Voyage pittoresque dans le Brésil/Fascicule V

VOYAGE PITTORESQUE

DANS LE BRÉSIL.


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PAYSAGES.


En 1818 Villa-Rica fut érigée en capitale de la province de Minas Geraes et de Comarca Ouro preto, et en 1824 elle fut créée cidade impériale do Ouro preto. Elle est bâtie sur le penchant de la montagne appelée Morro de Villa-Rica et se prolonge dans la vallée que baigne la petite rivière Ribeirao do Ouro preto ou do Carmo, qui se jette à l’ouest dans le Rio dolce, séparant ainsi le Morro de Villa-Rica du mont Itacolumi, dont la cime a 5000 pieds d’élévation. D’après un calcul du baron Eschwege, la ville elle-même est déjà à 3000 pieds au-dessus du niveau de la mer ; le sol sur lequel elle est assise est sillonné et travaillé en tout sens par les préparations au moyen desquelles on opère le lavage de l’or ; il est même des endroits où la rapidité des talus et le peu de consistance de ces terres si remuées menace d’écroulement les maisons et les habitants. La rue principale se prolonge de près d’une lieue sur le haut de la côte, et à l’extrémité, sur la saillie de la montagne, est une place où l’on voit la demeure du président de la province, quelques habitations particulières assez remarquables, enfin, la prison et l’église de Saint-François. — Les rues et les places sont pavées et ornées de fontaines ; les maisons, pour la plupart hautes de deux étages, ont le caractère d’architecture que l’on connaît en général aux villes portugaises, si ce n’est cependant que les toits ressemblent à ceux que l’on construit dans le nord, ce qui évidemment est fort convenable à la position élevée et au climat de Villa-Rica, où l’on a beaucoup plus de raison de les construire ainsi que dans les ports du Brésil, où ces toits sont très fréquents. Du reste, Villa-Rica ne manque ni de caserne, ni d’églises, ni d’édifices publics d’aucun genre : elle a tout ce qu’exige, d’une part, la résidence des autorités provinciales, de l’autre, l’exploitation des mines. Mais sous le rapport de l’art ces édifices n’ont rien de distingué : la plupart des églises et des autres constructions se rapportent à une époque où l’ architecture déclinait non-seulement en Portugal, mais dans presque toute l’Europe. On y voit ce mélange absurde du style italien de la décadence avec des fragments de gothique et de malencontreuses imitations de l’antique, le tout sans entente de l’art et comme l’imaginaient les académies créées pour soutenir sa marche chancelante. La péninsule espagnole est chargée encore d’une foule de ces malheureuses créations de la même époque ; elles y font un triste contraste avec les chefs-d’œuvre des temps plus anciens. Il faut ranger dans cette catégorie Mafra elle-même, quoique les Portugais aient l’extravagance de la comparer à l’Escurial, et cependant les mines et les laboratoires de Villa-Rica ont fourni pour cette construction des sommes immenses. Il était tout naturel que les artistes qui ont quitté la métropole pour les colonies ne fussent pas précisément les meilleurs ; cela explique comment les édifices les plus vastes et les plus riches du Brésil sont dépourvus de beauté. Quant à Villa-Rica, une chose remarquable, c’est qu’il n’y a pas de couvens : leur absence surprend le voyageur qui ne sait pas que sous le ministère du marquis de Pombal la province de Minas Geraes fut interdite à tous les ordres religieux.

La population de Villa-Rica est d’environ 9000 âmes ; les noirs et mulâtres y sont pour la plus forte partie, et il n’y a que peu de Portugais ou d’autres Européens ; ce sont les employés et les négocians qui sont assez nombreux et jouissent d’une grande aisance. Le commerce y est fort important : l’or, les topazes, les cristaux abondent dans toute la contrée, et surtout à Queluz et a Congonha do Campo. Mais l’exportation s’étend à bien d’autres objets ; car Villa-Rica est le principal marché de la province, et c’est de là que partent les laines, les peaux de bêtes, les fromages, les viandes salées, le lait, les chapeaux de feutre et la poterie. Il arrive et il s’en va tous les jours des caravanes (tropas) ; elles emportent ces marchandises dans les ports et surtout à Rio-Janeiro, d’où elles reviennent avec les produits de l’industrie européenne, du sel, des vins, des noirs. De Villa-Rica ces objets sont conduits à l’intérieur du pays, par exemple à Serra-Fria, Goyaz, Matto grosso, et on les y échange contre les productions du pays que nous venons d’énumérer. Les différentes routes qui servent à ce trafic sont au surplus fort mauvaises ; elles se dirigent, savoir : par Barbacena sur Rio-Janeiro[1], par San Jao d’El Rey à San Paulo, par Minas Novas à Bahia. Plus loin vers l’intérieur, on passe par Inficionado et Catas-Altas, Tejuco et Villa do Principe pour se rendre à Paracatu, Goyaz et Matto grosso ; enfin on va par Sabara, Santa Lucia à Tamantua et au Rio San Francisco.

