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PhilomélaJ. Hetzel, libraire-éditeur (p. 143-144).
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CALONICE



Sur la grande galère à quatre rangs de rames,
Calonice ramène une fille d’Asie
Qui, nue et frissonnante et belle, s’extasie
De fouler des tapis de pourpre aux rouges trames.


« Ô vierge, dit la Grecque, entre toutes choisie
Pour apaiser mon cœur percé de mille lames,
Tu connaîtras le sens des longs épithalames
Et de mon amitié la chaste hypocrisie ! »

Dans l’air, à ce moment, on vit deux hirondelles
Caresser les cheveux épars des fiancées,
Et la brise chantait : Hyménée ! autour d’elles.

Mais la lune baisa les vagues balancées,
Et tu parus, le front couronné d’asphodèles,
Ô nuit, ô blanche nuit, ô nuit mystérieuse !