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LETTRE ONZIÈME.


Valcour à Aline.

Paris, 20 Juillet.


Je vous écris à la hâte, dans l’affreuse inquiétude où je suis ; prolonger mon billet serait en retarder l’envoi, et je brûle d’impatience de le savoir en vos mains. La peinture de la vie que vous menez est délicieuse, votre bonheur s’y peint, cette idée me console ; mais ces grandes courses m’effraient, elles seules sont l’objet de ma lettre ; je pense comme madame de Senneval ; elles sont folles, et je vous supplie d’y mettre des bornes, ou si vous y tenez, si elles vous amusent ayez au moins plus d’un homme avec vous… faites-vous suivre ; quelque fond que je fasse sur la vaillance de mon cher Déterville, vous m’avouerez qu’il lui deviendrait impossible de vous défendre seul, contre une troupe armée… Aline, nous avons des ennemis puissans, je me fie peu à ce qu’ils disent, leur fausseté m’effraie plus que leurs promesses ne me rassurent ; point d’imprudence, je le demande à genoux à madame de Blamont, que je supplie d’accepter ici l’hommage sincère de mon respectueux attachement.