Les environs de Villa-Rica ont un caractère tout particulier : non-seulement les roches, les vallons, les chutes d’eau leur donnent un aspect sauvage ; mais on y est frappé encore de cet déchirement du sol que l’exploitation des mines a opérés en tout sens. On ne saurait se faire une idée de l’abondance de l’or dans ces contrées ; c’est incontestablement un des phénomènes les plus remarquables de notre globe : autour de la ville, ce métal se trouve répandu sur les hauteurs, dans la plaine, dans le lit des rivières et des ruisseaux, dans leurs eaux, dans la poussière des routes, et jusque dans les balayures des maisons ; souvent, lorsqu’on arrache une plante, l’on voit ses racines couvertes d’or, que les eaux pluviales y ont amoncelé.

Dans la contrée Villa-Rica et de Minas Geraes l’or se présente généralement compacte ; du moins l’on n’a fait jusqu’ici aucun essai de tirer parti d’autres minérais qui en contiennent aussi. La chaîne de montagnes la plus féconde en ce genre s’étend l’espace de deux legoas de Villa-Rica jusqu’à Cidade Marianna et Morro San Antonio, de l’est à l’ouest. Elle a pour base un mica ferrugineux, sablonneux, alternant avec du minérai de fer argileux, que les indigènes appellent Jacutinga. À beaucoup d’endroits a elle a soixante à soixante-dix pieds, et repose sur du grès ordinaire, ou sur du thonschiefer saturé de fer ; ses couches supérieures ont une force de seize à dix-huit pieds, et portent presque toujours sur un minérai de fer poreux, qui contient moins d’or que les couches plus profondes. Ce qu’il y a de plus riche, ce sont des couches et des veine de quarz friable (Farmacoes) et ces nids de la même roche appelés Panellas (pots). Ce sont ces couches de quarz et ces nids sur lesquels on travaille le plus ; car pour les autres minérais, quoique fort riches en or, on ne sait pas les travailler.[2]

Tant sous le rapport technique, que pour les lois qui la régissent, l’exploitation de l’or est encore à peu près dans le même état qu’à l’époque de la découverte de ces contrées. Il est vrai que les lois actuelles ne furent réunies et rédigée qu’à la fin du dernier siècle ; mais elles sont encore dans le même principe et sont entachées des mêmes défauts ; appropriées uniquement aux circonstances de l’époque pour laquelle elles étaient faites, elles ne répondent en aucune façon aux besoins actuels.

D’après ces lois, celui qui découvre un district ou une couche fertile en or, obtient une data ou portion de 60 brasses de long et 40 de large, qu’il peut choisir lui-même ; la seconde data est réservée au gouvernement ; mais rarement ou presque jamais on ne l’exploite pour le compte du gouvernement ; le plus souvent on la partage entre des particuliers, ou on la vend. La troisième data appartient encore à celui qui a fait la découverte ; il la prend en qualité de mineur, s’il possède un nombre déterminé d’esclaves et s’il commence les travaux dans un temps donné ; sinon, il y a déchéance au profit du fisc, qui partage cette data, ainsi que le reste, entre d’autres personnes, selon le nombre d’esclaves qu’elles veulent employer à l’exploitation, et à raison de deux toises et demie carrées par chaque esclaves. Il y a trois manières d’exploiter les couches imprégnées d’or. La première s’appelle Trabalhar por minas. On dirige dans la montagne des sondes d’essai, et bientôt l’on connaît les endroits du quarz et des nids qui sont les plus riches en or : alors on y creuse jusqu’à ce que la couche s’amincisse ou que la roche devienne trop dure pour que l’on puisse l’extraire sans grands efforts. Souvent on s’arrête, parce que le minerai n’est pas assez riche, ou parce que les lumières s’éteignent, ce qui s’est déjà vu à une profondeur de quelques brasses. Quand un de ces motifs empêche les travaux, on abandonne la place, et l’on va creuser à quelques pas plus loin pour s’arrêter bientôt de nouveau. Il est rare que l’on établisse une communication d’un point à l’autre. De la sorte la montagne est percée partout où les torrens ne l’ont pas déchirée.

