Voyage pittoresque dans le Brésil/Fascicule XVI


VOYAGE PITTORESQUE

DANS LE BRÉSIL.


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EUROPÉENS À BAHIA ET À PERNAMBUCO.


Il y a beaucoup d’analogie entre l’état social des habitans de Bahia et les mœurs, les usages et le caractère de Pernambuco : les uns et les autres sont séparés par des différences bien tranchées des habitans de Rio-Janeiro et des provinces méridionales. Depuis l’époque qui ouvrit le Brésil au commerce européen, et surtout au commerce anglais, Bahia et Pernambuco ont toujours vu s’accroître l’influence des besoins, des jouissances, des idées et des connaissances de l’ancien monde ; néanmoins les Brésiliens du nord se sont, à ce qu’il semble, moins attachés aux dehors brillans de la civilisation européenne, qu’à ce qu’elle offre de sérieux, d’industriel, de scientifique. Ces deux villes ont moins de splendeur que la résidence de la cour impériale ; mais on y jouit de l’aspect d’une aisance plus générale, d’une activité plus libre. Cette observation s’applique surtout aux classes moyennes et aux classes inférieures : le nombre des petits propriétaires et des ouvriers libres y est plus grand que dans les provinces méridionales ; le peuple y est moins turbulent, moins débauché, moins efféminé qu’à Rio-Janeiro. L’homme de la basse classe, quelle que soit sa couleur, affecte une certaine fierté, une sorte d’énergie, qui le conduit souvent à des violences, à des outrages, et à se faire vengeance à lui-même.

Les Brésiliens septentrionaux se distinguent par leurs connaissances maritimes, et l’on sait qu’une grande partie de la population de ses provinces se nourrit par la pêche de la baleine. Les radeaux dont les pêcheurs se servent sur la côte, sont pour les jeunes gens l’occasion de s’accoutumer de bonne heure à la mer et à ses périls. Ces radeaux, appelés Jancadas, se composent de cinq à six pièces d’un bois léger, assemblées d’une manière toute particulière ; ils sont surmontés d’une voile latine ; le pilote occupe un siège étroit ; il a près de lui une pièce de bois en forme de fourche pour y suspendre quelques provisions et quelques vases. C’est sur ces frêles embarcations que deux ou trois hommes s’abandonnent aux vagues, qui trés-souvent les dérobent aux regards du spectateur étonné.

Les idées qui pendant le dix-huitième et le dix-neuvième siècle régnaient en Europe, ont peut-être trouvé plus d’accueil à Pernambuco que dans les autres ville du Brésil ; mais ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’au Brésil, notamment dans les provinces du nord, ces idées n’ont point, ou presque point diminué l’influence du clergé sur le peuple. Il est même beaucoup de rapports sous lesquels le clergé semble s’être placé à la tête de ce mouvement intellectuel. Le voyageur qui voit avec quelle splendeur se célèbrent les fêtes religieuses à Bahia et Pernambuco, se persuaderait difficilement que la civilisation actuelle a été le résultat des idées et des principes qui dans l’Europe ont combattu sans cesse l’Église catholique, comme leur principal adversaire.

