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Librairie de l’Éducation Physique (p. 172-181).


XIX

AU PIED DU CAPITOLE



Lorsque j’arrivai à Rome, en février 1905, les rouages de préparation de la quatrième Olympiade existaient déjà sous une double forme. D’une part, le grand comité d’initiative créé l’année précédente par le comte Brunetta d’Usseaux n’avait pas été dissous et même le prince Colonna, alors syndic de Rome, en avait, en juillet 1904, accepté la présidence. D’autre part, une commission municipale se trouvait en voie de formation par les soins du comte de San Martino. Le principe en avait été arrêté à la suite d’une visite que M. de San Martino m’avait faite à Paris à l’automne de 1904, en compagnie de M. B. Cagli. Ce dernier était à la tête d’une société dont les ramifications s’étendaient à toute la péninsule et qui avait pour but de développer la venue des touristes étrangers en Italie. Son concours était donc précieux. J’avais été frappé dès le début du souci que M. de San Martino semblait témoigner de centraliser entre ses propres mains la direction effective de l’olympiade. Connu plutôt pour ses goûts artistiques et littéraires, il ne passait pas pour s’être beaucoup intéressé, jusqu’alors, aux questions sportives. Lorsque, sur ces entrefaites, le prince Prospero Colonna donna sa démission de syndic de Rome, il nous apparut que des préoccupations électorales avaient dû influencer le comte. Il aspirait à devenir syndic mais, n’étant pas romain de naissance, y éprouvait des difficultés. Telle est du moins l’explication qui me fut donnée à Rome de différents côtés et qui me parut plausible. Dans ces conditions, la quatrième Olympiade devenait une carte de valeur dans le jeu d’un homme habile : fâcheuse situation.

Sur le conseil du comte Brunetta, j’avais demandé dès mon arrivée la réunion du « grand comité », et aussi que la commission municipale fût complétée. Mais mes demandes restèrent vaines. On les éluda sous différents prétextes. Le comité ne fut point convoqué et, seulement quand mon départ fut proche, le comte de San Martino me fit connaître qu’il avait fait choix, pour la commission, du député et conseiller d’État Brunialti, du général Duce, de don Enrico Ruspoli et probablement du sénateur Todaro. De ces personnes, je ne connaissais que la première mais la présence d’un homme aussi éminent et aussi loyal que M. Brunialti était rassurante. Les échanges de vue que j’avais eus à plusieurs reprises avec le comte de San Martino et MM. Brunialti et Cagli me donnaient bon espoir. D’autre part, j’avais trouvé les ministres des affaires étrangères, de l’intérieur et de l’agriculture qui étaient alors MM. Tittoni, le marquis de Sant’Onofrio et Rava, fort bien disposés à notre égard. Enfin et surtout le roi dans un long entretien, la reine à son thé du jeudi, m’avaient témoigné une vive sympathie pour les jeux projetés. Leurs Majestés savaient que je prenais plaisir à dresser un plan de l’olympiade et à chercher dans Rome et dans les environs les meilleurs terrains de concours et elles daignaient s’y intéresser.

À vrai dire, ce n’était pas par simple agrément que j’avais entrepris pareille besogne et surtout abordé l’étude de l’organisation financière éventuelle. Je ne voulais pas qu’on pût arguer au dernier moment de l’énormité des dépenses nécessaires et faire ainsi avorter l’olympiade. C’est un argument bien commode à l’aide duquel on égare assez facilement l’opinion. En premier lieu, je cherchai donc des terrains et n’eus aucune peine à les trouver. Rome possède, à cet égard, plus que le nécessaire. Et d’abord sa gigantesque « Place d’Armes » ou manœuvreraient à l’aise des milliers de gymnastes. Un robuste talus la borde sur ses quatre faces et permettrait à d’innombrables spectateurs de suivre les évolutions des concurrents. Le cadre est grandiose. À droite, le Tibre coule mélancolique, entre des berges silencieuses ; en face se dressent les hauteurs de Monte-Mario. En poursuivant le long du fleuve dans cette direction, on atteint rapidement Tor di Quinto. C’est un grand centre sportif. Les sociétés de tir y possèdent un stand qui, dit-on, ne satisfait plus leurs ambitions mais qui peut passer encore à juste titre pour l’un des premiers de l’Europe. Toute voisine est l’école de cavalerie où les officiers sortant de Pignerol se perfectionnent dans l’art équestre par six mois d’un rough riding à réjouir le président Roosevelt ; une grande plaine, au centre de laquelle on s’occupait d’établir un hippodrome perfectionné, s’étend sur la rive gauche ; l’horizon est fermé par la ligne bleue des Monts Sabins et l’on distingue en avant-garde ce Mont Sacré qu’illustra, cinq siècles avant notre ère, une des premières tentatives de grève générale dont l’histoire nous ait transmis la mémoire.

