Études sur les glaciers/Explication des planches

- XVIII Études sur les glaciers -


Note de Wikisource : les planches de Bettannier n’étaient pas disponibles dans la version numérisée par Gallica. Le descriptif des planches est toutefois retranscris ici et les quelques reproductions des gravures proviennent d’autres sources que Gallica.


EXPLICATION SUR LES PLANCHES.Modifier

L’Atlas qui accompagne cet ouvrage est composé de 32 planches ; les 18 planches lithographiées représentent les glaciers dans leurs différentes positions et à différents niveaux, avec les formes particulières qu’ils affectent et les phénomènes divers auxquels ils don­nent lieu dans les Alpes de la Suisse. Pour faciliter l’intelligence de ces différents phénomènes, et afin de faire ressortir leurs rapports avec les localités envi­ronnantes, j’ai ajouté à chacune des 14 premières planches, une planche au trait, où se trouvent indi­qués les principaux caractères du glacier figuré, avec les noms des cimes adjacentes. Les quatre dernières planches représentent des phénomènes locaux relatifs à l’action des glaciers sur le sol ; il m’a semblé inutile de les accompagner d’une planche explicative.

PL. 1 ET 2. PANORAMA DES GLACIERS DU MONT-ROSE.Modifier

Ces deux planches réunies représentent une partie de la grande chaîne du Mont-Rose avec les glaciers qui en descendent, tels qu’on les voit depuis le som­met du Riffel au-dessus de Zermatt, dans la vallée de Saint-Nicolas. Quoique j’aie déjà appelé l’attention sur les cimes et les glaciers de ce panorama, je crois cependant devoir en analyser ici tous les détails, en me rapportant, pour les généralités, à ce qui a été dit plus haut, page 26 et suivantes. Le premier mas­sif, sur la gauche de pi. 1, est le Gornerhorn, dont M. Zumstein fit plusieurs fois l’ascension ; son sommet présente plusieurs cimes ; celle que j’ai marquée d’un b dans la planche au trait, et que M. Welden appelle la cime de Zumstein, a 14,060 pieds d’élévation. La cime a, qui ne put être escaladée, est la plus élevée de toute la chaîne ; elle est, suivant M. Zumstein, à environ 270 pieds plus haut que la précédente. La cime c me paraît correspondre à la cime de Vincent, de Welden. A gauche du massif du Gornerhorn, est un grand pla­teau de glace, la Porte-Blanche, qui vient se déchar­ger dans la vallée de Zermatt, sous la forme de deux glaciers séparés par une moraine, et que j’appelle, l’un, le glacier de la Porte-Blanche, l’autre, le petit glacier du Gornerhorn. Le grand glacier du Gornerhorn descend du sommet même de ce massif ; en affluant dans la vallée, il est refoulé obliquement par les grands glaciers qui viennent de plus loin, et donne ainsi lieu à la première moraine oblique.

Le second massif de pi. 1 est le Mont-Rose pro­prement dit, que M. Welden appelle le dame du Si­gnal ( Signalkuppe ) ; il est séparé du Gornerhorn par deux glaciers que j’appelle, l’un, le petit glacier, et l’autre le grand glacier du Mont-Rose, qui sont séparés par une moraine, la petite moraine du Mont-Rose. Entre elle et la moraine du Gornerhorn, on remarque une seconde moraine oblique. La cime que l’on aper­çoit dans le lointain, entre le Mont-Rose et le Gor­nerhorn, et qui est marquée d’un * sur la planche au trait, me paraît être la cime de Parrot, de Welden.

Le troisième massif à l’angle droit de pi. 1 est le Lyskamm ; de ses flancs descend un immense glacier que j’appelle le glacier du Lyskamm, et qu’il ne faut pas confondre avec le glacier de Lys, qui débouche du côté de l’Italie. Le grand massif que l’on voit sur la gauche de pi. 2 est le Breithorn ; son sommet pré­sente une grande arête qui s’incline insensiblement à l’ouest. Un vaste glacier, d’une blancheur extrême, enclavé entre deux arêtes saillantes, descend de son sommet ; c’est le grand glacier du Breithorn. Deux au­tres glaciers, les premier et second petits glaciers du Breithorn, descendent sur son flanc occidental. A droite du Breithorn est un pic moins élevé et dégagé de neige pendant une grande partie de l’été ; c’est le Petit-Cervin. De Saussure, qui en fit l’ascension, l’ap­pelle la Corne-Brune, pour la distinguer du Breithorn, qui est toujours couvert de neige ; il en mesura la hauteur qu’il trouva être de 2,002 toises. Un petit glacier que j’appelle le glacier du Petit-Cervin, se rat­tache à cette cime, mais il conflue bientôt avec le gla­cier de la Furkeflue, dont il n’est séparé que par une moraine médiane. La dernière éminence que l’on re­marque sur la droite de pi. 2 est la Furkeflue, der­rière laquelle s’étend le glacier de Saint-Théodule, qui sert de communication entre le Valais et l’Italie. Ce glacier communique avec le glacier de la Furkeflue, par une échancrure de Y arête d’Auf-Platten. Enfin le grand mur noir qui forme l’angle au bas de la pi. 2 est l’un des flancs du Riffelhorn, au pied duquel est pris le panorama de ces deux planches.

