Betzi/1/04


Betzi ou L’Amour comme il est : Roman qui n’en est pas un ; précédé d’Entretiens philosophiques et politiques
A.-A. Renouard (p. 196-197).
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Livre I


CHAPITRE IV.


Rencontre.




Écartez quelques idées de vice, de bassesse, de perfidie que l’on rencontre trop souvent ailleurs comme ici, nous serons forcés de convenir que c’est un spectacle assez doux que celui de ces rassemblemens de la jeunesse des deux sexes, où l’un et l’autre viennent se montrer avec tous leurs avantages, au jour séduisant et magique d’un grand nombre de lumières répandues avec art dans un amphithéâtre dont la distribution ingénieuse présente ici des sallons de verdure, là des allées circulaires, plus loin des bosquets de myrthes et de roses ; dans le centre un bal d’enfans dont l’innocence et les graces ingénues semblent offrir à l’amour un culte d’autant plus touchant qu’elles en ignorent encore le dangereux mystère.

C’est là que Séligni vit pour la première fois la charmante Betzi ; ce fut le chevalier de R… qui le présenta. Sur l’éloge brillant qu’il fit de la douceur et de la sensibilité de son mélancolique ami, ce dernier obtint sans peine la permission de l’aller voir le lendemain, et se promit bien lui-même en secret de ne pas en profiter. Eut-il tort ou raison ?