À genoux/La Faute

Alphonse Lemerre (p. 135).

XXIII

LA FAUTE


Lorsque j’aurai fini de vivre
Le temps que Dieu m’aura donné,
Et quand la brume aura tourné
La dernière page du livre,

Au lieu que la mort me délivre,
Un Ange au front découronné
M’emportera comme un damné
Sur le grand chariot de cuivre.

Car j’aurai vécu sans la foi ;
Car mes yeux, toujours pleins de toi
Et toujours baissés sur ton âme

En qui tout est lumière et feu,
Auront trop contemplé la femme
Et pas assez regardé Dieu.