Georges de Lesbos
S. N. (p. 5-18).

Voluptes bizarres frise ch1-4-7
Voluptes bizarres frise ch1-4-7



CHAPITRE I.


CHAMPÊTRES PELOTAGES.


Hélène se promenait, rêveuse, le long du grand lac, où les aquatiques plantes plongeaient dans l’eau tranquille…

C’était par une belle journée d’été, où l’être, influencé par les tièdes effluves, se sent tout disposé aux voluptés, mais à des voluptés étranges, inconnues… et la Nature opérait sur le système nerveux de la jeune femme…

Les oiseaux semblaient chanter de mystérieux refrains d’amour ; puis, tout-à-coup, les gazouillements perdaient de leur primitive poésie, et ces coquins d’oiseaux semblaient avoir des roucoulements canailles. On eût juré, que, dans le silence coupable des bois, ils entonnaient, à pleins gosiers, d’égrillards refrains d’opérette, de ces refrains cochons, pleins de sous-entendus, qu’on écoute au beuglant, en frôlant les fesses de quelque grue, raccrochée on ne sait comment…

Et, sous son ombrelle de soie claire, elle allait, inconsciemment, foulant aux pieds les saintes marguerites, toute à sa pensée…

Oh ! les pensées des femmes, dans ces journées d’été, où les insectes eux-mêmes ont le toupet de parler d’amour !…

Et Hélène avait vingt-cinq ans !…

Elle était belle, ai-je besoin de le dire ? et faite comme la Vénus Aphrodite… Des seins ! oh ! de ces seins grassouillets et fermes, dont le développement faisait la joie des vieux beaux, quand elle apparaissait, décolletée à la vierge, (?) dans les salons de la place B…

Pourquoi ne gardez-vous pas cela pour l’intimité ? lui avait, un jour, demandé son mari, lorsque, seins nus, devant la glace de sa toilette, elle couvrait leurs rondeurs chéries d’une imperceptible poudre nacrée…

— Ce serait dégoûtant, avait-elle carrément répondu.

Le fait est que ça l’aurait été… Livrer d’aussi beaux seins aux mains décharnées d’un mari, c’eut été idiot !… Et si ce mari avait été présentable, au moins. Ah ! bien oui !…

Figurez-vous quelque horrible orang-outang, échappé de ces mystérieux pays, visités par Stanley, et je suis convaincu que vous finirez par vous rallier aux théories de Darwin…

Il était si laid, cet époux !…

Un monstre, un remède à la fidélité conjugale, quoi !

À ce point, qu’Hélène n’avait pu s’empêcher de lui dire, certain soir que les époux avaient reçu une invitation à un souper de têtes :

— Ce qu’il y a de bon, mon cher, c’est que vous n’avez pas la crainte de vous faire plus laid que vous êtes !…

Donc, il était laid…

Seulement, sa femme était fidèle, ce qui est bien autrement étrange…

Cet horrible époux, poilu comme un singe, avait réussi à dégoûter la mignonne Hélène de ces fameux hommes, tant vantés au couvent, pour lesquels elle n’avait guère, maintenant, qu’un goût très relatif…

Et, mariée depuis six mois, elle avait accepté avec une joie sincère la proposition qui lui avait été faite, de venir passer l’été à la campagne…

En ce moment, l’époux enfermé dans sa bibliothèque, piochait quelque indéchiffrable grimoire…

Ne pas se contenter d’être laid !

S’aviser d’être savant et de préparer des ouvrages sur les six périodes qu’a traversé la terre, dans ses évolutions à travers l’infini !

Cela ne veut pas dire que tous les savants méritent d’être cocus !…

Oh ! non !

Seulement, Hélène était rêveuse…

Ses grands yeux, frangés de longs cils noirs, criaient, sans se fixer sur rien…

Tout-à-coup, elle s’arrêta…

Cette eau tranquille, toute pailletée d’or sous les reflets de Phébus, l’attirait…

Elle éprouva comme la sensation de cette eau fraîche, venant baiser ses durs tétons…

Oui, l’on devait être bien au sein de cette onde claire, toute nue, dans cette atmosphère tiède, avec les rayons perdus de ce soleil brûlant, qui mettait à la peau des picotements voluptueux !…

Hélène regarda autour d’elle…

Personne… Aucun œil indiscret ne pourrait contempler ses suaves formes.