PL. 3. GLACIER DE ZERMATT, PARTIE SUPÉRIEURE PRISE AU-DESSUS DU RIFFELHORN.Modifier

Cette planche représente le glacier de Zermatt, à l’endroit où, après avoir reçu les aflluents du Breit­horn, du Petit-Cervin et de la Furkeflue, il se resserre entre les parois des massifs du Riffel et d’Auf-Plalten. Comme la pente est ici assez roide, les crevasses sont plus béantes que plus haut, les moraines commencent en même temps à se confondre, ainsi que cela est indi­qué sur la planche au trait.

PL. 4. GLACIER DE ZERMATT, PARTIE MOYENNE.Modifier

Agassizzermatt.jpg

Cette vue du glacier est prise du massif d’Auf-Platten, sur la rive gauche du glacier, de manière que nous avons en face le plateau du Riffel avec le Riffelhorn. La pente du glacier est très forte en cet endroit ; aussi les crevasses y sont-elles très nom­breuses et très larges ; les moraines se confondent de plus en plus, et ne forment plus que quelques larges bandes. Le torrent que l’on aperçoit à droite vient du glacier de Saint-Théodule, dont l’issue est derrière le massif d’Auf-Platten ; la surface même du massif d’Auf-Platten est polie jusqu’à une grande hauteur, ce qui prouve que le glacier a jadis occupé ce sol.

PL. 5. GLACIER DE ZERMATT, PARTIE INFÉRIEURE VUE DE COTÉ, AU DERNIER CONTOUR DU GLACIER.Modifier

Nous voyons ici l’un des phénomènes les plus cu­rieux des glaciers, la manière dont les crevasses changent de direction lorsque le glacier fait un con­tour ; elles se replient sur elles-mêmes, et de trans­versales qu’elles étaient elles deviennent longitudinales. Cette vue est également prise d’Auf-Platten, mais à un niveau plus bas que la précédente. Les diverses moraines confondues dans ce point ne sont plus re-connaissables qu’à leur couleur provenant de la na­ture particulière des diverses roches.

PL. 6. GLACIER DE ZERMATT, EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE.Modifier

Cette planche représente l’issue du glacier avec la voûte par laquelle s’échappe la Viège. Dans le lointain on aperçoit les aiguilles qui correspondent à la partie la plus escarpée du glacier. Une petite voûte latérale se voit au-dessous de ces aiguilles ; il s’en échappe un petit filet d’eau qui bientôt va se perdre sous le glacier. Le rocher qui forme la rive droite du glacier est nu, arrondi et poli par l’effet des glaces. Les moraines, par l’effet de leur tendance à regagner les bords, ont disparu de la surface du glacier, où l’on n’en rencontre plus que quelques lambeaux. Les mo­raines latérales, en revanche, sont très puissantes.

PL. 7. GLACIER DE ZERMATT, FLANC DE L’EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE.Modifier

Le glacier est ici vu de très prés, afin de donner une idée de l’apparence raboteuse de la glace exposée aux influences atmosphériques. La stratification y est également très distincte. Comme la glace se détache ici du rocher, je pus pénétrer sous sa masse, et j’y vis distinctement la manière dont s’opère le poli par l’ef­fet du mouvement de la glace qui, en se dilatant, agit comme une râpe sur le rocher, en même temps que le gravier qui adhère à sa surface inférieure y déter­mine les stries. Dans le haut de la planche, à gauche, on aperçoit les mêmes aiguilles de glace qui sont aussi représentées sur la pi. 6.

PL. 8. ROCHES POLIES DU GLACIER DE ZERMATT.Modifier

Nous avons ici un exemple frappant de ces dômes de forme arrondie et ventrue que de Saussure désigne sous le nom de roches moutonnées. Or, comme ces roches sont sur le bord même du glacier, on ne sau­rait douter qu’elles ne doivent leur forme particulière à l’action de la glace ; elles sont d’ailleurs polies et striées absolument comme sous la glace elle-même. Cette vue est prise du massif d’Auf-Platten, entre les points de vue de pi. 4 et 5, dans un endroit où le glacier est très incliné et très crevassé, et où par con­séquent les moraines sont déjà confondues.