Avant de prendre congé de Pernambuco et du Brésil, qu’il nous soit permis de reporter nos regards sur l’histoire de cette province. Les commencemens de Pernambuco ne présentent rien de bien remarquable. Nous ne les rappellerons que sommairement. En 1534, Duarte Coelho Pereira, qui, d’après le système colonial de l’époque, avait été investi de cette partie de la côte, fonda la ville d’Olinda. Les faits qui signalent le premier siècle de l’existence de Pernambuco sont, d’abord l’accroissement progressif de cette colonie à la faveur de l’agriculture et du commerce ; puis, les négociations ouvertes avec les Cahètes et d’autres Indiens de la côte ; enfin, les continuels efforts du gouvernement portugais pour diminuer le pouvoir des anciens possesseurs de fiefs et les soumettre aux capitaines généraux nommés par la métropole. C’est à cette époque aussi que les Français, expulsés de Rio-Janeiro, essayèrent de s’établir sur cette côte. Si l’on réfléchit aux ressources de tout genre que présente la richesse du sol, on ne pourra s’empêcher de trouver que les accroissemens de cette colonie ont été bien lents : cela s’explique cependant par le caractère des premiers colons. Ce n’étaient pas uniquement des marchands et des agriculteurs ; c’étaient aussi des soldats et des aventuriers de toute espèce. Il en faut aussi chercher la raison dans les premières institutions civiles qui furent données à ces colonies ; institutions qui n’étaient que l’imitation du système féodal de l’Europe, et par conséquent beaucoup plus propres à favoriser les guerres contre les Indiens et d’autres expéditions périlleuses, que les paisibles progrès de l’agriculture et du commerce. Mais, si ces institutions, si l’influence qu’elles ont exercée sur le caractère des colons ont été sous bien des rapports un obstacle à ce que l’on profitât de toutes les ressources du sol, si elles ont retardé la prospérité de la colonie, d’un autre côté elles contribuèrent beaucoup à inspirer aux habitant de Pernambuco une ardeur guerrière, une persévérance, un grand amour de la liberté, qualités qu’ils eurent bientôt l’occasion de développer, et qui leur assignent une place glorieuse dans l’histoire des peuples.

Cette occasion leur fut donnée par les Hollandais : ceux-ci, voulant s’établir au Brésil, essayèrent de soumettre Pernambuco. Après avoir été chassés de Bahia par l’amiral espagnol Don Fadrique de Tolède, les Hollandais tournèrent tous leurs efforts contre Pernambuco. La cour d’Espagne, informée de leurs préparatifs, envoya un général portugais, Mathias d’Albuquerque. Il vint à Pernambuco avec quelques troupes, prit le commandement et fit les préparatifs nécessaires à la défense. Toutefois ses forces n’étaient pas assez considérables pour défendre Olinda, qui d’ailleurs était mal fortifiée, contre la flotte hollandaise, qui était bien approvisionnée et chargée de troupes de débarquement, et qui en 1630 s’empara de la ville, du port et de Recife. Mais ici, comme à Bahia, l’événement prouva que la conquête du chef-lieu ne décidait rien quant au sort de la province. Exaspérés par les cruautés des soldats hollandais, tous les habitans prirent les armes, et les Hollandais ne purent se maintenir que dans la capitale et sur quelques autres points fortifiés, d’où ils ravageaient tout le pays ; mais souvent aussi les habitans les attaquaient, leur faisaient éprouver des pertes considérables et les mettaient en fuite. Malheureusement ces habitans n’avaient ni assez de troupes disciplinées, ni assez d’armes pour entreprendre quelque chose de décisif. L’Espagne envoya une flotte sous le commandement de l’amiral Oquendo ; il devait protéger les galions mexicains et en même temps conduire du renfort à Pernambuco. Oquendo rencontra à la hauteur d’Olinda la flotte hollandaise sous les ordres de l’amiral Patry, et après une bataille terrible, les Hollandais, vaincus, furent contraints de fuir dans le port de Recife. L’amiral Patry, dont le vaisseau venait d’être pris, se déroba à la captivité par une mort volontaire, et dans sa défaite même il acquit des droits à l’immoralité : du haut de son vaisseau il se précipita dans la mer en s’écriant : « L’océan est la seule tombe digne d’un amiral hollandais. »

