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Adresse au peuple du Canada
1838

Nous avons été opprimés par la main d'un pouvoir transatlantique, et nous avons été châtiés par la verge injuste et criminelle d'un désordre sans relâche, pendant une longue série d'années; si longue que la mesure de la tyrannie s'est remplie et déborde actuellement. Nous avons tenté sans cesse, mais en vain, de brider un mauvais gouvernement, de rescinder de mauvaises lois, d'en créer de telles qu'elles puissent faire sortir nos institutions de la fange de l'ancien vasselage et les élever au niveau de celles qui caractérisent les gouvernements du dix-neuvième siècle.

Nous sommes maintenant contraints, par la violence de la tyrannie et contrairement à nos sentiments, d'en appeler à la force des armes, pour nous enquérir et nous assurer les droits qui sont dus à un peuple méritant et juste. Nous ne poserons point ces armes, jusqu'à ce que nous ayons assuré à notre patrie les bienfaits d'un gouvernement patriotique et sympathisant.

Nous tendons la main avec fraternité et compatriotisme à toutes personnes qui nous aideront dans nos patriotiques efforts. Pour ceux qui persisteront dans la marche aveugle, entêtée, pillarde, sanguinaire et incendiaire qui, à notre grand chagrin et avec les souffrances de nos vieillards, de nos femmes et de nos enfants, marque si disgracieusement l'horrible carrière de sir John Colborne, le commandant en chef des forces, et celle de ses adhérents, nous devons, à notre défense personnelle et à une commune justice envers notre peuple ainsi qu'envers notre cause, leur infliger la retaliation dont ils ont placé devant nous le terrible exemple. Mais comme il existe actuellement beaucoup de personnes qui se repentent de leur conduite et du vandalisme de leurs associés, actes qui nous ont forcés à lever l'étendard de la guerre, et comme notre sens d'humanité, de justice et d'honneur, est jeté dans un moule différent de celui de nos oppresseurs, nous pouvons réconcilier à nos principes ou à la moralité de nos actions tous autres que ceux qui, dans le gouvernement anglais du Canada, ne peuvent distinguer l'âge dans lequel nous vivons pour exercer leurs sauvages passions.

Nous promettons en conséquence d'offrir sécurité et protection dans leurs personnes et leurs propriétés à tous ceux qui mettront bas les armes et cesseront de nous opprimer, promesse que notre caractère et les habitudes morales et paisibles bien connues de notre peuple garantissent suffisamment.

Nous ne déposerons point les armes, jusqu'à ce que nous ayons effectué et assuré l'objet de notre première proclamation.

Par ordre du gouvernement provisoire de l'État du Bas-Canada.

Robert Nelson,
commandant en chef

SourceModifier

Journal L'Ami du peuple, 20 février 1839