Biographie universelle ancienne et moderne/1re éd., 1811/Thévenin (pantaléon)


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THÉVENIN (pantaléon), que notre ancien bibliothécaire, La Croix du Maine, qualifie d’homme docte et grand philosophe, était né à Commercy, et florissait dans le xvie siècle. On ne connaît ni la date de sa naissance ni celle de sa mort. On ignore également les principales circonstances de sa vie. Ses ouvrages nous apprennent seulement qu’il se trouvait à Paris en 1578, où il harangua le duc de Lorraine, Charles III, à son arrivée dans la capitale, et lui présenta un petit recueil de sonnets, que ce prince reçut, dit l’auteur, de face joyeuse. Thévenin paraît avoir eu, au moins pendant un certain temps, l’emploi de conseiller ou de secrétaire du duc. En 1580, il était à Pont-à-Mousson, d’où, vers la fin de cette année et sur l’ordre de son souverain, il se rendit à La Mothe, lors de la tenue des états du Bassigny, pour y terminer on ne sait quelle affaire compliquée, dont il parle énigmatiquement dans un sonnet qu’il s’adresse à lui-même[1]. En 1584, il habitait encore, Pont-à-Mousson, où probablement il passa le reste de ses jours, attaché peut-être de quelque manière à l’Université qui répandait déjà sur cette ville un très-grand éclat. Thévenin était lié d’amitié avec les hommes les plus distingués de la Lorraine, entre’autres les deux Le Pois, Antoine et Charles, célèbres médecins. (Voy. leurs art. XXXV, 149 et suivants). Voici la liste de ses productions : 1º Sonnets à Messeigneurs princes, contes (sic), et autres seigneurs et gentils-hommes de Lorraine, etc. Le tout dédié à Son Altesse, Nancy, veuve de Jean Janson, 1581, in-4º. L’abbé Goujet, n’a point connu ses sonnets, ou du moins il n’en fait aucune mention dans sa Bibliothèque française. Le volume qui les contient renferme aussi des anagrammes, des devises et autres poésies passablement versifiées, mais empreintes du mauvais goût de l’époque. 2º L’Hymne de la Philosophie de Ronsard, commenté, etc., Paris, Jean Febvrier, 1582, in-4º. Ce commentaire est dédié au cardinal Charles de Vaudémont et à Charles de Lorraine, évêque de Metz[2]. Il est enrichi de sentences, de passages et d’histoires extraits de divers auteurs anciens et modernes. Thévenin y a ajouté un Traite général de la nature, origine et partition de la philosophie. 3º. Traduction latine de la Grammaire français de P. de La Ramée (Ramùs), Francfort, 1583, in-8º. 4º. Traduction latine de la Vie de Théodore de Bèze, composée en français, par Jéróme Bolsec, Ingolstatd, 1584, in-8º ; réimprimée en 1589, si l’on en croit D. Calmet, qui s’est trompé, en disant l’ouvrage de Bolsec en latin et la traduction de Thévenin en français. 5º. La Sapmaine ou Création du monde, de Guillaume de Saluate, seigneur du Bartas, illustrée de commentaires, etc. Paris, Hiérosme de Marnef et la veuve de Guillaume Cavellat, 1585, in-4º. Dans ses annotations, que La Croix du Maine trouvait fort laborieuses, Thévenin a montré qu’il possédait à fond toutes les connaissances qu’on pouvait avoir de son temps ; mais les sciences ayant fait depuis lors d’immenses progrès on ne lit pas plus aujourd’hui les commentaires du savant Lorrain, que ceux de l’érudit Senlisien Simon Goulard, et que le poète lui-même qu’ils ont expliqué et qui eut pourtant une réputation européenne. Thévenin faisait aussides vers latins. D Calmet en rapporte quelques-uns dans sa Bibliothèque Lorraine, et Draudius en cite un recueil sous ce titre : Pantaleonis Thevennini disticha sacra et alia carmina. Ingolstadt, Sartorius, 1585, in4º (Bibliothéca classica, première édition, page 1130 et 1160).B—l—u.


  1. On peut voir ce sonnet dans les Recherches, de M. Beaupré, de Nancy, sur les commencements de l’imprimerie en Lorraine, ouvrage excellent, qui nous a été fort utile pour la rédaction de cet article. M. Dumont, né à Commercy, ancien avocat à Saint-Mihel et maintenant juge au tribunal civil de cette ville, a aussi donné une notice sur Thévenin, dans sa très remarquable Histoire de la ville et des Seigneurs de Commercy. Bar-le-Duc, Numa Rolin, 1843, 3 vol. gr. in-8., fig. et cartes. Ce beau livre, qui a exigé d’immenses recherches et quinze années de travail, qui est écrit avec beaucoup d’élégance et parfaitement imprimé par un typographe, également enfant de Commercy, ce beau-livre, disons-nous, a été bien accueilli non-seulement en France, mais encore à l’étranger, et a déjà valu à M. Dumont l’honneur d’être associé à plusieurs corps savants, notamment la Société des Sciences, Lettres et Arts, de Nancy.
  2. M. Beaupré rapporte, dans ses recherches, deux passages intéressants de cette dédicasse, relatifs à la protection que le duc Charles III accordait aux sciences, aux lettres, et aux services que ce grand prince leur a rendus, en fondant l’Université de Pont-à-Mousson, etc.



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