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AmourVanier (Messein) (p. 30-31).

UN VEUF PARLE


Je vois un groupe sur la mer.
Quelle mer ? Celle de mes larmes.
Mes yeux mouillés du vent amer
Dans cette nuit d’ombre et d’alarmes
Sont deux étoiles sur la mer.

C’est une toute jeune femme
Et son enfant déjà tout grand.
Dans une barque où nul ne rame,
Sans mât ni voile, en plein courant…
Un jeune garçon, une femme !

En plein courant dans l’ouragan !
L’enfant se cramponne à sa mère
Qui ne sait plus où, non plus qu’en…,
Ni plus rien, et qui, folle, espère
En le courant, en l’ouragan.

Espérez en Dieu, pauvre folle,
Crois en notre Père, petit.
La tempête qui vous désole,
Mon cœur de là-haut vous prédit
Qu’elle va cesser, petit, folle !

Et paix au groupe sur la mer,
Sur cette mer de bonnes larmes !
Mes yeux joyeux dans le ciel clair,
Par cette nuit sans plus d’alarmes,
Sont deux bons anges sur la mer.

1878.