Oquendo débarqua sept cents hommes sous le commandement du général Bagnolo, et dans leur première frayeur les Hollandais abandonnèrent Olinda ; après l’avoir réduite en cendres, ils se retirèrent à Recife. Ce n’est pas ici le lieu de raconter tous les événements toutes les vicissitudes de cette lutte. Les Hollandais déployèrent une persévérance qui tenait de l’obstination ; ils avaient pour eux la supériorité de l’art militaire, de continuels renforts envoyés d’Europe et des richesses inépuisables ; au contraire, les habitans de Pernambuco ne possédaient que leur héroïsme ; nul secours ne leur venait de l’Europe. Ils soutinrent quatre années l’effort Hollandais, qui réussirent enfin à s’emparer non-seulement de la province de Pernambuco, mais encore de toutes les provinces voisines qui vers le sud s’étendent jusqu’à Bahia. Les cause qui paralysèrent la courageuse résistance des habitans de Pernambuco, en leur faisant perdre tout le fruit de leurs premiers succès, furent principalement dans les divisions qui s’établirent entre les chefs des Brésiliens ; dans l’incapacité ou dans la trahison du général Bagnolo, qui était napolitain ; enfin, dans la désertion du mulâtre Calabar ; ce fut ce qui contribua le plus à la réussite des Hollandais. Sans doute il est pénible de jeter ainsi le blâme sur les noms de quelques-uns des chefs qui défendaient la liberté du Brésil ; mais quand l’histoire flétrit le nom d’un traître, qui plus tard devint l’objet de la vengeance de ses concitoyens, il est beaucoup d’autres noms qui brillent et brilleront toujours dans les annales du Nouveau-Monde ; leur immortelle réputation est due aux plus nobles sacrifices, à l’héroïsme le plus pur, à la profondeur des vues et à l’habileté de l’exécution. Il est beaucoup d’hommes dont la noble conduite constitue de véritables titres de noblesse à la race noire et à la race cuivrée, et nous citerons de préférence à tous les autres les noms du chef de Nègres Henrique Diaz et du chef indien Cameram.

Alors même que tout paraissait perdu, une grande partie des habitans de Pernambuco refusa de se soumettre aux Hollandais. Ils partirent avec femmes et enfans pour le port voisin de Porto-Calvo ; de là, chassés encore par les Hollandais, ils vinrent à Bahia. Beaucoup d’entre eux, leurs femmes, leurs enfans périrent de faim et de mal-aise dans leurs marches à travers les déserts de Sertaos. Les autres contribuèrent beaucoup à protéger Bahia contre l’attaque du général hollandais Maurice de Nassau.

