Comment j’ai retrouvé Livingstone/Chapitre 1

Introduction   Chapitre II




Le 16 octobre de l’an du Seigneur 1869, j’étais à Madrid, rue de la Croix ; j’arrivais du carnage de Valence. À dix heures du matin, Jacopo m’apporte une dépêche ; j’y trouve les mots suivants : « Rendez-vous à Paris ; affaire importante. » Le télégramme est de James Gordon Bennett fils, directeur du New York Herald.

À trois heures j’étais en route. Obligé de m’arrêter à Bayonne, je n’arrivai à Paris que dans la nuit suivante. J’allai directement au Grand-Hôtel, et frappai à la porte de M. Bennett.

« Entrez ! » dit une voix.

Je trouvai M. Bennett au lit.

« Qui êtes-vous ? demanda-t-il.

– Stanley.

– Ah ! oui. Prenez un siège ; j’ai pour vous une mission importante. »

Il se jeta sa robe de chambre sur les épaules, et me dit vivement :

« Où pensez-vous que soit Livingstone ?

– Je n’en sais vraiment rien, monsieur.

– Croyez-vous qu’il soit mort ?

– Possible que oui, possible que non.

– Moi, je pense qu’il est vivant, qu’on peut le trouver, et je vous envoie à sa recherche.

– Avez-vous réfléchi, monsieur, à la dépense qu’occasionnera ce voyage ?

– Vous prendrez d’abord 25 000 francs ; quand ils seront épuisés, vous ferez une traite d’autant, puis une troisième, et ainsi de suite ; mais retrouvez Livingstone.

– Dois-je aller directement à la recherche de Livingstone ?

– Non ; vous assisterez à l’inauguration du canal de Suez. De là, vous remonterez le Nil. J’ai entendu que Baker allait partir pour la Haute-Égypte ; informez-vous le plus possible de son expédition. En remontant le fleuve, vous décrirez tout ce qu’il y a d’intéressant pour les touristes, et vous nous ferez un guide – un guide pratique ; vous direz tout ce qui mérite d’être vu et de quelle manière on peut le voir. Vous ferez bien, après cela, d’aller à Jérusalem : le capitaine Warren fait, dit-on, là-bas des découvertes importantes ; puis, à Constantinople, où vous vous renseignerez sur les dissentiments qui existent entre le khédive et le sultan. Après… Voyons un peu. Vous passerez par la Crimée et vous visiterez ses champs de bataille ; puis vous suivrez le Caucase jusqu’à la mer Caspienne : on dit qu’il y a là une expédition russe en partance pour Khiva. Ensuite vous gagnerez l’Inde, en traversant la Perse ; vous pourrez écrire de Persépolis une lettre intéressante. Bagdad sera sur votre passage ; adressez-nous quelque chose sur le chemin de fer de la vallée de l’Euphrate ; et, quand vous serez dans l’Inde, embarquez-vous pour rejoindre Livingstone. À cette époque, vous apprendrez probablement qu’il est en route pour Zanzibar ; sinon, allez dans l’intérieur, et cherchez-le jusqu’à ce que vous l’ayez trouvé. Informez-vous de ses découvertes. Enfin, s’il est mort, rapportez-en des preuves certaines. Maintenant bonsoir ; et que Dieu soit avec vous.

– Bonsoir, monsieur. Tout ce que l’humaine nature a le pouvoir de faire, je le ferai, ajoutai-je ; et, dans la mission que je vais accomplir, veuille Dieu être avec moi. »

Je me mis donc en route. Remontant le Nil, je vis à Philæ M. Higginbotham, mécanicien en chef de l’expédition de sir S. Baker. À Jérusalem, j’eus un entretien avec le capitaine Warren ; je descendis dans l’une des fosses qu’il a fait creuser et j’y vis les marques des ouvriers de Tyr sur les fondations du temple de Salomon. J’enrôlai aussi à Jérusalem comme interprète un jeune Arabe chrétien, nommé Sélim. Puis, je visitai les mosquées de Constantinople, je parcourus les champs de bataille de la Crimée ; je vis Palgrave à Trébizonde, et, après avoir inscrit mon nom sur un des monuments de Persépolis, j’arrivai dans l’Inde au mois d’août 1870.