Elle se retira au milieu des grandes herbes, et bientôt elle apparut, toute nue, superbe, véritablement très désirable, avec l’ampleur de ses hanches ondulantes, de ses seins ronds, durs, de ses fesses magnifiques, lourdes comme un beau marbre, de ses cuisses charnues, plus blanches que l’hermine, desquelles le poil blond du petit trou rose se hérissait agréablement…

Un moment Hélène demeura ainsi, debout, se pelotant gentiment, se disant combien heureux serait celui qui la pourrait voir ainsi !

Puis, elle s’approcha du lac, et y trempa ses petits pieds…

La sensation froide de l’eau lui fut désagréable…

Mais elle avança résolument, regardant l’eau monter le long de ses cuisses blanches, toute peureuse de sentir cette eau venir baiser son solide cul poli…

Mais elle se fatigua rapidement de cet aquatique délassement…

Elle sortit de l’eau, toute ruisselante.

Alors, elle s’aperçut qu’elle n’avait aucun linge pour essuyer son corps charmant…

— Bah ! je vais m’étendre dans l’herbe ; le soleil me séchera, se dit-elle

Mais cette herbe avait des caresses inconnues…

Des brindilles folâtraient entre ses cuisses…

Hélène mit un doigt dans son petit trou, et commença à se branler.

Que c’était donc bon de pouvoir jouir ainsi, toute nue, au milieu de cette belle nature, qui exhalait des parfums délicieux, loin des regards indiscrets, dans un isolement parfait, où l’on pouvait crier tout à son aise, et dire bien haut les vilains mots défendus !…

Tout-à-coup, Hélène s’interrompit…

Il lui avait semblé entendre causer, non loin d’elle…

Elle se dressa, et courut à un épais fourré, d’où ces bruits de voix semblaient devoir provenir…

Bientôt, elle eut grand peine à retenir un cri…

Couchées dans l’herbe haute, et les jupes par dessus la tête, deux femmes, le ventre contre le ventre, paraissaient se livrer aux plus intimes jouissances…

L’une d’elles, à l’aide de courroies, ingénieusement disposées pour cet usage, était armée d’un godmiché, bonne grosseur, lequel, au bas de son ventre rebondi, produisait le plus singulier effet.

— Suzanna ! murmura Hélène, très rouge…

Si bas qu’elle eut murmuré ce nom, la femme à laquelle il appartenait, avait dressé la tête, certaine d’avoir entendu quelque chose de bizarre…

Et Hélène la reconnut tout-à-fait…

C’était bien là celle, qu’elle avait tant aimée, autrefois, au pensionnat…

— Suzanna, Suzanna ! appela-t-elle, écartant le fourré…

— La voix d’Hélène !…

Un instant après, les deux mignonnes étaient dans les bras l’une de l’autre.

— Enfin ! je te retrouve ! disait Suzanne, les jupes encore troussées, étalant avec impudeur son ventre, ainsi qu’une magnifique paire de fesses… Et toute nue… Ah ! ça, est-ce que tu t’amusais toi-même de ton côté, comme je le faisais, moi ?

— Ma Suzanne !… répliqua Hélène, frémissante…

— Mais quelle est cette femme, dis-moi, que tu étais si occupée de peloter ?

— Oh ! rien… moins que rien… Une petite paysanne que j’ai à la maison, bête comme une oie, mais bâtie comme une princesse, qui me fait minette et que je daigne baiser quelquefois… Tu te rappelles… hein ? comme au pensionnat !…

— Renvoie cette fille, que nous soyons seules, fit Hélène, gênée par la présence de la paysanne… Quelques instants après, Suzanne revenait auprès de son amie, et, la prenant par la taille, elle se mit à la tâter partout, baisant ses jolis seins durs, dont les mamelons se redressaient très rouges…

— Oh ! je t’aime toujours, murmurait-elle ; je t’aime plus que jamais !…

— Mais comment t’ai-je trouvée ici, en train de faire l’amour avec la plus graillonnante des maritornes ?