La seconde méthode s’appelle Trabalhar de talha aberta. Elle consiste à déchirer les couches imprégnées d’or par l’irruption des eaux et à laver l’or. On creuse à grands frais des conduits fort longs pour amener l’eau à l’endroit qu’on veut ainsi dévaster. Les esclaves munis de leviers et de bêches, détachent la terre et la roche friable que les eaux emportent dans des réservoirs pratiqués au pied de la montagne ; il y a des grilles sur lesquelles roulent les pierres trop grosses tandis qu’elles ne laissent passer avec l’eau que le sable et le gravier. Ces réservoirs ou fossés (Mondeos) sont sans cesse remués pour que l’or s’y purifie, et quand il est tombé au fond, on fait écouler l’eau, qui emporte les pierres. On reçoit aussi le sable d’or dans des peaux de bœufs et dans des couvertures de laine grossière, sur lesquelles le minerai précipité de la montagne est emporté par l’eau. Les anciens lits de rivières sont surtout propres à ce genre de travail. Souvent il s’y est accumulé du gravier jusqu’à cinquante pieds et plus, et d’abord il faut en opérer l’enlèvement. Il n’est ici question ni de machines ni de mécanique : tout ce que l’eau ne fait pas d’elle-même, ne s’opère qu’au moyen des esclaves et de la manière la plus gauche et la plus lente.

On peut aisément imaginer combien ces lavages doivent être désavantageux pour les couches d’or, et combien peu favorable est la proportion du rapport à la richesse du minerai. Ils n’ont été calculés que pour obtenir les parties les plus grossières de l’or : tout ce qui est plus fin, tout ce qui tient plus particulièrement au minérai, est entièrement perdu et submergé dans le lit de la rivière ; ou bien ces débris encombrent la Lavra, et souvent à tel point, qu’aujourd’hui, dans les plus riches Lavras, le minérai qui les entoure ayant été détaché et entraîné par les eaux, il n’en reste plus que d’énormes amas de décombres, d’où les eaux pluviales font sortir encore quelques parcelles d’or, que l’on recueille sur des peaux de bœufs disposées à cet effet. Ce genre d’exploitation n’a pas même en sa faveur l’avantage du bon marché, surtout si l’on tient compte du capital représenté par la valeur de cette foule d’esclaves qui deviennent nécessaires pour les travaux les plus simples et les plus importans.

La troisième méthode est celle employée par les Faiscadores. Elle s’alimente uniquement des pertes immenses occasionnées par ce que les deux autres procédés ont de défectueux. La plupart des pierres encore riches de ces restes précieux sont entraînées dans des rivières et des ruisseaux qui, même abstraction faite de cette circonstance, charient une quantité d’or assez considérable. Il y a pour les Faiscadores deux espèces de travail : les uns se posent jusqu’à la ceinture dans l’eau et ramassent le sable de la rivière au moyen d’une écuelle de bois (Batea) ; à force de secouer et d’agiter leur écuelle à la surface de l’eau, la terre et les pierres sont emportées, tandis que le sable d’or se précipite au fond du vase : on met alors dans un autre vase cet or qui n’est pas encore entièrement purifié, et quand la journée est finie, on en retire les plus grosses parcelles, et l’on remue et retourne bien le reste. De la sorte un Faiscador peut, sans grande peine et en peu d’heures, produire 150 à 200 rées, et un ouvrier habile parvient, surtout après de grandes pluies, à en rassembler de 400 à 800.