Le 12 octobre, je m’embarquai à Bombay sur la Polly, mauvaise voilière, qui mit trente-sept jours à gagner l’île Maurice. La Polly avait pour contremaître un Écossais, natif de Leith, appelé William Lawrence Farquhar. C’était un excellent marin ; et, pensant qu’il pourrait m’être utile, je l’engageai pour toute la durée de l’expédition.


Le 6 janvier 1871, j’étais en vue de Zanzibar. Cette île est une des plus riches de l’océan Indien ; mais j’étais loin de m’en faire l’idée qu’elle mérite.

Nous traversions au point du jour le détroit qui la sépare de l’Afrique. Les hautes terres de la côte continentale apparaissaient, dans l’aube grisâtre, comme une ombre allongée. Zanzibar, que nous avions à notre gauche, à seize cents mètres de distance, sortit peu à peu de son voile de brume, et finit par se montrer clairement à nos yeux, aussi belle que la plus belle des perles océanes. Une terre basse, mais non plate. Çà et là, des collines, aux doux contours, s’élevant au-dessus du panache des cocotiers qui bordent la rive ; et, à d’heureux intervalles, des plis ombreux indiquant où ceux qui fuient le soleil peuvent trouver de la fraîcheur. Excepté la bande de sable, sur laquelle l’eau, d’un vert jaunâtre, se roule en murmurant, l’île entière paraît ensevelie sous un manteau de verdure. Au-dessus de l’horizon, vers le sud, apparaissent les mâts de quelques vaisseaux ; tandis qu’au levant se groupent des maisons blanches, aux toits plats. Cette agglomération est la capitale de l’île, cité assez grande, ayant les caractères de l’architecture arabe.

Le capitaine Francis R. Webb, officier de marine et consul des États-Unis, m’y fit l’accueil le plus cordial et m’offrit une hospitalité des plus complètes.

Après m’être promené dans la ville, j’en rapportai une impression générale d’allées tortueuses, de maisons blanches, de rues crépies au mortier, dans le quartier propre. Dans celui des Banians, des alcôves, avec des retraites profondes, ayant un premier plan d’hommes enturbannés de rouge et un fond de piètres cotonnades : calicots blancs, calicots écrus ; étoffes unies, rayées, quadrillées ; des planchers encombrés de dents énormes ; des coins obscurs remplis de coton brut, de poterie, de clous, d’outils et de marchandises communes en tout genre.

Le quartier des nègres me laissait un souvenir de têtes laineuses, avec des corps fumants, noirs ou jaunes, assis aux portes de misérables huttes, et riant, babillant, marchandant, se querellant, dans une atmosphère affreusement odorante : un composé d’effluves de cuir, de goudron, de crasse, de débris tombés des végétaux et d’immondices de toute espèce. Je me rappelais aussi de grandes demeures à l’air solide, aux toits plats, avec de grandes portes sculptées, à grands marteaux d’airain, et des créatures assises, les jambes croisées, guettant la sombre entrée de la maison du maître ; un bras de mer peu profond, avec des canots, des barques, des daous ; un étrange remorqueur à vapeur, couché dans la vase que la marée avait laissée derrière elle ; une place où les Européens se traînent d’un pas languissant, pour respirer la brise ; quelques tombes de marins, qui sont venus mourir là. Parmi ces images confuses et mouvantes, je distinguais à peine les Arabes des Africains, les Africains des Banians, les Banians des Hindous, les Hindous des Européens.

Zanzibar est le Bagdad, l’Ispahan, le Stamboul de l’Afrique orientale. C’est le grand marché qui attire l’ivoire et le copal, l’orseille, les peaux, les bois précieux et les esclaves de cette région.

