Amours et priapées/Ecce Homo

Ecce Homo (1869)
Amours et priapéesPoulet-Malassis (p. 11-12).


ECCE HOMO


Parfois, lorsque l’esprit, comme un roi sans couronne,
Vers un lointain exil et des cieux inconnus
S’enfuit, la chair docile aux conseils de Vénus,
Flot rouge et débordé, se révolte et frissonne.

Alors les désirs fous, meute qu’on emprisonne,
Montrent leurs yeux ardents et tordent leurs bras nus ;
Hors du cercle où l’esprit les avait contenus,
Ils brûlent tout, pareils à la mort qui moissonne.


L’homme et la femme, las de leur accouplement,
Vont cueillir au hasard les voluptés de Rome
Et les lubricités où se berça Sodome.

Priape, demi-dieu de l’abrutissement,
Lève son fier phallus vers le bleu firmament,
Et s’écrie : — « À genoux ! adorez ! voici l’homme ! »