D’autres Faiscadores sont occupés à amonceler le sable des rivières, et ils y font couler un peu d’eau pour enlever les parties légères. Le surplus est ensuite transporté sur un foyer plat, construit sur le rivage même ; là on arrose et on remue cet amas, dont l’écoulement est dirigé vers une peau de bœuf que l’on étend dans un conduit (canoa) ; enfin le tout est encore porté dans une auge, où on lui fait subir un dernier lavage. Il est permis à chacun de rechercher de l’or par ce procédé : aussi voit-on beaucoup de nègres et de gens du commun s’en occuper avec ardeur, et boire ensuite au cabaret voisin le fruit de leur travail.

Le produit de tous les lavages d’or doit être versé directement à la fonderie impériale ; la circulation dans l’intérieur de la province en est aussi sévèrement défendue que l’exploitation, et sous les peines les plus sévères. À la fonderie la fusion purifie complètement l’or ; on le met en lingots de diverses dimensions, on l’essaie, on le marque, et on retient le cinquième pour le gouvernement (quinta). Après cela on donne au propriétaire les barres d’or, et on y ajoute un détail des opérations qu’elles ont subies ; ce n’est qu’à partir de ce moment qu’on peut les employer dans le commerce et les exporter, chose qui toutefois exige de la part du gouvernement une permission spéciale. Quand on veut échanger ces lingots pour de l’or monnayé, c’est le gouvernement qui offre l’échange ; néanmoins, comme celui-ci est rarement en état d’y pourvoir, et comme l’exportation des lingots présente de grands bénéfices, il ne reste dans le Brésil que bien peu d’or recueilli dans ses mines, et le pays du monde le plus riche par ce métal n’a en circulation pour valeur représentative qu’un mauvais papier-monnaie.

Il suffit de contempler les magnifiques édifices qui furent construits à Lisbonne du seul produit de la quinta, pour se convaincre combien, dans les premiers temps, les mines de Villa-Rica étaient abondantes. Nous citerons le couvent de Mafra et l’aqueduc Das Agoas livres, non moins somptueux qu’utile. Ce produit s’est beaucoup amoindri dans les derniers temps. Dans le dernier siècle encore la quantité d’or fondu annuellement à Villa-Rica s’élevait de 60 à 70 arrobas : maintenant il y en a tout au plus la moitié. En 1758 le cinquième royal valut 118 arrobas, et jusqu’en 1812 le total fut de 7 895 arrobas, ou de 85 millions de cruzades. Il est aisé de s’expliquer ce déchet par les vices de l’exploitation : on détériore, on dévaste les couches qui renferment l’or. L’on peut bien penser que la population a diminué dans la même proportion que les produits. Au milieu du dernier siècle cette opération occupait encore 80,000 ouvriers : il n’y en a plus que 16,000. Dès ses premiers pas dans ces contrées, le voyageur s’aperçoit des progrès du mal à la décadence des villages autrefois florissans, à la multitude d’habitations abandonnées. Pendant long-temps le gouvernement voulut en vain s’aveugler sur la véritable cause du mal ; il se dissimula la diminution de produits et crut devoir en accuser l’exportation furtive. Des lois sévères furent portées contre ce genre de fraude, et pour assurer l’exécution de ces lois, on multiplia les postes des douanes et des troupes. Mais dans un pays comme le Brésil, les véritables fraudeurs peuvent éluder toutes ces mesures, la tentation est d’ailleurs trop forte pour ne pas essayer toute sorte de moyens afin de faire passer en province et transporter dans les ports la poudre d’or, sans qu’elle subisse la retenue du cinquième ; sa valeur y est en outre de 20 ou 30 pour cent plus grande. Ces mesures et les vexations des employés ne servent qu’à opprimer le commerce légitimé, et cependant ce commerce, ainsi que le trafic des autres productions, gagne en importance et en profit dans la proportion de l’affaiblissement du produit de l’or. Au total, la province de Minas Geraes n’est ni moins populeuse, ni moins aisée. L’éducation du bétail et l’agriculture ont procuré du travail et une profession assurée à la partie de la population que le travail de l’or avait appauvrie ; Barbacena, Sainte-Lucie, et surtout les planteurs de Matto dentro, sont arrivés à une grande aisance, tandis que les districts uniquement voués à la récolte de l’or, tombaient en décadence. Nous dirons la même chose de Sabara, ville de près de 7 000 habitans : autrefois elle était bien plus riche et bien plus peuplée, et maintenant elle porte tous les symptômes du dépérissement. Arrayal Catas Altas, au nord de Villa-Rica, près de la Serra nossa Senhora Mai dos Homens est un des endroits qui s’étaient le plus distingués par leur richesse en or. À quelques lieues plus loin sont Brumado et Congo Socco, où maintenant encore le produit de l’or est du plus abondant.