PL. 9. GLACIER DE VIESCH, MORAINE TERMINALE.Modifier

Cette planche est destinée à donner une idée exacte de la moraine terminale et de la manière dont elle ceint l’extrémité du glacier. Le torrent s’est creusé une issue à travers ce rempart qui, malgré sa hau­teur, n’est pas assez résistant pour empêcher l’eau de s’écouler. Sur les bords du glacier, la moraine ter­minale est liée sans interruption à la moraine latérale qui en forme la continuation directe aussi longtemps que le glacier est stationnaire ou qu’il avance. Au-dessous de la moraine, le rocher est généralement poli et strié ; preuve que le glacier s’est autrefois étendu plus loin qu’à présent. A côté des dômes arrondis dont le poli et les stries résultent du mouvement des glaces, nous voyons aussi, sur les bords mêmes du torrent, des traces distinctes d’érosions produites par les eaux ; on les reconnaît facilement à leur forme irré­gulière : le rocher est irrégulièrement excavé et a l’air d’avoir été usé à coups de gouge. Cette localité est d’au­tant plus remarquable, que l’on peut y comparer direc­tement l’action de l’eau et celle de la glace sur les ro­chers.

PL. 10. GLACIER DE VIESCH.Modifier

Ce glacier est encaissé dans toute sa longueur entre des parois très abruptes et très serrées. Il présente un cours très sinueux, et comme ses moraines sont abon­dantes, on les voit de fort loin comme une ligne on­dulée à la surface de la glace. Cette disposition onduleuse tend à disloquer les moraines, et surtout les moraines médianes, et l’on voit ordinairement s’en détacher des traînées plus ou moins considérables à chaque contour. La longueur de ce glacier est très considérable, on le poursuit des yeux jusqu’au pied du versant méridional des cimes de la chaîne bernoise. La vue qui est ici représentée est prise à quelque dis­tance de l’extrémité du glacier, sur les bords du tor­rent qui s’échappe du lac d’Aletsch pour se jeter dans le glacier de Viesch.

PL. 11. GLACIER DE FINELEN.Modifier

Ce glacier est situé dans la vallée de Saint-Nicolas, au-dessus de Zermatt ; il se rattache, comme le gla­cier de Zermatt, au grand plateau déglace qui entoure le Mont-Rose ; mais au lieu de descendre à l’ouest du Riffel, il en forme la bordure à l’est, de manière que le plateau du Riffel se trouve enfermé comme une île entre ces deux glaciers. Le glacier de Finelen est un glacier simple, c’est-à-dire qu’il n’est pas formé de la réunion de plusieurs affluens, comme celui de Zer­matt. Aussi ne voit-on point de moraines médianes à sa surface. Sur la droite, on aperçoit, dans le lointain, la Porte-Blanche, qui mène de Zermatt à Macugnana.

PL. 12. GLACIER ET LAC D’ALETSCH.Modifier

Le phénomène qui est ici représenté est l’un des plus curieux que présentent les glaciers. Le glacier d’Aletsch, l’un des plus grands de la Suisse, descend des cimes des Alpes bernoises vers le Valais, où il va déboucher au-dessus du village de Mœrel. Sa direction générale est du nord au midi ; mais près de son ex­trémité, il rencontre l’arête du Bedmerhorn, qui le force à dévier à l’ouest. A l’endroit où s’opère ce con­tour, se trouve une échancrure dans laquelle est situé le lac d’Aletsch. Ce lac était autrefois plus étendu qu’il ne l’est maintenant ; et lorsque la fonte des neiges et des glaces était très forte, il arrivait souvent que toute cette masse d’eau se frayait avec violence une issue sous le glacier, et causait de grands ravages dans le fond de la vallée. Pour obvier à cet inconvé­nient, l’on a creusé, dans la direction du glacier de Viesch, un écoulement artificiel à ce lac, qui ne peut plus maintenant dépasser un certain niveau. La glace ne repose pas immédiatement sur l’eau ; il y a, au contraire, entre le fond du glacier et la surface de l’eau un espace de plusieurs pouces, occasionné par la tem­pérature du lac qui est constamment au-dessus de zéro pendant l’été. A raison de ce vide, il se détache sou­vent d’énormes blocs du glacier, qui flottent à la sur­face du lac et imitent parfaitement les glaces flottantes des régions boréales.

PL. 13, FIG. 1. STRATIFICATION DU GLACIER DE SAINT-THÉODULE.Modifier

Cette planche nous donne une idée de l’aspect que présente la glace stratifiée. Cette stratification est sur­tout distincte sur les parois verticales dont il vient de se détacher des éboulemens de glace. Les rochers qui sont au bas de cette figure sont polis et striés.

PL. 13, FIG. 2. VIEILLE NEIGE FISSUREE AVEC DES TACHES DE NEIGE FRAICHE.Modifier

Ce phénomène se rencontre assez fréquemment en été, et lorsque la neige fraîche n’est pas encore com­plètement fondue ; elle se présente comme de larges bandes d’une blancheur éclatante au milieu de la sur­face plus ou moins sale du glacier.

