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Catéchisme du diocèse de Sens/Des péchés capitaux, de l’orgüeil

Brown & Gilmore, imprimeurs de la Province (p. 37-38).

XVII. Des Péchez Capitaux.

De l'Orgüeil

D. QUELS ſont les Péchez Capitaux ?
R. Il y en a ſept, Orgüeil, Avarice, Luxure, Envie, Gourmandiſe, Colere et Pareſſe.
D. Pourquoi les nomme-t’on Capitaux ?
R. Parce qu’ils ſont les ſources de beaucoup d’autres Péchez.
D. Qu’eſt-ce que l’Orgüeil ?
R. C’eſt un amour déréglé de ſoi-méme, qui fait qu’on préſume de ſoi, qu’on ſe préſére aux autres, et qu’on veut s’élever au deſſus d’eux.
D. Quels ſont les vices que l’Orgüeil cauſe plus ordinairement.
R. Il y en a ſept, l’eſtime de ſoi-même, la préſomption, le mépris du prochain, la vanité, l’ambition, l’hypociſie, et la déſobéïſſance.
D. Quelle eſt la vertu oppoſée à l'Orgüeil ?
R. C’eſt l’humilité.
D. L'humilité eſt-elle néceſſaire au ſalut ?
R. Oüi, elle eſt ſi néceſſaire, que ſans l’humilité nous ne pouvons être ſauvez.
D. Un homme qui fait de grande aumônes et de grandes pénitences, ne ſera-t’il pas ſauvé ?
R. Non, s'il n’a point d’humilité, et s’il s’enorgüeillit de ſes bonnes oeuvres.
D. Pouvons-nous prendre confiance dans nos bonnes oeuvres ?
R. Toute notre confiance doit-être dans les mérites de Jeſus-Chriſt, et dans l'aveu de notre miſére.
D. Quels ſont les effets de l'humilité ?

R. Se mépriſer ſoi-même, ne point chercher à s’élever ni à ſe produire, ne mépriſer perſonne, obéir et ceder volontiers à tout le monde.
D. Donnez-nous quelques motifs qui nous engagent à fuïr l’orgüeil, et à pratiquer l’humilité ?
R. En voici trois. L’horreur que dieu a des orgüeilleux.
2. L’exemple de Jeſus-Chriſt qui a choiſi ſur la terre une vie humble.
3. Le mépris et les ralleries que tout le monde fait des orgüeilleux.

Nabuchodonoſor changé en bête. Dan. ch. 4
PRATIQUES. 1. Ne jamais parler de ſoi par vanité, ni de choſes qui nous appartiennent, comme nos parens, nos richeſſes, nos bonnes oeuvres, &c.
2. Ne mépriſer ni railler perſonne.
3. Eviter les ajuſtemens mondains et les parures ſuperfluës.
4. Ne point nous excuſer quand on nous reprend, s’il n’eſt néceſſaire.