Vieux manoirs, vieilles maisons/029

Ls.-A. Proulx (p. 89-97).

LE MANOIR DE LA PÉRADE À
SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE



V OICI le manoir où décéda, le 8 août 1747, Marie-Anne Jarret de Verchères, femme de Pierre-Thomas Tarieu de la Pérade, celle qui est entrée dans l’histoire sous le surnom d’héroïne de Verchères. Elle avait vécu un peu plus de quarante ans dans ce manoir.

Le manoir de la Pérade fut construit en trois parties. Celle du nord-est de cinquante pieds de front par vingt-six de profondeur en pierre de grève, à un étage, date de 1673. Elle fut bâtie par Thomas-Xavier Tarieu de Lanouguère (Lanaudière), officier au régiment de Carignan, co-seigneur avec Edmond de Suève, son compagnon d’armes, de la seigneurie de Sainte-Anne ou de la Pérade.

La partie centrale de vingt-six pieds de front sur trente-six de profondeur, fut construite par Pierre-Thomas Tarieu de la Pérade, quatre ans après son mariage avec Marie-Madeleine de Verchères. Cette partie fut rehaussée de deux autres étages, en 1873, par Pamphile-P.-V. Du Tremblay, capitaine de milice et seigneur Dorvilliers, et dame Marie-Clémentine Dufort, son épouse, qui possédait le manoir depuis 1867.

Enfin, la partie sud-ouest, de vingt-six pieds par vingt-six pieds, à un étage, fut construite en 1825, par l’honorable John Hale, membre du Conseil législatif et seigneur de la Pérade, pour y recevoir lord Dalhousie, gouverneur du Canada.

À cette époque, le chemin royal était au sud-est du manoir, sur le coteau. C’est en 1845 que l’honorable M. Hale réussit à le déplacer pour le faire passer au nord-ouest du manoir.

En 1891, l’honorable M. Mercier, premier ministre de la province de Québec, qui avait acheté le manoir de la Pérade, y reçut les zouaves pontificaux et y tint même une couple de séances du Conseil exécutif de la Province.

Nous venons de voir que lord Dalhousie fut l’hôte de l’honorable M. Hale au manoir de la Pérade. Sous le régime français, la maison seigneuriale de la Pérade avait aussi reçu des personnages distingués. Les gouverneurs de Vaudreuil et de Beauharnois s’arrêtèrent à deux ou trois reprises au manoir de la Pérade afin de saluer M. de la Pérade et sa femme, l’héroïque Madelon[1].

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L’ancien manoir de Lanaudière à Sainte-Anne-de-la-Pérade
Ancienne façade, du côté du fleuve. Le chemin passe maintenant à l’est de la maison.
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L’ancien manoir de Lanaudière à Sainte-Anne-de-la-Pérade
Cette vue donne la façade actuelle.
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La maison de Joseph-C. Baribeau, à Sainte-Anne-de-la-Pérade

Cette maison a été construite en 1723, par Pierre Rivard Lanouette, capitaine de la côte. Elle est en possession de la famille Lanouette depuis plus de deux siècles. Le propriétaire actuel en a hérité de sa mère, née Lanouette.

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La maison Lebeuf à Sainte-Anne-de-la-Pérade

La maison Éphrem Charest, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, près de Saint-Casimir, construite en 1818, est aujourd’hui la propriété de M. Benoît Lebeuf. Elle domine un monticule dont le pied se baigne dans la rivière Sainte-Anne.

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La maison Ross à Sainte-Anne-de-la-Pérade

Cette maison fut bâtie par George McIntosh Ross, père de l’honorable John Jones Ross, qui fut premier ministre de la province de Québec et président du sénat du Canada. Celui-ci naquit dans cette maison et y résida.

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La maison Gouin-Bureau à Sainte-Anne-de-la-Pérade

Habitée actuellement par Raoul Du Tremblay, cultivateur, cette maison fut construite en 1669, et réparée par Michel Fillion en 1772. Maison ancestrale de sir Lomer Gouin et de l’honorable sénateur Jacques Bureau.

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La maison Dorion à Sainte-Anne-de-la-Pérade

La maison Dorion, maintenant la propriété du docteur F-A. Marcotte, ancien député de Champlain, paraît avoir été construite en 1720 par Joseph Gouin. Elle passa, beaucoup plus tard, à Pierre Dorion, marchand, qui fut député de Champlain. C’est dans cette maison que sont nés ses fils, sir Antoine-Aimé Dorion, Éric Dorion surnommé l’Enfant terrible, et le chanoine J.-H. Dorion.

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La maison de M. Pamphile-P.-V. Du Tremblay à Sainte-Anne-de-la-Pérade

La maison de M. Pamphile-P.-V. Du Tremblay, arpenteur et ingénieur civil, seigneur Dorvilliers, fut construite peu après 1669 par Pierre Farot dit Laprairie, le concessionnaire de la terre, et réparée en 1820, par Augustin Baribeau, l’un des héritiers de la seigneurie Dorvilliers.

  1. Notes de M. Pamphile-P.-V. Du Tremblay.