Vers ce temps (1638) il parut être décidé qu’à l’avenir le Brésil serait partagé entre la Hollande et le Portugal, et d’autant plus qu’on avait vu échouer la dernière tentative de la cour d’Espagne, qui avait envoyé Francisco Mascarenhas à la tête d’une flotte pour sauver Pernambuco. Par une administration sage et vigoureuse Maurice de Nassau chercha à fermer les plaies des provinces qu’il avait conquises, et qu’une guerre de dévastation avait long-temps ravagées. L’activité des Hollandais semblait promettre que bientôt l’on mettrait à profit les riches ressources de cette contrée, et que Pernambuco serait l’une des principales colonies d’une puissance, qui, pour l’importance maritime, était alors une des premières de l’Europe. Un événement, qui à la première apparence semblait devoir favoriser toutes ces vues, contribua cependant à les détruire d’un seul coup. Le 1er Décembre une conjuration, la plus glorieuse peut-être de toutes celles dont l’histoire a retenu le souvenir, délivra le Portugal du Joug de l’Espagne, et mit la maison de Bragance sur le trône. Il paraissait dès-lors que les États de Hollande trouveraient dans le Portugal un allié naturel contre l’Espagne, et de fait, le nouveau roi, n’étant pas encore bien assuré sur son trône, se vit obligé de conclure une trêve de dix ans, en assurant aux Hollandais la possession de leurs conquêtes au Brésil. Mais les Hollandais eux-mêmes violèrent cette convention par leur attaque imprévue sur Maranham. Vers le même temps Maurice de Nassau fut rappelé par les chefs ombrageux de la République, et l’administration des provinces conquises fut confiée à trois commissaires ; mais bientôt ces commissaires portèrent l’exaspération des habitans à son comble par des vexations de tout genre et même par leur intolérance religieuse. Le gouvernement sage et fort de Maurice n’avait pas donné lieu à ce genre de plaintes. Alors un jeune homme, Fernandez Vieira, entreprit de délivrer sa patrie. Il appartenait à une famille considérée et possédait de grandes plantations dans la province. Déjà il s’était distingué dans divers combats contre les Hollandais, et notamment à la prise d’Olinda, où il avait avec trente-sept compagnons et pendant six jours défendu contre toutes les forces ennemies le fort Saint-Georges, qu’il ne rendit qu’à des conditions très-honorables, et en rejetant avec un noble dédain la condition de ne jamais porter les armes contre les Hollandais. En 1645 il conçut le plan de s’emparer de la capitale de la province : se voyant trahi et dénoncé, il prit sur-le-champ la résolution de se dérober aux conséquences de son action, en se révoltant ouvertement. A la tête d’une petite troupe fort mal armée, il attaqua les Hollandais. Grâce à son inébranlable courage, à sa sagesse profonde, à son brûlant amour de la patrie, il réussît à communiquer son enthousiasme à ses compatriotes, et quoique la supériorité de l’ennemi lui fît essuyer quelques revers, les flammes de l’insurrection se répandirent sur toute la province de Pernambuco et sur les contrées voisines. Vieira fut l’âme de toutes ces entreprises ; ses richesse servaient à l’armement, à la nourriture des patriotes ; sans hésiter il jeta lui-même la torche dans ses plantations, pour que l’ennemi n’en pût tirer parti. D’abord les entreprises de Vieira ne furent point appuyées par le gouvernement portugais ; le roi lui ordonna même formellement de poser les armes. « Quand j’aurai, répondit-il, reconquis pour le roi, mon maître, l’une de ses plus belles provinces, je recevrai de ses mains la punition de ma désobéissance. » Cependant le vice-roi Vidal, dont la résidence était à Bahia, lui envoya de temps à autre de faibles secours. La Hollande arma une flotte pour sauver sa conquête ; cette circonstance, jointe aux victoires de Vieira, détermina enfin le gouvernement à reconnaître formellement son entreprise et à envoyer quelques troupes à Pernambuco sous le commandement de Francisco Baretto de Menezes.

Ici le grand caractère de Vieira se montra sous une nouvelle face : sans murmurer il remit le commandement au général nommé par son roi, et fît preuve du même zèle, de la même abnégation de soi-même, en se résignant à obéir dans un poste inférieur ; en un mot, il fut tel qu’il avait été quand il dirigeait l’entreprise. En 1648 les Hollandais furent vaincus dans une bataille décisive à Guararapi près d’Olinda, et depuis lors, quoiqu’ils eussent remporté des avantages partiels, quoique leur général Sigismond fût vaillant et expérimenté, leur domination marcha rapidement vers sa fin. Olinda fut reprise en 1653, et l’année suivante les restes des forces hollandaises se virent enfermés à Recife. Pour cette dernière attaque, destinée à couronner l’œuvre, Vieira, ce généreux guerrier s’adjugea le poste du péril et de l’honneur ; le 17 Janvier 1655, après une valeureuse résistance, le chef hollandais fut obligé de rendre Recife aux patriotes et de quitter le Brésil. Vieira reçut de son roi les récompenses que les cours et les princes peuvent décerner à un grand homme, et sa patrie reconnaissante le salua libérateur du Brésil.

