimer
Qu’en quatre mots que je cite à mon aise,
Et j’aime fort la Dame Lyonnaise
Qui fît ce vers comme elle sut aimer !
— Pour le plaisir d’écrire œuvre si belle
Je veux citer tout entier le sonnet.
— N’aimez la Dame autrement si ce n’est
De tout l’amour que je me sens pour elle.

SONNET


Oh ! si j’étais en ce beau sein ravie
De celui-là pour lequel vais mourant,

Si avec lui vivre le demeurant
De mes courts jours ne m’empêchait envie.

Si m’accolant, me disait : Chère Amie,
Contentons-nous l’un l’autre, s’assurant
Que ja tempête, Euripe, ni courant
Ne nous pourra desjoindre en notre vie,
Si de mes bras le tenant accolé,
Comme du Lierre est l’arbre encercelé,
La mort venant, de mon aise envieuse :

Lorsque souef plus il me baiserait,
Et mon esprit, sur ses lèvres fuirait,
Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse.

Cf. Oeuvres de Louise Labé, Lyonnaise, Sonnet XIII