Parmi les consulats, le plus important est celui de la Grande-Bretagne. À l’époque de mon voyage, il était occupé par le docteur John Kirk. J’avais le plus vif désir de voir cet honorable fonctionnaire : il avait été le compagnon de Livingstone, et je me figurais que, si quelqu’un pouvait me donner des renseignements sur l’illustre voyageur, ce devait être son consul et son ami. Le deuxième matin qui suivit mon arrivée, obéissant aux exigences de l’étiquette zanzibarite, je sortis avec M. Webb, consul des États-Unis. Peu d’instants après, je me vis en face d’un homme assez mince, simplement mis, légèrement voûté, ayant la figure un peu maigre, les cheveux et la barbe noirs, et auquel M. Webb adressa ces paroles : « Docteur Kirk, permettez que je vous présente M. Stanley, du New York Herald. »

M. Kirk souleva ses paupières et me regarda avec étonnement. Pendant l’entretien, qui roula sur divers sujets, sa figure – je ne la quittais pas des yeux – ne s’anima que lorsqu’il vint à parler de ses exploits de chasse. Il ne fut pas dit un mot de ce qui me tenait au cœur, et je dus attendre une nouvelle occasion pour interroger le consul.

Mais, pendant une réunion qui eut lieu dans la soirée de ce jour, le docteur Kirk m’appela pour me faire admirer une superbe carabine à éléphant que lui avait donnée le gouverneur de Bombay. J’eus alors à écouter l’éloge de cette arme précieuse, de sa justesse, de sa puissance ; enfin des récits de chasse, et divers épisodes du voyage au Zambèse, fait avec Livingstone.

« À propos de ce dernier, dis-je à M. Kirk, où pensez-vous qu’il soit maintenant ?

– Difficile de vous répondre. Il est peut-être mort ; vous savez qu’on l’a dit ; mais à cet égard on n’a rien de positif. Tout ce que je peux affirmer, c’est qu’il y a plus de deux ans qu’on n’a eu de ses nouvelles. Je crois cependant qu’il vit toujours. Nous lui envoyons continuellement différentes choses ; une petite caravane est même pour lui en ce moment à Bagamoyo. Il devrait bien revenir : le voilà qui vieillit, et, s’il mourait, ses découvertes seraient perdues. Il ne tient pas de journal, ne prend pas d’observations, ou très rarement ; il se borne à mettre sur une carte une note ou un signe dont personne ne connaît le sens. Assurément, s’il vit encore, il devrait bien revenir, et céder la place à quelqu’un de plus jeune.

– Quel homme est-il ? demandai-je, profondément intéressé.

– En général, très difficile à vivre. Je n’ai jamais eu à me plaindre de lui ; mais que de fois je l’ai vu s’emporter contre les autres ! Cela vient, je présume, de ce qu’il déteste avoir des compagnons.

– J’ai ouï dire qu’il était fort modeste, repris-je. Est-ce vrai ?

– Oh ! il sait parfaitement ce que valent ses découvertes ; personne ne le sait mieux que lui. Ce n’est pas un ange, pas tout à fait, ajouta le consul en riant.

– Mais, supposez que je le rencontre dans mes voyages, ce qui, après tout, ne serait pas impossible, quelle pourrait être sa conduite à mon égard ?

– À vous dire vrai, si vous le rencontriez, je doute qu’il en fût content. Je sais bien que si Burton, ou Grant, ou Baker allait le rejoindre, et qu’il en eût connaissance, il mettrait bien vite des centaines de kilomètres impraticables, marais et fondrières, entre lui et son compatriote. Quant à cela, j’en suis certain. »

Le consul passait pour bien connaître celui dont il parlait ; je devais croire ses renseignements exacts ; et ils n’étaient pas de nature à augmenter mon zèle.