On nous blâmera peut-être d’avoir consacré ces page à honorer la mémoire du plus grand homme que le Brésil, que l’Amérique même puissent nommer dans leur première histoire, d’un homme qui, sans préjudice pour sa réputation, peut être comparé aux plus célèbres de notre époque. Quel que soit le charme de cette nature si grande, si riche du Nouveau-Monde, quelque impression qu’elle ait faite sur notre esprit, le souvenir des grands hommes qu’elle a produits, des nobles actions dont elle a été témoin, lui donne une âme, lui communique une importance qui la met en rapport plus intime avec nous-mêmes. L’intérêt du présent, l’état actuel du Brésil nous occupent davantage : mais cela n’empêche que les Brésiliens ne soient ennoblis par la gloire de leurs aïeux. Ces faits anciens expliquent d’ailleurs beaucoup de choses actuelles ; ils servent aussi à résoudre des questions d’avenir. Serait-ce à dire qu’un ouvrage dont le but principal est de décrire la nature et l’état social du Brésil, ne pût faire aucun retour sur un passé si glorieux pour ce pays ? cette noble consécration de la gloire nationale serait-elle interdite au crayon fugitif de l’artiste ?

Depuis que Pernambuco a été délivré du joug hollandais, jusqu’à nos jours, l’histoire de ce pays n’offre rien qui soit digne d’attention ; mais les événemens récens ont démontré que l’esprit d’indépendance s’était développé au Brésil dans la même proportion que la prospérité de ce pays. Sa naissance remonte à ces temps de lutte dont nous avons retracé l’image, et l’avenir du Brésil parait devoir ressentir l’influence de ces dispositions des habitans. Dans le Nouveau-Monde aussi notre siècle a déclaré les peuples majeurs : la voix du prince a confirmé cette vocation en les appelant à la connaissance de leurs affaires, et cet esprit d’indépendance s’est manifesté dans le provinces septentrionales du Brésil et surtout à Pernambuco.

Tandis que l’opinion publique dans les provinces méridionales du Brésil et dans la plus grande partie du pays réclamait de plus en plus leur séparation d’avec la métropole, Pernambuco de son côté demandait non moins vivement à s’isoler du gouvernement central du Brésil. Des mouvemens qui y furent suscité en 1817 par Marinho, l’insurrection de 1824, à la tête de laquelle se trouvait Cavalho, étaient sans doute l’ouvrage de quelques ambitieux ; mais ce serait une erreur dangereuse de nier que l’esprit du fédéralisme, qui gagne de plus en plus en Amérique, n’ait fait de très-grand progrès parmi les habitans de Pernambuco et parmi ceux de Bahia. Quoi qu’il en soit, et quelque jugement que l’on porte sur les causes de ces agitations, il est un fait incontestable ; c’est que dans la malheureuse défense des habitans de Pernambuco contre les troupes impériales en 1824, les habitans ont fait preuve d’une grande valeur et se sont imposé des sacrifices dignes de la meilleure des cause et d’un succès différent. Les citoyens de Recife et d’Olinda couvrirent de leurs cadavres les positions que leur avaient confiées des chefs inexpérimentés ; ils ont montré qu’en eux n’était point encore éteinte l’ardeur de leurs ancêtres. Si cet esprit, si les excellentes dispositions qui distinguent le caractère des Brésiliens du nord sont les garanties de l’avenir du pays, d’un autre côté il faut bien reconnaître que l’égoïsme des chefs de parti, leur peu d’intelligence, l’aveuglement et la faiblesse du chef du nouvel État pourraient faire ressortir de ces mêmes dispositions le germe qui produirait les fruits les plus amers. Puisse le dominateur actuel de ce beau pays résoudre encore cette difficile question ! Puisse-t-il s’épargner à lui-même, à ses successeurs, et surtout à son peuple, les terribles épreuves qui paraissent le menacer encore !



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HOSPICE DE N.S. DA PIUDADE À BAHIA


VENTA À REZIFFÉ.


JUNTA À FERNAMBOUC.


MESSE DANS L’ÉGLISE DE N.S. DE CANDELARIA À FERNAMBOUC


HABITANS PÊCHEURS
Côte des Jlheos.