De là, on regagne en un quart d’heure la Piazza del Popolo. Tout contre la vieille enceinte de la ville se terre un délicieux petit club de lawn-tennis, aux alentours si antiques qu’on s’attend à voir Cicéron y vider en trois sets sa vieille querelle avec le tribun Clodius. Puis c’est l’entrée de la merveilleuse villa Borghèse devenue le Bois de Boulogne des Romains. À quoi bon chercher ailleurs quand on a cela ? « Allez voir la place de Sienne », me disait en souriant le roi, au lendemain de mon arrivée. Je n’en avais qu’un souvenir confus, un souvenir d’enfant. La place de Comte Brunetta d’Usseaux
le comte brunetta d’usseaux
Membre du Comité International Olympique pour l’Italie
Sienne ne répond pas à son nom : c’est au sein de cette villa Borghèse, si remplie de surprises charmantes, une sorte de stade idéal, moins long et plus large que celui d’Athènes et qui semble se creuser naturellement au milieu d’une prairie ondulée qu’ombragent d’énormes pins parasols. Deux pistes concentriques en font le tour : l’une en gazon, l’autre en gravier. Des gradins où les pierres vétustes se mélangent irrégulièrement au sol verdoyant achèvent de donner à ce lieu un caractère unique de grandeur et de charme.

Je partageai les concours en quatre groupes principaux : la gymnastique individuelle, les courses à pied, les sauts et lancers à la place de Sienne ; l’équitation, le tir et les jeux (football, cricket, polo) à Tor di Quinto ; les sports de combat (escrime, lutte et boxe) dans les Thermes de Caracalla ; l’aviron et la natation dans la portion du Tibre allant de Ponte Molle au Ponte Margherita. Restaient le tennis réservé au club de la Porta del Popolo, enfin le cyclisme et la marche qui devaient se faire sur route. Quant aux courses d’automobiles et de yachts, il avait été admis dès le principe que les premières auraient lieu à Milan et les secondes à Naples, de façon à intéresser le Nord et le Sud de la péninsule au succès des Jeux. Au cas où une fête de gymnastique par équipes serait décidée, c’est à la Place d’Armes qu’elle devait être organisée. Mais mon projet ne prévoyait pour la gymnastique et pour le tir que des concours individuels, seuls essentiels en la circonstance. Sans doute, on pouvait centraliser plus de concours dans la villa Borghèse ; rien n’empêchait d’y loger très convenablement les sports de combat. Mais outre que l’installation s’en trouvait facilitée, j’avais été séduit par la beauté austère du cadre que leur composeraient les Thermes de Caracalla. Au milieu de ces ruines colossales, un pareil spectacle pouvait atteindre au sublime. Toutes les cérémonies officielles et principalement la distribution des récompenses devaient avoir lieu au Capitole. On avait parlé
Entrée principale de la Villa Borghese
l’entrée principale de la villa borghèse, à rome
du Colisée. L’idée me parut non seulement impratique au dernier point mais inconvenante plus encore. Arrosé par le sang de tant de martyrs, le Colisée ne peut plus être qu’un lieu de pèlerinage. Les grandes salles du Capitole se prêtaient d’ailleurs merveilleusement à des cérémonies de ce genre.

