À travers les grouins/Villanelle : C’est l’arbitre du bon ton

P.-V. Stock, éditeur (p. 19-22).




VILLANELLE



Cest l’arbitre du bon ton
Le youtre cher à Gamelle,
C’est Meyer porte-coton.

Bravant le qu’en-dira-t-on,
Aux hidalgos il se mêle.
C’est l’arbitre du bon ton.

Le chouan, lorrain ou breton,
Ne va point à sa semelle :
C’est Meyer porte-coton.


L’âme atroce de Caton
N’a pas en lui sa jumelle.
C’est l’arbilre du bon ton.

Les coups de pied, de bâton,
Dilatent sa gargamelle.
C’est Meyer porte-coton.

On prise fort, chez Goton,
L’empois qui le caramèle :
C’est l’arbitre du bon ton.

Il craint le fer. Se bat-on,
Sa cacarelle est formelle :
C’est Meyer porte-coton.

Il éloigne l’esponton.
La flamberge, l’alumette :
C’est l’arbitre du bon ton


À deux mains, contre un séton
Il protège sa flanelle.
C’est Meyer porte-coton.

Chauve de partout, Giton
De mainte vieille andrumelle,
C’est l’arbitre du bon ton.

Il drapa le hoqueton
Chez Antigny, sa fumelle :
C’est Meyer porte-coton.

Il marine comme un thon
Dans le chrême qui grumelle.
C’est l’arbitre du bon ton.

C’est Dangeau, c’est Hamilton,
Brummel dompteur de chamelle !
C’est Meyer porte-coton


L’Église aime ce croûton
Et les gaupes font comme elle.
C’est l’arbitre du bon ton,
C’est Meyer porte-coton.