PL. 14. GLACIER INFÉRIEUR DE L’AAR, PARTIE SUPÉRIEURE, AVEC LA CABANE DE M. HUGI.Modifier

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On voit ici la réunion de deux grands glaciers du Lauteraar et du Finsteraar, qui confluent pour for­mer le glacier inférieur de l’Aar. La moraine médiane, qui résulte de leur jonction, s’élève comme une im­mense arête du milieu de ces deux glaciers. La cabane qui est ici figurée fut construite dans l’origine, par M. Hugi, au pied du rocher Im Abschwung, qui forme le mur de séparation entre les deux glaciers ; mainte­nant elle est éloignée de 4,600 pieds ; elle a été en­traînée à cette distance par le mouvement continuel du glacier dans le sens de sa pente. Le grand bloc que l’on voit près de la cabane est de granit ; on le dis­tingue de fort loin à sa couleur blanchâtre, tandis que le reste de la moraine, composé en grande partie de schistes micacés et chlorités, présente une teinte bru­nâtre. On voit en outre sur cette planche quelques exemples de petites moraines médianes, de moraines obliques et de tables. La table qui est la plus rappro­chée de la grande moraine médiane repose sur un piédestal de 4 à 5 pieds de haut. Le massif d’Ab­schwung, qui paraît ici revêtu de neige, ne l’est pas habituellement pendant l’été. Sa hauteur est de près de 8,000 pieds. A droite de ce massif s’élèvent les nombreuses cimes des Schreckhôrner, et, à gauche, la grande arête du Finsteraarhorn.

PL. 15. DOMES ARRONDIS, POLIS ET STRIÉS, AU DESSUS DE LA HANDECK.Modifier

Ces rochers, en forme de dômes, sont usés et polis absolument de la même manière que ceux qu’on voit sur le bord du glacier de Zermatt (voy. pi. 8) ; et ce­pendant actuellement il n’y a point de glacier dans cette localité ; d’où il faut conclure que les glaciers ont eu autrefois une plus grande extension que de nos jours.

PL. 16. HELLE-PLATTE A LA HANDECK.Modifier

Cette localité, située à une petite demi-lieue au-dessus de la Handeck, est remarquable en ce que le rocher y est poli comme le plus beau marbre sur une surface très étendue.

PL. 17. ROCHES POLIES DU LANDERON.Modifier

La localité où Ton voit ces roches polies est située sur le flanc méridional du Jura, à trois lieues de Neu-châtel et à une distance de plus de vingt lieues des glaciers les plus rapprochés. La surface entière du Jura, du côté des Alpes, est ainsi plus ou moins usée et polie. Les stries, qui y sont également très dis­tinctes, sont à-peu-près perpendiculaires à la pente de la montagne ; de manière qu’il est impossible qu’elles aient été produites autrement que par un mouvement lent de la glace dans le sens de la direc­tion du Jura.

PL. 18. FRAGMENTS DE ROCHES POLIES.Modifier

Quoique les fragments qui sont ici figurés provien­nent de localités très diverses, cependant leur poli est de même nature et présente les mêmes stries qui ser­vent à distinguer les effets de la glace de l’action qui est produite sur les rochers par les érosions. Le frag­ment de fig. 1 est de la serpentine schisteuse à gros grains. Je l’ai détaché à grande peine sous le flanc droit du glacier de Zermatt, à l’endroit qui est représente pi. 7. Le fragment de fig. 2 est de la serpentine schis­teuse à pâte très fine ; c’est ce qui fait que les stries y sont si distinctes. Ces stries ne sont pas aussi parallèles que sur le fragment de fig. 1 ; on y remarque même des intersections très nombreuses, qui indi­ quent des variations notables dans l’état de l’ancien glacier qui les a produites. J’ai détaché ce fragment au sommet du Riffel, à plus de 600 pieds au-dessus du niveau actuel du glacier de Zermatt, qui est au pied de ce massif. Les fragments de fig. 3 et 4 sont du lias. Je les ai détachés sous le glacier de Rosenlaui ; on y remarque, à côté des stries, de ces raies blanches que nous avons mentionnées pag. 195, et qui pro­viennent des grains de gravier qui, pressés sur ce calcaire, l’ont en quelque sorte broyé au lieu de le strier. Enfin le fragment de fig. 5 est du calcaire ju­rassique supérieur (portlandien) provenant du Landeron, près de Neuchâtel. Le poli en est si parfait qu’on y distingue très bien la coupe des fossiles qui sont empâtés dans cette roche. Le fragment figuré contient entre autres une coupe de nérinée (Nerinea mprajurensis ) très distincte. Les stries y sont dos plus nettes.