Étant donné la nécessité d’éviter toute erreur et tout gaspillage j’inscrivis en premier lieu, dans mon projet, la nomination d’un directeur général et spécifiai qu’on devait s’adresser avant tous autres pour ce poste au secrétaire général du Racing Club de France, M. Gaston Raymond. Cet Alphand des sports eût été capable d’économiser encore sur mes devis, tout en ajoutant de nouveaux embellissements ! Les dépenses techniques se montaient à 115.000 francs, soit : 20.000 francs à la place de Sienne, 8.000 fr. aux Thermes de Caracalla, 9.000 francs pour les sports nautiques, Victor Emmanuel iii
s. m. victor emmanuel iii
roi d’italie
42.000 francs pour Tor di Quinto, 30.000 francs de subvention à l’Automobile-Club et au Yacht-Club pour aider à l’organisation des concours de Milan et de Naples, 6.000 francs enfin pour les autres sports. À cela venaient s’ajouter : 40.000 francs pour les concours d’art, 40.000 francs pour les prix, 30.000 francs de crédits supplémentaires pour la décoration, 20.000 francs pour la correspondance, les impressions et envois de programmes, 8.000 francs pour le traitement du directeur général et 50.000 francs pour indemnités éventuelles de déplacement ou de transport de matériel. Total général : 303.000 francs.

Je ne puis entrer ici dans le détail de mon travail qui était serré de près, tenant compte du prix et de la durée habituels des journées d’ouvriers. On s’étonnera probablement en face de chiffres si modestes. Mais que l’on entende bien qu’il ne s’agissait pas, dans ma pensée, d’une olympiade géante comme celle qui se tint à Londres par la suite. J’estimais en moi-même à quatre ou cinq cents, tout au plus, le chiffre total des concurrents et à quinze à vingt mille le nombre des spectateurs qui assisteraient aux diverses épreuves. Point de tribunes qui auraient défiguré l’admirable place de Sienne, rien que des enceintes légères avec des sièges mobiles et une décoration très simple s’harmonisant avec le lieu : aux Thermes de Caracalla, point de guirlandes ni d’oriflammes ; seulement quelques massifs de verdure au pied des vieilles murailles dénudées et un velum antique jeté au-dessus des combattants. Ici et là, par contre, des chœurs sans accompagnement, de la belle musique en plein air, aux allures religieuses, du Glück et du Palestrina… À Tor di Quinto, le programme, bien entendu, se modernisait ; là les drapeaux pouvaient flotter et les fanfares de chasse résonner mais encore de façon discrète à cause du voisinage des souvenirs magnifiques.

Je suggérai diverses mesures initiales à prendre le plus tôt possible. La première était la constitution d’une petite société anonyme au capital de 500.000 fr., divisé en 5.000 actions de 100 fr. : capital appelable par cinquième, c’est-à-dire un cinquième en 1906 et deux cinquièmes en 1908, déduction faite du montant des recettes provenant des diverses entrées et évaluées à une cinquantaine de mille francs. Restaient deux cinquièmes appelables en cas d’imprévu mais dont il était très probable que l’on n’aurait pas besoin. Ce plan sera, je crois, favorable aux organisations olympiques de l’avenir car il incite à souscrire. Vous souscrivez volontiers mille francs pour une œuvre qui vous intéresse lorsque vous savez que, sur cette somme, vous ne serez appelé à verser que six cents francs en deux années de temps, que vous avez toute chance de ne jamais avoir à verser le surplus et que même une petite somme pourrait bien sur ces six cents francs vous être restituée au début de la troisième année. La seconde mesure à prendre était la rédaction du programme des cinq concours d’œuvres d’art (peinture, sculpture, musique, architecture et littérature) inspirées par l’idée sportive et la constitution du jury international chargé de les examiner. Il importait que les artistes fussent prévenus longtemps à l’avance des conditions des concours et que la composition du jury leur donnât confiance au seuil d’une semblable innovation. Je demandais également que 8.000 exemplaires du programme sportif fussent répandus dès 1906 parmi les fédérations et sociétés de l’univers et que, dès Pâques 1907 (les Jeux devaient avoir lieu à Pâques 1908 et durer 12 à 15 jours), des invitations officielles fussent remises aux intéressés par l’entremise des ambassades, légations et consulats d’Italie. Enfin j’engageais la commission municipale à mettre au concours : la coupe, la statuette et le diplôme qui devraient être décernés aux lauréats et concurrents des Jeux. Un exemplaire du diplôme devait revenir à chaque concurrent portant la mention des concours auxquels il aurait pris part. La coupe était le prix des championnats collectifs, la statuette celui des championnats individuels. Une somme de 8.000 fr. était prévue pour l’auteur de la coupe ; l’auteur de la statue en recevait autant et celui du diplôme 4.000. Sur le total de 40.000 fr., il restait donc 20.000 fr. pour la fabrication des prix ce qui était plus que suffisant, chaque coupe revenant à peu près à 300 fr. et chaque statuette à 100 fr. À l’issue des Jeux, planches et moules devaient être brisés, triplant ainsi la valeur historique et artistique de ces objets. Les règlements sportifs à adopter étaient ceux des principales sociétés ou unions d’Angleterre, de France et d’Italie (Amateur Athletic Association, Rowing Club Italiano, Yacht Club de France, etc…)
Temple sur le lac de la Villa Borghèse
le temple sur le lac de la villa borghèse, à rome
On m’excusera de m’être attardé sur ce sujet. En ayant l’occasion, j’ai voulu esquisser la figure des olympiades modernes telles que les comprend leur rénovateur.

