Ballet des Arts/L’Orfèvrerie

Robert Ballard (p. 11-13).

L’ORFEVRERIE.



Junon deſcend dans une Machine qui repreſente une Mine d’Or, comme la Déeſſe qui preſide aux richeſſes, & fait le recit pour l’Orfevrerie, en ſuite duquel quatre Courtiſans qui ont achepté de quelques Orfevres les ſuperbes ornements donc ils ſont parez, font la troiſieſme Entrée.


RÉCIT DE JUNON
Sur les Richesses.
Chanté par Mademoiſelle Hylaire.


Je répands ſur les Humains
La Richeſſe à plaines mains,

Auẞy pour mes Autels la ferveur eſt extrême :
Parmy tous ſes attraits, ſes charmes, ſes apas,
Amour l’avoüroit luy meſme,
La Richeſſe ne nuit pas.

Soyez beau, ſoyez bien fait,
N’ayez rien que de parfait,
Preſſez, & ſoupirez, afin que l’on vous aime,
Parmy tous ſes attraits, &c.


III. Entrée.


Courtiſans chargez d’Orfevrerie.


Le Comte d’Armagnac, Le Marquis de Genlis, Monſieur Coquet, & Monſieur l’Anglois.


Pour le Comte d’Armagnac. Courtiſan.


Vous eſtes Courtiſan, c’eſt une race d’hommes
Beaux, diſeurs de bons mots, jeunes, adroits, galants,

Et qui parmy tout l’or dont on les voit brillans,
D’ordinaire chez eux n’ont pas de grandes ſommes.


Pour le Comte de Sery, qui devoit repreſenter un Courtiſan.


Il n’eſt pas trop neceſſaire
Qu’un Courtiſan ſoit ſincere,
Et cependant je le ſuis ;
Demeurant tant que je puis
Dans la bonne & droite route ;

Vous n’en ſerez jamais en doute,
Pourveu que vous en conſultiez
Mes Amours & mes Amitiez.


Pour le Marquis de Genlis. Courtiſan.


On pardonne à ma Taille, on pardonnne à ma mine ;
Mais ce n’eſt pas nouveauté
Qu’à la Cour on m’examine
Sur le fait de la Beauté.