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ChairVanierŒuvres complètes, III (p. 285-286).
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CHANSON POUR ELLES


Ils me disent que tu es blonde
Et que toute blonde est perfide,
Même ils ajoutent, « comme l’onde ».
Je me ris de leur discours vide !
Tes yeux sont les plus beaux du monde
Et de ton sein je suis avide.

Ils me disent que tu es brune,
Qu’une brune a des yeux de braise
Et qu’un cœur qui cherche fortune
S’y brûle… Ô la bonne foutaise !
Ronde et fraîche comme la lune,
Vive ta gorge aux bouts de fraise !

Ils me disent de toi, châtaine :
Elle est fade, et rousse : trop rose.
J’encague cette turlutaine,

Et de toi j’aime toute chose
De la chevelure, fontaine
D’ébène ou d’or (et dis, ô pose-
Les sur mon cœur) tes pieds de reine.