Mon projet, j’ai tout lieu de le croire, ne fut pas présenté à la commission. Le grand Comité en tous cas ne fut jamais convoqué, si bien que le prince Colonna en abandonna la présidence le 25 janvier 1906. Il y avait alors près d’un an de ma visite à Rome et, depuis cette visite, le comte de San Martino avait systématiquement laissé mes lettres sans réponse. M. Brunialti, le 10 août 1905, en accusait la politique et le souci des élections municipales récentes. M. Cagli me donnait à entendre, le 25 novembre, qu’on s’était adressé au gouvernement pour lui demander des subventions, moyen infaillible d’amener un échec car en pareille circonstance n’est-ce pas le devoir de tout gouvernement de répondre : aide-toi d’abord, je t’aiderai ensuite ? En janvier 1906 enfin, à l’heure où le prince Colonna abandonnait de son côté la partie, la commission municipale, toujours sans nous donner signe de vie et comme en catimini, se démettait de son mandat. En même temps, le professeur Mosso, dans un article retentissant, partait en guerre, un peu tardivement, contre l’idée d’une olympiade romaine. La base de son raisonnement était un fait inexact, à savoir que Rome avait été choisie pour 1908, sur le refus de Berlin d’organiser les Jeux. C’était tout le contraire mais M. Mosso n’est pas toujours très bien documenté et ne paraît guère s’en embarrasser. Il y eut des protestations et l’on nous pressa de venir à Rome, le comte Brunetta et moi, pour y provoquer la réunion du grand Comité qui remettrait l’affaire en train. Chose curieuse, une communication du nouveau syndic (qui n’était point le comte de San Martino !) en date du 10 mars 1906, marquait une crainte réelle de nous voir y renoncer définitivement. Le syndic m’écrivait que la municipalité était toute prête à maintenir son patronage moral et il faisait en son nom des vœux pour qu’une combinaison nouvelle fut trouvée assurant la célébration des Jeux.

Le Comité International qui s’assembla le mois suivant à Athènes, sous la présidence du comte Brunetta d’Usseaux, ne crut pas devoir s’aventurer dans un nouveau dédale et, annulant le vote de 1904, il transféra à Londres le siège de la quatrième Olympiade.

