Chansons et rondes enfantines/Qu’est-ce qui passe ici si tard ?

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Compagnons de la Marjolaine.


QU’EST-CE QUI PASSE ICI SI TARD ?




\version "2.14.2"
\relative c' {
<<
\new Staff  {
  \clef treble
  \key bes \major
  \time 6/8
  \tempo \markup \fontsize #-1 \concat {"All" \teeny \raise #0.8 "tto" "moderato."} 4.=120
  \override Rest #'style = #'classical
  \autoBeamOff 
  \set Staff.midiInstrument = #"piccolo"
\partial 8*3 g'4^\markup \fontsize #-2 {"LA RONDE"} g8 | d'4 d8 c4 d8 | bes4. bes4 a8 | g a \stemUp bes a4 g8 | \break
fis4 d8 g4 g8 | \stemDown d'4 d8 c4 d8 | bes4. c-> | d-> \stemUp a8 bes a | g4 r8 \bar "||" \break
}
\addlyrics {
Qu’est-c’ qui passe i -- ci si tard_?
Com -- pa -- gnons de la mar -- jo -- lai -- ne,
Qu’est-c’ qui passe i -- ci si tard_?
Gai, gai, Des- sur le quai_?
}
\new Staff  {
  \clef treble
  \key bes \major
  \time 6/8
  \override Rest #'style = #'classical
\partial 8*3 g4 g8 | <d' bes>4\p <d bes>8 <c a>4 <d bes>8 | << { bes4. bes4 a8 } \\ { g4. f } >> | g8[ a bes] a4 g8 | \break
fis4 d'8 g,4 g8 | <d' bes>4 <d bes>8 <c a>4 <d bes>8 | <bes g>4. <c a>-> | <d bes>-> <a fis d c>4\f <a fis d c>8 | <g d bes>4 r8 \bar "||" \break
}
\new Staff  {
  \clef bass
  \key bes \major
  \time 6/8
  \override Rest #'style = #'classical
\partial 8*3 r4 r8 | g,4 <d' bes>8 g,4 <d' bes>8 | g,4 <d' bes>8 << { d,4 } \\ { d4 } >> bes'8 | << { \override Rest #'style = #'classical r4 bes8 c4 cis8 } \\ { ees,2. } >> | \break
<< { d'4 } \\ { d,4 } >> r8 r4 r8 | g4 <d' bes>8 g,4 <d' bes>8 | g,4 <d' bes>8 f,,4 f'8^"cresc." | bes,4 bes'8 d,4 d8 | \stemDown <g g,>4 r8 \bar "||" \break
}
>>
}




LE CHEVALIER

C’est le chevalier du roi,
Compagnons de la marjolaine,
C’est le chevalier du roi,
Gai, gai, dessur le quai.


LA RONDE

Que demand’ le chevalier ?
Compagnons de la marjolaine,
Que demand’ le chevalier ?
Gai, gai, dessur le quai.


LE CHEVALIER

Une fille à marier,
Compagnons de la marjolaine,
Une fille à marier,
Gai, gai, dessur le quai.


LA RONDE

N’y’a pas d’fille à marier,
Compagnons de la marjolaine,
N’y’a pas d’fille à marier,
Gai, gai, dessur le quai.


LE CHEVALIER

On m’a dit qu’ vous en aviez,
Compagnons de la marjolaine,
On m’a dit qu’vous en aviez,
Gai, gai, dessur le quai.


LA RONDE

Ceux qui l’ont dit s’ sont trompés,
Compagnons de la marjolaine,
Ceux qui l’ont dit s’ sont trompés.
Gai, gai, dessur le quai.


LE CHEVALIER

Je veux que vous m’en donniez,
Compagnons de la marjolaine,
Je veux que vous m’en donniez,
Gai, gai, dessur le quai.


LA RONDE

Sur les onze heur’s repassez,
Compagnons de la marjolaine,
Sur les onze heur’s repassez,
Gai, gai, dessur le quai.


LE CHEVALIER

Les onze heur’s sont hien passé’s,
Compagnons de la marjolaine,
Les onze heur’s sont bien passé’s,
Gai, gai, dessur le quai.


LA RONDE

Sur les minuit revenez,
Compagnons de la marjolaine,
Sur les minuit revenez,
Gai, gai, dessur le quai.

LE CHEVALIER
Voilà les minuit sonnés,

Compagnons de la marjolaine,
Voilà les minuit sonnés,
Gai, gai, dessur le quai.

LA RONDE
Mais nos filles sont couché’s,

Compagnons de la marjolaine,
Mais nos filles sont couché’s,
Gai, gai, dessur le quai.

LE CHEVALIER
En est-il une d’éveillé’,

Compagnons de la marjolaine,
En est-il une d’éveillé’,
Gai, gai, dessur le quai.

LA RONDE
Qu’est-ce que vous lui donnerez ?

Compagnons de la marjolaine,
Qu’est-c’ que vous lui donnerez ?
Gai, gai, dessur le quai.

LE CHEVALIER
De l’or, des bijoux assez,

Compagnons de la marjolaine,
De l’or, des bijoux assez,
Gai, gai, dessur le quai.

LA RONDE
Ell’ n’est pas intéressé’,

Compagnons de la marjolaine,
Ell’ n’est pas intéressé’,
Gai, gai, dessur le quai.

LE CHEVALIER
Mon cœur je lui donnerai,

Compagnons de la marjolaine.
Mon cœur je lui donnerai,
Gai, gai, dessur le quai.

LA RONDE
En ce cas-là choisissez,

Compagnons de la marjolaine,
En ce cas-là choisissez,
Gai, gai, dessur le quai.


On voit que cette pièce est dialoguée entre la ronde qui tourne en chantant, et le chevalier qui se tient à une certaine distance. Au dernier couplet, toute la ronde élève les bras, le chevalier passe dessous et choisit une des fillettes, qui s’enfuit et qu’il rattrape.

Dans les Chansons du Cambraisis, MM. Durieux et Bruyelle croient leur version plus ancienne que celle-ci ; ils donnent pour raison que la leur n’a que sept mesures ; la preuve est médiocre et n’indique tout au plus qu’une notation fautive.

Nous croyons que ces Compagnons de la marjolaine ne sont pas une fantaisie, et encore moins une onomatopée ; au XVe siècle, on ne disait pas : Aller donner des sérénades, mais bien Aller réveiller les pots de marjolaine.