— J’habite à côté, ma mignonne !

— Tiens ! c’est donc comme moi ?

— Toi aussi ! Quelle chance ! Allons-nous en faire des parties !…

— Si tu me laissais m’habiller…

— Pourquoi ? N’es-tu pas bien ainsi… Tu es si belle… Oh ! la grosse cochonne ! quelle magnifique paire de fesses elle a !…

— Elles ont grossi, hein ! depuis le pensionnat ?

— Je te crois… Elles sont plus belles que les miennes !

— Oh ! non !

— Comment ! non ? Tu les as donc vues ?

— Mais oui…

— Et quand ça ?

— Tout-à-l’heure, lorsque tu étais sur le ventre de ta paysanne !…

— Eh bien ! Je t’assure qu’elles sont moins fortes que les tiennes !… Tiens regarde !

Et, se mettant à genoux, très preste, Suzanne releva ses jupes, déboutonna son pantalon, et étala sous les yeux de sa compagne, une paire de fesses, qui, pour n’être pas aussi voluptueusement développées que celles d’Hélène, n’en étaient pas moins fort agréables à contempler.

Hélène colla ses lèvres brûlantes sur leur plantureuse surface, entourant de ses beaux bras blancs, le ventre satiné de son amie… — Comme autrefois, disait-elle…

Maintenant, elles causaient, redevenues sérieuses, que Hélène en oubliât son exquise nudité, malgré les mains chercheuses de Suzanne, qui lui pelotaient toujours dans les endroits mignons…

— Oh ! moi, disait Suzanne, je n’ai pas eu de chance, vois tu ?… J’étais très amoureuse, tu t’en rappelles, mon Hélène ?… aussi, il me fut impossible de résister aux prières d’un beau jeune homme, M. de Lannoy, lequel me touchait de fort près, et je partis avec lui pour la Bretagne, abandonnant toute ma famille. Mon père conçut un si violent désespoir, qu’il contracta une maladie, laquelle l’enleva en moins de quelques jours… Bientôt, ma pauvre mère s’en alla le rejoindre, et je restais seule au monde, à vingt ans, sans autre appui que M. de Lannoy… Mais cet homme commençait à me fatiguer par ses exigences sans cesse grandissantes… Je le quittai, pour en prendre un autre… Puis, après celui-là un troisième, et ainsi de suite… J’ai été actrice, servante de brasseries, que sais-je encore ?… Mais à l’heure actuelle, j’ai un protecteur riche, un Russe, un type épatant, vicieux comme pas un, le seul qui puisse encore me faire goûter quelque jouissance… Mais tu le verras, car tu vas venir avec moi jusqu’à la ville, n’est-ce pas ?

— Y penses-tu !…

— Je crois bien… Et quelle bonne nuit je vais passer à tes côtés !… Car tu me le donneras, cette bonne nuit, n’est-ce pas ?… Ça nous rappellera les temps enfuis, lorsque nous allions nous visiter, au pensionnat… Oh ! quelles belles parties de jambes en l’air !…

— Mais je suis mariée, ma chérie !

— Pas possible… Mais cela n’empêche rien !…

Que dirait mon mari, si je ne rentrais pas ?…

— Il dira ce qu’il voudra… Oh ! tu en es encore là, toi ! Est-ce que tu l’aimerais, par hasard ?

— Moi ? Je le déteste !

— Tu vois bien que tu as besoin de mon godmiché !… Tu verras comme je le manœuvre bien… Et puis, il est d’une taille respectable, mon godmiché… Ça remplit tout ; on en a jusqu’au cœur !… Mais habille-toi, ma chérie… je t’enlève, je ne te quitte plus !…

Elle l’aida à passer sa chemise, à agrafer son corset ; ce fut elle qui mit les jarretières roses sur les bas de soie noire, tâtant les cuisses, et ne pouvant rassasier ses yeux, des splendeurs des deux magnifiques fesses de la jolie Hélène…

— Viens, fit Suzanne, lorsqu’elle vit sa compagne complètement vêtue… La villa est à deux pas… le soir, nous serons seules… Mon Russe est allé chez des amis, où il chasse, grand bien lui fasse !…


frise de fin de chapitre
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