Du reste il n’est pas douteux qu’une meilleure organisation de toutes les branches de l’exploitation des mines ne ramenât aussi à un état plus florissant cette partie si essentielle de la richesse nationale du Brésil ; on peut espérer que le gouvernement actuel fera les améliorations nécessaires avec cette fermeté, cette intelligence qu’il a si souvent déployées pour d’autres réformes. Cet objet est d’autant plus important, que l’or n’est pas la seule richesse des montagnes de Minas Geraes. Dans presque toute la province le minérai de fer se trouve comme partie constituante de longues chaînes de montagnes ; le plomb, le cuivre, le platine, le vif-argent, l’arsenic, l’antimoine, le bismuth, etc., se trouvent en beaucoup d’endroits, et promettent un riche produit à quiconque les exploitera avec intelligence. Il y a aussi des pierres précieuses de tout genre : des topazes des couleurs les plus variées, des tourmalines, des améthystes, des aigue-marines, des grenats, des cristaux, etc. ; on les trouve surtout à Minas novas, et le diamant existe à Tejuco et à Abaité.

Les diamans surtout abondent dans une contrée située à 70 lieues au nord de Villa-Rica ; ils se trouvent dans une espèce de nagelflue, et voici comment on les prend : on brise le roc et on concasse ses fragmens ; ces cascalhas sont recueillis dans de larges assiettes de bois par des esclaves assis au bord de l’eau ; ils les examinent avec le plus grand soin, ajoutent toujours de l’eau, et secouant sans cesse leur écuelle, ils en font tomber la terre et les parties pierreuses les plus molles. Dès qu’un nègre a ainsi trouvé un diamant, il faut que sous les yeux d’un surveillant, qui est toujours présent, il le place dans un vase destiné à cet usage en battant des mains, pour avertir et pour prouver qu’il ne cache rien entre ses doigts, chose qui serait d’ailleurs fort difficile ; car il y a un surveillant pour cinq ou six esclaves : sans cesse il les observe, et son œil exercé apercevrait la moindre soustraction. Lorsqu’un esclave a le bonheur de trouver un gros diamant, il en est récompensé, et même, selon les circonstances, ce peut être pour lui une cause d’affranchissement soit immédiat, soit après un certain nombre d’années. L’humidité rend ce travail aussi mal-sain que le lavage de l’or.

Le gouvernement seul a droit de recueillir le diamant, et les peines contre ceux qui font la fraude, ou qui en emportent, sont encore plus sévères que celles établies pour les contraventions aux réglemens sur l’or. On les élude souvent, et pour un objet que l’on peut cacher si aisément, cela ne peut guère être autrement.

Tejuco est très-florissant ; ce lieu compte sept à huit mille habitans. Il est d’un aspect fort agréable ; la plupart des maisons ont deux étages ; elles sont en général plus propres et mieux bâties que dans le reste de cette province. Il y a beaucoup de fonctionnaires et de négocians, ce qui donne aux relations de société plus d’agrément. Le commerce y est florissant, même pour les articles de luxe et les modes de Paris. Cependant Tejuco n’est point une ville ; ce n’est qu’un Arrayal, quoiqu’elle mérite d’être appelée cidade ou villa beaucoup plus que Villa do Principe, qui est le chef-lieu de cette Comarca.



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VILLA RICCA.


VILLA RICCA.


SABARÁ.


CATAS ALTAS.


CAMPOS.

  1. Il est un chemin plus court par Serra Mainarde, Mar d’Espanha (Parahyba) jusqu’à Rio-Janeiro. On l’appelle Estrado do Matto d’Entro, parce qu’il passe continuellement à travers des forêts vierges, habité par des Puris, des Coroatos, des Botocudos et des Patachos.
  2. Il n’est pas besoin de dire que nous ne voulons pas donner ici une dissertation complète et géographique sur l’or de Villa-Rica