Biographie nationale de Belgique/Tome 1/ADALBÉRON III

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ADALBÉRON III, évêque de Metz, dit de Luxembourg, parce qu’il sortait de l’illustre famille de ce nom, était fils de Frédéric Ier, fils et successeur de Sigefroid, dans le comté de Luxembourg, et d’une petite-fille de Mégengose ou Mégengaud que l’on regarde comme un des premiers comtes de Gueldre et de Zutphen. Il reçut sa première éducation à Toul, sous la direction de Berthold, évêque de cette ville, avec son parent Brunon, qui devint dans la suite évêque de Toul et qui, en 1048, fut élevé au souverain pontificat sous le nom de Léon IX. L’année précédente, en 1047, Adalbéron avait été sacré évêque de Metz, et, sur la fin de l’année suivante, il assista à l’assemblée de prélats et de seigneurs, tenue, par l’empereur Henri III, à Worms, où eut lieu l’élection de Léon IX, qui ne l’accepta qu’à condition qu’elle serait confirmée et approuvée par le clergé et le peuple romain.

En 1049, Adalbéron suivit le pape à Reims ; il y assista à la consécration de l’église de Saint-Étienne et au concile que présida Léon IX. Il suivit ce pontife à Rome et prit part, en 1050, au concile dans lequel Gérard, évêque de Toul, fut canonisé solennellement. Peu après, de retour à Metz, il assista, à Trèves, à une translation des reliques de saint Euchaire et de saint Valère.

D’après la chronique de Metz, c’était un prélat d’une grande sainteté, d’un caractère pacifique, animé d’un zèle admirable pour la propagation des institutions monastiques. Il fit bâtir autour de l’église de Saint-Sauveur, fondée en 879 par Walo, un de ses prédécesseurs, des cloîtres avec une chapelle, afin que les chanoines de cette collégiale pussent mener la vie commune, à l’exemple de ceux de la cathédrale. En 1064, il confirma un privilège accordé par son prédécesseur Thierri à l’abbaye de Saint-Trond. Ce privilège consistait dans le droit de lever un impôt sur chaque mesure de bière qui se vendait dans la ville, ainsi que d’établir et de déposer celui qui faisait le levain[1]. L’avouerie de cette abbaye, soumise depuis son origine aux évêques de Metz, avait été donnée par Adalbéron à son frère Frédéric, duc de la Basse-Lorraine. Son fils Udon, qui lui succéda dans cette fonction, voulut en étendre les droits au détriment des religieux. L’évêque prit connaissance de cette affaire et régla, en 1065, les attributions de l’avoué de manière à mettre un terme aux empiétements. La même année, l’empereur Henri IV lui donna le comté de Sarbruck. En 1052 et 1056, il avait obtenu de l’empereur Henri III des priviléges importants en faveur de sa cathédrale.

Adalbéron mourut le 12 novembre 1072, et fut inhumé dans l’église de Saint-Sauveur. Cette église ayant été démolie en 1571, lors de la construction de la citadelle, on ouvrit le tombeau d’Adalbéron et on trouva ses ossements enveloppés d’une chasuble antique de soie violet foncé. Elle était si bien conservée que depuis cette époque on introduisit l’usage de se servir de cet ornement le jour de l’anniversaire de la mort d’Adalbéron. Après la démolition de l’église de Saint-Sauveur, les chanoines se retirèrent, pour la célébration de leurs offices, dans la chapelle construite par Adalbéron ; ils y déposèrent ses restes dans une châsse que l’on plaça à la droite du chœur.

P. F. X. de Ram.


  1. Voyez Miræus, Op. diplom., t. I., p. 63.