Vieux manoirs, vieilles maisons/018

Ls.-A. Proulx (p. 51-58).

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La maison Archambault à L’Assomption

Cette maison est la plus ancienne de L’Assomption. Elle fut habitée, il y a trois quarts de siècle, par François Archambault, entrepreneur. On assure qu’à l’arrière de cette maison existait un fort en pierre dont les murs encore debout laissent voir des meurtrières.

L’HÔTELLERIE DU MAJOR À L’ASSOMPTION



L ’HÔTELLERIE du Major, devenue une modeste épicerie, fut peut-être la maison la plus connue de L’Assomption au temps jadis. D’une notice publiée sur la petite ville de L’Assomption en 1898, nous détachons l’histoire de l’hôtellerie du Major :

« La guerre américaine de 1812 a aussi fourni un incident intéressant pour ceux qui connaissent et visitent L’Assomption. Qui ne connaît le militaire (bonhomme) qu’il y a sur le toit en croupe de l’hôtel James Wright ? Et bien, voici ce qui en est : après la célèbre victoire du vaillant de Salaberry à Châteauguay et après le licenciement du bataillon de Leinster (L’Assomption) qui comptait dans ses rangs plusieurs Canadiens de L’Assomption, entre autres Louison Mercier, propriétaire de l’hôtel d’aujourd’hui, ce bataillon se débanda ici. Mais comme dans ce bon vieux temps nos pères aimaient à trinquer et à s’amuser à l’ancienne bonne franquette, ils résolurent de donner une forme tangible et durable à la commémoration de leur heureux retour du feu et des bons et loyaux traitements que leur avait prodigués leur capitaine, le major Prévost. C’est pourquoi quelques-uns d’entre eux qui étaient charpentiers et menuisiers, allèrent chercher dans la forêt voisine un gros cèdre et ils en façonnèrent le militaire qu’il y a depuis ce temps sur le toit en croupe de l’hôtel James Wright et le baptisèrent du nom de leur capitaine aimé : « Le major Prévost ». Voilà pourquoi il y a depuis la fin de la guerre de 1812 un militaire, l’épée au vent (le bonhomme Rye, comme on disait malicieusement) sur le toit de l’hôtel Wright, l’une des plus anciennes et des plus originales maisons de L’Assomption et probablement l’une des plus anciennes auberges tenues au même endroit, si l’on prend le témoignage de vieillards de quatre-vingts ans et au-delà qui prétendent que leurs pères leur ont dit qu’il y avait toujours eu une auberge à cet endroit-là.

« Dans tous les cas, et chose certaine, le propriétaire actuel, M. James Wright, qui est un Écossais arrivé à L’Assomption à l’âge de dix-huit mois et qui y a toujours demeuré, doit être un des plus anciens licenciés de la province de Québec, puisqu’il prendra sa cinquantième licence, si l’on peut dire qu’autrefois il y avait des licences, à proprement parler. Voilà pour ceux qui se demanderont ce que signifie ce militaire sur le coin du toit en croupe de l’hôtel de Wright. »

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L’hôtellerie du Major à L’Assomption

Ajoutons que la statue du « major » fut enlevée il y a quelques années et présentée au musée du château de Ramezay où elle est encore[1].

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Les ruines du manoir de la seigneuresse Viger à L’Assomption

Ce manoir fut incendié vers 1918. Il avait été habité par Marie-Aurélie Faribault, mariée à Charles-Auguste de Saint-Ours Deschaillons, mort en 1837, puis à l’honorable Louis-Michel Viger, décédé en 1855. La seigneuresse Viger décéda le 11 février 1880, à l’âge de 82 ans.

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Le palais de justice à L’Assomption

Le palais de justice de L’Assomption est formé d’une couple de maisons construites en 1813 pour servir d’entrepôts à la Cie du Nord-Ouest. En 1842, cette propriété fut achetée par le comté et de nos jours on y trouve la salle de réunions des conseils de paroisse, de ville et de comté, le bureau d’enregistre­ment et le tribunal civil.

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La maison Beaupré à L’Assomption

Cette vaste maison qui appartient aujourd’hui à M. Émile Langlois fut construite en 1811 par Ben­jamin Beaupré. Laurent Leroux, le fameux traiteur de l’Ouest, tint un magasin dans cette maison, dit-on.

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Le poste de la Compagnie de la Baie d’Hudson à L’Assomption

Cette maison sise à l’encoignure des rues Saint-Étienne et Notre-Dame a été construite en 1812 par Joseph Le Sanche pour servir de poste à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Au-dessus de la porte d’entrée est l’inscription suivante : « J. L. F. G. 1812 ». Actuellement, elle est la propriété de M. Amédée Thouin, avocat.

  1. Notes de M. E.-Z. Massicotte.