Cependant, je ne connaissais nullement l’intérieur de l’Afrique, et je ne me doutais pas de ce qu’il fallait pour y pénétrer. Je me procurai donc tous les renseignements possibles, et j’appris que, pour nourrir cent hommes, il suffisait par jour de dix dotis, c’est-à-dire de quarante mètres d’étoffe ; ce qui, pour l’année, faisait trois mille six cent cinquante dotis ou quatorze mille six cents mètres.

À ce compte, il me fallait, pour deux ans, environ seize mille mètres de calicot blanc d’une largeur d’un mètre, huit mille de cotonnade bleue, et cinq mille deux cents d’étoffes de couleur.

Venait ensuite la verroterie, qui sert de monnaie courante dans plusieurs provinces, où malheureusement les goûts ne sont pas les mêmes. Telle peuplade veut des perles blanches ; telle autre préfère les jaunes ou les vertes.

Après la rassade, le fil métallique. Dans la zone où j’allais entrer, les grains de verre remplacent la monnaie de cuivre ; l’étoffe, la monnaie d’argent ; et audelà du Tanguégnica, le fil de laiton représente la monnaie d’or.

Mes achats terminés, j’éprouvai un certain orgueil à inspecter mes ballots, rangés et empilés dans le vaste magasin du capitaine Webb. Ma tâche cependant n’était que commencée : il me fallait encore des provisions de bouche, des ustensiles de cuisine, des sacs, des tentes, de la corde, des ânes et leur équipement, de la toile, du goudron, des aiguilles, des outils, des armes, des munitions, des médicaments, des couvertures : un millier de choses à se procurer.

Vers cette époque, John William Shaw, natif de Londres, et troisième contre-maître sur un navire américain, vint m’offrir ses services. Il avait de l’adresse, savait manier l’aiguille et les ciseaux, était assez habile navigateur, plein de bon vouloir, actif et complaisant ; je pouvais employer utilement toutes ces qualités ; bref, j’engageai Shaw à raison de trois cents dollars par an, comme second maître d’équipage, Farquhar étant le premier.

Il me restait à enrôler vingt hommes d’escorte, à les armer, à les équiper. Avec l’aide de Johari, premier interprète du consulat, je m’assurai en quelques heures des services d’Oulédi, ancien domestique de Grant ; d’Oulimengo, de Barati, de Mabrouki, le serviteur de Burton, et d’Ambari. Tous les cinq avaient suivi Speke. Quand je leur demandai s’ils consentaient à faire partie de la caravane d’un autre homme blanc, ils me répondirent qu’ils accompagneraient volontiers un frère de leur ancien maître.


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Bombay et Mabrouki


Bombay fut appelé de Pemba, île située au nord de Zanzibar. Il vint suivi de ses anciens compagnons, chacun à son rang, d’après le grade qu’il avait eu jadis. Tout d’abord, malgré sa figure ridée, sa grande bouche ; ses petits yeux, et son nez aplati, Bombay me fit une impression favorable. Je lui demandai s’il consentirait à être le chef de mon escorte, et à venir avec moi jusqu’au Tanguégnica. Sa réponse fut qu’il était prêt à faire tout ce que je voudrais, prêt à me suivre partout ; bref, à être le modèle des serviteurs et des soldats. Il espérait seulement avoir un uniforme et un bon fusil, deux choses qui lui furent promises.

Je lui parlai ensuite des autres fidèles du capitaine Speke. Il n’y en avait plus que six dans la ville. Chacun d’eux avait gardé la médaille attestant qu’il avait pris part à la découverte des sources du Nil. Mabrouki était devenu infirme. Le docteur Kirk, dont l’infortuné avait reçu les soins, était parvenu à rendre à l’une de ses mains quelque chose de la forme primitive ; mais l’autre, un affreux moignon, ne pouvait plus servir. Malgré cette impotence, malgré sa laideur et sa vanité, malgré tout ce qu’en avait dit Burton, j’engageai Mabrouki, par cela seul qu’il avait accompagné Speke, et lui avait été fidèle.

