APPENDICE


Les premiers ancêtres de la famille Vachon


Lors d’un voyage qu’il fit en Europe en 1949, son Ex. Mgr Vachon, archevêque d’Ottawa — décédé le 30 mars 1953 à l’âge de 67 ans — se rendit à Copechanière en France, commune d’où est parti, pour le Canada, l’ancêtre de la famille Vachon, Paul Vachon, notaire légal, né en 1630, à cet endroit qui est dans l’ancienne province de Poitou, aujourd’hui département de la Vendée.

Nous aimons à rappeler à ce sujet que le héros de l’air dont nous venons d’esquisser la belle carrière, parent de feu Mgr Vachon, était aussi un descendant de Paul Vachon de Copechanière, comme tous les autres Vachon de la province.

Voici d’ailleurs la généalogie de la famille Vachon au Canada. Nous ne mentionnons que les premiers ancêtres jusqu’en 1729.


Paul Vachon : (1630-1703)

Paul Vachon est né en 1630, à la Copechanière, dans l’ancienne province du Poitou, aujourd’hui le département de la Vendée.

Son père était Vincent Vachon et sa mère, Sapience Vateau.

La Copechanière, bourg d’environ 500 familles, faisait partie de la division financière de la ville de Poitiers, capitale du Poitou. Quoique la prononciation reste à peu près la même, on trouve les variantes suivantes dans l’orthographe : « Comp Chamer », « La Copechagnières » et « La Copechagnère ». La population de la Copechanière est de 600 habitants. Cette commune est située sur le Bourreau, dans le canton de Saint-Fulgent et l’arrondissement de Napoléon-Vendée.

Paul Vachon arriva au Canada vers 1650, car la première trace de lui dans les archives du Canada est son acte de mariage en date du 22 octobre 1653 alors qu’il épouse Marguerite Langlois, fille de Noël Langlois et de Françoise Garnier de Beauport. Voici un extrait du registre de Notre-Dame de Québec où fut conservé l’acte de mariage de Paul Vachon :

« le mesme Jour et An après publication faite des trois bans, le 12, 18 et 19, Oct. ne s’estant trouvé aucun empeschement le r. p. Barthel Vimon ayant commission a interrogé Paul Vachon fils de Vincent Vachon et de Sapience Vateau, de la paroisse de Comp Chamer en poitou, e Marguerite l’Anglois fille de Noël Langlois et françoise garnier de cette paroisse, lesquels ayant donné leur mutuel consentement par paroles de présent il a solennellement mariés au logis du sieur de la ferté en présence de tesmoins cognus, reobert Giffar Seignr de beauport, Jean Juchereau Sr. de la ferlé. »

Paul Vachon avait alors 23 ans et Marguerite Langlois, 14.

L’étude du notaire Paul Vachon comprend environ quinze cents actes dont le dernier porte la date du 2 novembre 1693. Celle étude est déposée aux Archives Judiciaires de Québec. L’inventaire des minutes quelle contient fut dressé en 1732, par le procureur général Verrier.

Outre ses occupations légales, l’ancêtre des Vachon cultivait aussi la terre. Il obtint d’abord une concession de terre dans l’île d’Orléans de Mgr de Montmorency-Laval. Comme il habitait sa terre de Beauport, il établit un fermier sur celle de l’Île d’Orléans. En 1667, il possédait sept bestiaux et vingt arpents en valeur sur sa terre de Beauport, tandis qu’à l’Île d’Orléans, son fermier, Thomas Le Sueur, rapportait cinq bestiaux et huit arpents en valeur. En 1681, soit quatorze ans plus tard, Paul Vachon déclarait au recenseur qu’il avait treize bêtes à cornes et trente-cinq arpents en valeur. C’est donc dire qu’il était à la tête d’une ferme assez considérable.

La plupart de ses descendants sont connus sous le nom de Vachon, mais un bon nombre ont pris les surnoms de Laminée, de Pomerleau et des Fourchettes. Les principaux foyers de la famille Vachon sont encore la Côte de Beaupré et la Beauce.

Noël Langlois était marin, originaire de Saint-Léonard des Parcs, en Normandie, et exerçait au Canada l’emploi de pilote sur le St-Laurent. Il s’établit à Beauport en 1637, alors qu’il se fît concéder une terre par le seigneur Giffard. Il eut dix enfants et mourut en 1684.

Paul Vachon fut l’un des dix censitaires du bourg de Fargy dans la seigneurie de Beauport, où il possédait 50 perches — et deux habitations.

En 1656, il fut nommé notaire seigneurial pour la Seigneurie de Notre-Dame des Anges par les RR PP Jésuites et en 1667, pour les seigneuries de la côte de Beaupré et de l’Île d’Orléans, par Mgr de Laval, et pour la Seigneurie d’Argentenay par Mme Veuve D’Ailleboust. C’est aussi en 1667 qu’il fut nommé procureur fiscal pour la seigneurie de Beaupré.

Paul Vachon était propriétaire d’une terre à Beauporl (7 bestiaux et 20 arpents en valeur) et d’une autre terre à L’île d’Orléans (5 bestiaux et 8 arpents en valeur). Il fut donateur d’une partie de terre à la fabrique de Beauport.

Il eut gain de cause dans un long procès devant le Conseil souverain de Québec, contre Michel Fillion.