Pendant mon séjour à Rome, j’avais eu l’honneur de m’entretenir avec S. E. le cardinal Merry del Val, Secrétaire d’État et avec le Saint Père. Ce n’est un secret pour personne que les groupements catholiques ont été, de tous, les moins empressés à accueillir les sports et à en encourager la pratique. L’anathème lancé naguère aux olympiades antiques par l’Église ne visait-il que l’ornementation païenne dont elles persistaient à se parer ? Il est permis d’en douter quand on se rappelle les âpres doctrines des ascètes pour qui le rôle prépondérant de l’âme consiste à barrer la route à toute manifestation des sens autre que la souffrance. Il y a d’ailleurs une parole de l’Écriture qui a pu être interprétée comme la condamnation sans appel du sport. Le texte sacré aperçoit dans « l’orgueil de la vie » l’une des pires sources de péché et nettement il la désigne à la méfiance horrifiée des fidèles. Dans quel sens pourtant faut-il accueillir cette expression si pittoresque et suggestive ? Dans son sens matériel ou moral, physiologique ou psychologique ? Toute la question est là.

Physiologiquement, l’orgueil de la vie c’est l’essence et le criterium du sport. Pas un sportsman qui n’en ait goûté la merveilleuse vibration et n’aspire à la goûter encore. Que si, au contraire, on Pie x
s. s. le pape pie x
entend par « orgueil de la vie » non point la recherche d’une puissante sensation physique, d’une légitime exubérance de la nature susceptibles d’accroître les forces mécaniques et impulsives de l’être humain, mais cette folle vanité qui aveugle certains hommes, les entraîne vers une exaltation démesurée de leur propre personnalité et les amène, perdant de vue l’espace et le temps, à se croire de véritables foyers des ellipses mondiales — alors, bien loin qu’il y ait opposition irréductible entre la religion et le sport, ils apparaissent presque solidaires car, de cet orgueil-là, le sport est un adversaire déclaré. École de modestie et de persévérance, il enseigne la valeur de la comparaison quotidienne avec soi-même et avec autrui, il oblige à tenir compte des circonstances et des ensembles, il réprouve tout excès, il accoutume à l’inlassable lutte. À quel meilleur auxiliaire la religion pourrait-elle avoir recours ?

Le clergé anglican fut le premier à s’en aviser ; par la suite, le clergé catholique anglo-saxon suivit, quoique assez timidement, l’exemple donné. Quelques collèges du continent entrèrent à leur tour dans cette voie féconde. Récemment, les patronages français ont formé une puissante fédération de gymnastique et de sport. Pourtant nulle parole, nul geste, n’avaient encore apporté à ce mouvement tardif la sanction définitive aux yeux des catholiques, l’approbation pontificale. Léon xiii, trop absorbé par son génie politique, était étranger à ces choses et je pus me convaincre que S. E. le cardinal Rampolla ne s’y serait pas intéressé non plus. Au contraire, Pie x qui, étant archevêque de Venise se plaisait à encourager les prouesses des gondoliers, admit peu après son élection une société de gymnastique de Rome à pénétrer dans les jardins du Vatican et à y donner une séance en sa présence. Le cardinal Merry del Val me relatant le fait me rappela sa propre éducation britannique qui le disposait à si bien comprendre la portée pédagogique des sports et à en parler avec l’aisance avertie de l’homme du monde et du grand seigneur. Je n’eus donc aucune peine à obtenir du Pape des paroles de bienveillante sympathie pour l’olympisme renaissant. Pie x parut même prendre beaucoup d’intérêt au succès de l’olympiade romaine. Nul doute que les sociétés catholiques existant dans les patronages d’Italie n’eussent été autorisées à y prendre part. En attendant, on accueillit l’année suivante un pèlerinage musculaire venu de France et admirablement organisé par Charles Simon, le dévoué secrétaire général de la F. G. S. P. F. que préside le docteur Michaux. Le succès de cette manifestation fut si grand que certains, au Vatican, envisagèrent la possibilité d’une réunion internationale… On nous en parla discrètement. C’eût été, en somme, l’hospitalité donnée par la papauté à une partie de la quatrième Olympiade. Curieux projet propre à rassurer définitivement les fidèles dont la timidité s’effrayait, hier encore, en face de l’athlétisme renaissant et qui se demandent si l’orgueil de la vie dont parle l’Écriture est celui de la pensée ou celui des muscles.