Bombay, capitaine de l’escorte, me procura encore dix-huit volontaires ; qui, disait-il, ne déserteraient pas, et dont il se portait garant. C’étaient de fort beaux hommes, paraissant avoir beaucoup plus d’intelligence que je n’en aurais supposé à de sauvages Africains.

Enfin, pour ne pas rester à la merci des riverains quand je voudrais naviguer sur le lac Tanguégnica, j’achetai deux bateaux. L’un pouvait contenir vingt personnes avec les marchandises nécessaires pour les défrayer, et, dans l’autre, six hommes et leurs bagages devaient être à leur aise. Je les fis démembrer. Les traverses et les couples furent divisées par lots, qui, tout emballés, n’excédèrent pas soixante-huit livres. Quant au bordage, il fut remplacé par une enveloppe, composée de deux toiles fortement goudronnées.

L’obstacle principal à la rapidité des voyages, dans cette partie de l’Afrique, a pour cause la nature des paiements et des moyens de transport. Ici, au lieu d’un florin ou d’un demi-dollar, il faut deux mètres d’étoffe ; un collier, à la place d’un sou ; un rouleau de fil de métal, en guise de pièce d’or ; et, pour transporter cette monnaie encombrante, vous n’avez pas de wagon, pas de chameau, pas de cheval, pas de mulet ; rien que des hommes tout nus, qui prennent, au minimum, et pour la moitié du chemin, quinze dollars par soixante-dix livres, sans compter leur nourriture. En outre, il est difficile de les avoir ; les réunir demande beaucoup de temps ; et j’étais pressé. Je pensai, dès lors, qu’une petite charrette, proportionnée aux sentiers de chèvre du pays, ne serait pas sans avantage. Si un âne portait cent quarante livres, il était probable qu’il en traînerait le double, ce qui remplacerait quatre hommes. Je fis donc construire une petite voiture de 1,50 m de long, sur 0,46 m de large, à laquelle furent adaptées les roues de devant d’un petit chariot américain. Elle devait servir pour les caisses de munitions, à la fois lourdes et étroites. On verra si la pratique justifia ma théorie.

En somme, mon matériel pesant onze mille livres, et chaque porteur prenant soixante-dix livres, j’avais besoin de soixante hommes pour mon convoi. Je ne pouvais me les procurer qu’en Afrique. Je me hâtai donc d’aller prendre congé de Sa Hautesse Séïd Bargach, sultan de Zanzibar, et le lendemain, c’est-à-dire le 5 février 1871, quatre daous étaient réunis devant le consulat américain. On mit les chevaux dans le premier : le deuxième et le troisième reçurent mes vingt-sept ânes ; le quatrième, beaucoup plus grand, fut chargé de la troupe et de la cargaison.

Quand l’arrimage fut fini, tout le monde à bord, Shaw ni Farquhar ne paraissaient point. Après d’actives recherches, on les trouva chez un marchand de liqueurs, où ils exposaient à une douzaine d’ivrognes ce qu’il y a de sublime dans le grand art d’explorer l’Afrique, et où ils tâchaient d’écarter, à force d’eau-de-vie de grain, les noirs pressentiments qui se glissaient dans leur âme.

« Mauvais début ! leur dis-je, lorsqu’en titubant ils approchèrent du quai.

– Sans… sans vous déplaire, monsieur, puis-je vous demander si… si vous croyez que… que j’ai eu raison de vous promettre… d’aller avec vous ? balbutia Shaw.

– N’avez-vous pas signé le contrat ? demandai-je à mon tour. Embarquez vite, messieurs. Nous sommes tous engagés maintenant ; affaire de vie ou de mort, peu importe : nul ne peut déserter son devoir. »

Il était près de midi quand nous mîmes à la voile. Le drapeau américain, un présent de Mrs. Webb, fut hissé à l’avant.


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