Paul Vachon mourut lors d’une épidémie de petite vérole en 1703 et fut inhumé à Beauport le 25 juin 1703. Marguerite Langlois, son épouse, était morte en 1697.

Voici la liste des enfants de Paul Vachon :
Paul, né en 1656 Noël, né en 1669
Marguerite, née en 1658 Pierre, né en 1671
Vincent, né en 1660 Anne, née en 1674
Louise, née en 1662 Marie-Françoise, née en 1675
Marie-Madeleine, née en 1665 Marie-Madeline, née en 1680
Charlotte, née en 1666 Guillaume, né en 1682


et voici, en ordre chronologique, quelques détails touchant leur établissement :

En 1675, Marguerite (1656-1703) épouse Jean Robert Duprac, notaire, qui succédera, comme notaire dans la seigneurie de Beauport. Leurs enfants sont Marie-Anne, née en 1679 et Noël, né en 1681.

En 1679, Louise (1662-1702), épouse de Léonard Paillart, qui s’établit à Batiscan. Ils eurent une fille, Marie-Madeleine, née en 1681 qui devient religieuse de la Congrégation de Notre-Dame (Sr Sainte-Gertrude) et qui mourut à 21 ans.

En 1680, Paul (1656-1729) est ordonné prêtre par Mgr de Laval. Il était un des huit premiers élèves français du petit séminaire fondé en 1668, et le neuvième prêtre canadien. Il fut successivement missionnaire en bas de Québec (1680-82) ; curé de Lotbinière (1682-85) ; chanoine de la Cathédrale de Québec (1685-1729) et premier curé de Notre-Dame du Cap (1685-1729).

En 1681, Marie-Madeleine (1664-) épouse Raphaël Girour.

En 1685, le 25 juin, VINCENT VACHON, dit Laminée (1660-1719) épouse Louise Cadieu, à Beauport. (Nous y reviendrons ci-dessous).

En 1691, Anne-Thérèse (1674-) épouse Jean Turgeon à Beauport.


Potvin - Un héros de l'air, l'heureuse aventure de Roméo Vachon, 1955, illust - 0009.tif
Pierre, fils de Roméo Vachon, étudiant en Science Politique, qui a obtenu son brevet de pilote en 1954 et a fait des études en architecture navale, étant de plus officier dans l’armée.

En 1695, Noël Vachon dit Pomerleau (1669-1699) épouse Monique Giroux à Beauport.

En 1696, Pierre Vachon dit Desfourchettes (1671-1703) épouse à Québec Marie-Marguerite Soulard.

En 1698, Marie-Françoise (1675-) épouse François Binet à Beauport et, devenue veuve, elle épouse en 1709 Jean de l’Espinay.

En 1699, Marie-Madeleine II (1680-1703) épouse Pierre Lavallée à Beauport.

En 1702, Guillaume mourut à vingt ans.

Selon l’usage du temps, l’aîné des fils de Paul Vachon conserva le nom de Vachon, et les autres fils y ajoutèrent un surnom.

Noël prit le surnom de Pomerleau, que plusieurs de ses descendants ont conservé. Ils s’établirent exclusivement dans la Beauce.

Pierre s’appela Vachon dit Desfourchettes et sa descendance vécut pendant quelques générations à Lorette, puis s’éteignit.

Vincent prit le surnom de Laminée et s’appela Vincent Vachon dit Laminée.


VINCENT VACHON dit Laminée (1660-1719)

L’acte de baptême de Vincent Vachon est enregistré à Québec le 19 février 1660.

En 1685, le 25 juin, Vincent épouse Louise Cadieu à Beauport.

Louise Cadieu avait été baptisée à Québec le 7 septembre 1667. Elle était la fille de Charles Cadieu dit Courville, ou sieur de Courville, matelot venu de Normandie et qui s’occupa de la traite des pelleteries à Tadoussac et qui possédait d’immenses terrains au Sault Montmorency. Sa mère s’appelait Michelle-Madeleine Macard. Louise Cadieu mourut en 1703.

Vincent Vachon occupa à Beauport la charge de Capitaine de milice. L’honneur d’être le représentant du Gouverneur auprès des habitants constituait le salaire de cette charge importante. Il mourut en 1719, laissant quatre filles et quatre fils :

Marie-Françoise qui épousa Jean Ménard en 1712 ;

Marie-Louise qui épousa Pierre Maillou en 1719 ;

Marie-Anne qui épousa Charles Garnier en 1719 ;

Marie-Charlotte qui épousa Antoine Parent en 1720 ;

Paul, qui mourut à 17 ans en 1703 ;

Louis, qui épousa Marie-Louise Maillou en 1716 ; et Angélique Landry en 1723 ;

Vincent, qui épousa Marie-Madeleine Parent en 1723 ; et François, qui se maria deux fois.


FRANÇOIS VACHON (1693-)

François Vachon fut baptisé à Beauport le 31 octobre 1693.

En 1718, il épousa Marguerite Giroux et, en 1729, Dorothée Fougère. Il hérita avec ses frères et sœurs des biens de Vincent Vachon et s’établit à Beauport, où on retrouve un certain nombre de ses descendants, pendant que d’autres s’établirent sur les côtes de Beaupré et dans la Beauce.